« Il n’y a pas le choix » : Jérôme Guedj (PS) appelle à « construire un accord de non-censure » avec le gouvernement

Le député (PS) de l’Essonne Jérôme Guedj demande ce mercredi matin sur Public Sénat de nouvelles « avancées » en échange de la contrepartie de la « stabilité » du gouvernement de François Bayrou. Pour l’élu, « il n’y a pas le choix » que d’aboutir à un accord de non-censure. Parmi les revendications des socialistes, il met en avant la volonté de plus de « justice fiscale pour financer les services publics ».
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Poursuivre les négociations pour « faire converger des points de vue ». Invité de la matinale de Public Sénat, le député socialiste Jérôme Guedj souhaite obtenir des « avancées » de la part du gouvernement sur le projet de budget en contrepartie de sa « stabilité ». « La bonne méthode, c’est de construire l’accord de non-censure. (…) Il n’y a pas le choix », estime le porte-parole du PS. 

Les représentants des groupes socialistes à l’Assemblée nationale et au Sénat, Olivier Faure et Patrick Kanner, ont été reçus lundi à Bercy par le ministre de l’Économie Eric Lombard et sa collègue chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Le Premier secrétaire du PS avait rappelé à la sortie de cette rencontre que ses troupes pourraient de nouveau censurer le gouvernement « s’il n’y avait pas des concessions remarquables pour les Françaises et les Français » apportées par les ministres.

Moyens des services publics et justice fiscale

Quelles sont les demandes du PS pour aboutir à un potentiel accord ? « On veut un financement à la hauteur des besoins pour l’ensemble des services publics » et davantage de « justice fiscale », précise Jérôme Guedj. L’élu espère avec ces échanges « ramener des victoires à la maison pour les Français ». Celles-ci pourraient se traduire selon lui par « des moyens supplémentaires pour le fonctionnement des hôpitaux et des Ehpad », « le renoncement au déremboursement des consultations médicales et des médicaments » ou encore « la non-suppression des 4000 postes dans l’Éducation nationale ».

« La question de la réforme des retraites fait aussi partie des évolutions dont il faudra que le gouvernement tienne compte », a également souligné Jérôme Guedj. Les socialistes ont mis sur la table ces dernières semaines une proposition de « gel » du texte de loi, adopté au début de l’année 2023. D’après Patrick Kanner, Amélie de Montchalin a évoqué « une proposition de modification » de la réforme des retraites au cours de l’entrevue de lundi avec les représentants du PS, sans rentrer plus avant dans le détail.

Le Nouveau Front populaire, alliance des partis de gauche mise en place lors des dernières législatives, fait face à des dissensions sur le fait de négocier, ou non, d’éventuels compromis avec les ministres en place. « Aujourd’hui, la France insoumise (…) nous reproche de discuter avec le gouvernement en place, préférant la destitution et l’organisation d’une élection présidentielle. On est en désaccord », a confirmé Jérôme Guedj sur ce sujet. Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon n’a pas répondu favorablement aux invitations formulées par François Bayrou pour échanger avec lui dans la quête d’un accord de non-censure.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
7min

Politique

Budget : « On a des signaux dans notre direction », salue le PS Patrick Kanner, mais « un trou dans la raquette » sur les recettes

Le premier ministre a mis sur la table une série de concessions, qui s’adressent surtout au PS, sur le budget. Mais « sur la partie recettes, je reste fortement sur ma faim », pointe le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, qui attend des précisions d’ici mardi, notamment sur la taxation des grandes entreprises et des hauts revenus.

Le

BRUSSELS FARMERS PROTEST MERCOSUR
10min

Politique

Mercosur : une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne va-t-elle suspendre l’application provisoire du traité ?

Après la signature prévue samedi au Paraguay entre les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne, les députés européens se prononceront mercredi sur l’opportunité de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne contre cet accord controversé. Si la Commission européenne s’est engagée à suspendre l’application provisoire du traité en cas de vote de la résolution, rien pourtant ne l’y oblige.

Le

La sélection de la rédaction

« Il n’y a pas le choix » : Jérôme Guedj (PS) appelle à « construire un accord de non-censure » avec le gouvernement
3min

Politique

Réforme des retraites : « Nous voudrions l’abrogation, mais il faut faire un compromis », affirme Nicolas Mayer-Rossignol (PS) 

Invité de la matinale de Public Sénat, Nicolas Mayer-Rossignol revient sur la formation du gouvernement et la possibilité de nouer des compromis avec François Bayrou. Le maire de Rouen se dit prêt à faire des concessions sur la réforme des retraites, mais aurait du mal à accepter la nomination de Bruno Retailleau à l’intérieur.

Le