« Il vaut mieux participer au gouvernement que de faire le lit de la gauche », estime le Républicain, Philippe Juvin

Invité de la matinale de Public Sénat, le député LR Philippe Juvin se dit favorable à la formation d’un gouvernement fondé sur de nouveaux principes et une ligne politique renouvelée.
Louis Dubar

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Alors que l’hypothèse d’un gouvernement de gauche reste crédible depuis la fin des négociations menées par Sébastien Lecornu mercredi, le député Les Républicains des Hauts-de-Seine, Philippe Juvin veut croire qu’un accord entre le bloc central et son parti reste possible pour former un gouvernement penchant à droite. « Il y a un bloc central qui existe encore. Nous [Les Républicains ; NDLR] sommes prêts à travailler, à condition que certaines conditions soient remplies, notamment sur la trajectoire budgétaire », assure le député.

Un mandat de négociation remis aux ténors du parti

Quels changements dans la position de la droite depuis l’explosion du gouvernement Lecornu lundi ? « Nous avons obtenu une feuille de route et acté le refus d’avoir des personnalités trop marquées comme ça a pu être le cas de Bruno Le Maire », explique Philippe Juvin, qui plaide désormais pour « un engagement politique plus proche de la ligne des Républicains ». Au cours de cette même réunion, Bruno Retailleau a, lui, posé ses conditions à une participation qu’il souhaite “exigeante” : non à un nouveau premier ministre de gauche ou macroniste, et non à toute suspension de la réforme des retraites. “Accepter cela reviendrait à fragiliser durablement les réformes de fond”, a-t-il prévenu, tout en appelant à un gouvernement clairement distinct de la Macronie.

Autre avancée issue d’une réunion tenue mercredi soir entre les principaux cadres des Républicains, Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Mathieu Darnaud et Bruno Retailleau ont été chargés d’un mandat de négociation pour évaluer les conditions d’une éventuelle participation des Républicains au futur gouvernement. « Nous avons considéré qu’il valait mieux participer à un gouvernement que de faire le lit de la gauche », résume le rapporter général du budget.  

« La question fondamentale c’est le budget »

« La sortie de crise passe avant tout par le dépôt d’un budget sur la table de l’Assemblée nationale et du Sénat », confie Philippe Juvin. « Toutes les heures comptent si nous voulons un budget avant le 31 décembre », prévient le député LR, qui fixe comme date butoir le 13 octobre. Au-delà, « ce sera techniquement impossible ».

En attendant la nomination d’un nouveau premier ministre et la présentation d’un texte, le rapporteur général du budget au Palais-Bourbon a pris les devants, multipliant les échanges avec des élus de différents camps pour « préparer une maquette ». « Depuis trois jours, je rencontre les whips de chaque parti afin de construire le budget le plus consensuel possible. Nous essayons de gagner du temps sur le temps perdu par l’absence de gouvernement », explique-t-il. L’élu mise sur des amendements de compromis, y compris avec les socialistes. « Je veux qu’on parvienne à construire quelque chose qui n’est pas idéal mais acceptable », confie-t-il

De ces discussions, Philippe Juvin affirme avoir déjà obtenu une première ossature. « Les discussions en off autour du futur budget nous laissent espérer qu’il reposera davantage sur la maîtrise des dépenses que sur de nouvelles recettes », avance-t-il, citant la nécessité d’« examiner ligne par ligne » les efforts budgétaires à consentir.

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