« Il n’y aura pas de code du travail par entreprise » assure Muriel Pénicaud
Lors d’une conférence de presse, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud a présenté les grandes lignes de sa réforme du code du travail. La ministre a, par ailleurs, tenté de déminer une possible crise sociale à venir.

« Il n’y aura pas de code du travail par entreprise » assure Muriel Pénicaud

Lors d’une conférence de presse, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud a présenté les grandes lignes de sa réforme du code du travail. La ministre a, par ailleurs, tenté de déminer une possible crise sociale à venir.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud s’est livrée ce mercredi à un exercice de pédagogie parfois laborieux, pour présenter les grands axes de sa réforme du code du travail. Enchaînant certains poncifs du type : « la mondialisation touche tout le monde » et les comparaisons hasardeuses comme « la rénovation du modèle social se présente comme un « rubik’s cube », la ministre en a listé les six « faces essentielles » de la rénovation sociale et économique à venir, à savoir : l'apprentissage, l'assurance-chômage, la formation, les retraites, le pouvoir d'achat et bien sûr le code du travail, le sujet du jour.

Alors que le  projet de loi d'habilitation à légiférer par ordonnances était présenté, ce matin, en Conseil des ministres, Muriel Pénicaud a précisé le calendrier. « La loi d'habilitation (...) sera soumise au Parlement à partir du 4 juillet (…) En parallèle, on continue les concertations, nous aurons un texte d’ordonnances fin août, disponible pour présentation aux partenaires sociaux ».

La CGT qui prévoit le 12 septembre une journée d’action contre la réforme,  le député LFI, Jean-Luc Mélenchon qui rejette en bloc ce qu’il nomme « un renversement de l’ordre public social ». Autant d’oppositions que la ministre du travail a essayé de tempérer assurant, par exemple, qu’ « il n'y aura pas de code du travail par entreprise ». « Ça n’a ni queue ni tête ». « La loi prime. Simplement, elle n’a pas vocation à connaître les réalités des trois millions d’entreprises. Il y a des problèmes qu’elle ne peut pas régler. Il y a des choses qu’on traite au niveau de la branche, des choses qu’on règle au niveau de l’entreprise. Chacun a sa place et c’est l’articulation de la loi, de la branche et de l’entreprise qui fera un système sain et qui fonctionne bien » a-t-elle martelé.

L’un des points épineux de la réforme figure à l’article 3 du projet de loi d’habilitation et traite d’un nouveau contrat de travail : le CDI de chantier. « Favorisant et sécurisant, par accord de branche ou, à défaut, à titre expérimental en fonction du secteur ou des effectifs de l’entreprise, le recours aux contrats à durée indéterminée conclus pour la durée d’un chantier » détaille le texte.  Muriel Pénicaud a tenu a précisé qu’il ne s’agissait pas « de le généraliser et encore moins d’en laisser la liberté de décision au niveau de l’entreprise ». Il ne concernera que certaines branches après accord entre patronat et syndicat. « Si le chantier s’arrête et qu’il n’y en pas d’autres à ce moment-là, ça évite le licenciement collectif » a-t-elle soutenu.Toutefois, le CDI de chantier, constitue « une ligne rouge à ne pas dépasser pour les principaux syndicats, comme FO, la CGT ou encore la CFDT.

Autre sujet épineux, celui du barème des indemnités prud’homales. Là encore, la ministre a tenu à rassurer indiquant qu’on ne parlait pas ici des indemnités de licenciement, mais de la réparation financière, lorsque des irrégularités de licenciements sont commises. Certains cas en seront exclus, comme le harcèlement ou la discrimination où aucun barème ne prévaudra.

Tout au long de son intervention, Muriel Pénicaud aura fait part de sa volonté de mettre plus de sécurité et plus de liberté dans les relations sociales. Deux concepts à appliquer en faveur des salariés mais aussi des entreprises.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Il n’y aura pas de code du travail par entreprise » assure Muriel Pénicaud
5min

Politique

Affaire Lyhanna : « Les hommes se servent, utilisent et abusent du corps des femmes et des enfants en toute impunité », dénonce la sénatrice Laurence Rossignol (PS)

À l’unisson de la gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol pointe ce vendredi, sur Public Sénat, le manque d’éducation et de prévention face aux violences masculines dans le sillage du meurtre de la jeune Lyhanna. Elle regrette le manque de moyens d’enquête pour les crimes sur enfants, mais n’appelle pas à la démission du garde des Sceaux Gérald Darmanin.

Le

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le