« Les Russes m’ont kidnappé pour montrer ce qu’ils étaient capables de faire » : le maire de Melitopol reçu par le Président du Sénat
Une délégation ukrainienne a été reçue ce matin par Gérard Larcher. Celle-ci était composée du maire de la ville de Melitopol ainsi que de quatre députées ukrainiennes, venues demander l’aide de la France dans le conflit face à la Russie.

« Les Russes m’ont kidnappé pour montrer ce qu’ils étaient capables de faire » : le maire de Melitopol reçu par le Président du Sénat

Une délégation ukrainienne a été reçue ce matin par Gérard Larcher. Celle-ci était composée du maire de la ville de Melitopol ainsi que de quatre députées ukrainiennes, venues demander l’aide de la France dans le conflit face à la Russie.
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Par Pierre-Louis Boucé

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Son enlèvement, enregistré par une caméra de surveillance, avait fait le tour du monde. Le maire de la ville ukrainienne de Melitopol, au sud du pays, a été accueilli ce jeudi matin par le président du Sénat Gérard Larcher. Ivan Fedorov était accompagné de quatre députées ukrainiennes de divers bords politiques. La délégation a demandé une aide plus fournie de l’Union européenne et de la France, alors que l’Ukraine fait face à l’invasion russe depuis maintenant cinq semaines.

Enlevé le 11 mars et libéré cinq jours plus tard, l’édile de Melitopol a raconté sa détention : « Les Russes ont pris la décision de me kidnapper pour montrer à tous mes collègues ce qu’ils étaient capables de faire s’ils refusaient de coopérer avec la Fédération de Russie ». « Ils ne m’ont donné aucune information sur ce qu’ils allaient faire de moi » a-t-il poursuivi. « C’était une situation très difficile pour moi, mais aussi pour mes collègues qui sont toujours détenus par les Russes à l’heure actuelle ».

Ivan Fedorov a donné des détails sur la situation humanitaire dans la ville qu’il dirigeait il y a encore trois semaines : « La rentrée scolaire doit avoir lieu le 1er avril mais la situation n’est pas sûre pour que nos enfants aillent à l’école. Chaque jour, les Russes bombardent Melitopol ». Le maire estime que « la moitié » des 150 000 habitants de sa ville ont fui depuis le début des combats.

>> Lire aussi : « Nous, parlementaires français, devons aller en Ukraine », plaide la sénatrice Angèle Préville

 

« C’est une dévastation totale »

Les députées présentes ont longuement parlé de la situation de la ville portuaire de Marioupol, qui a été particulièrement visée par les bombardements russes depuis des semaines. « C’est une dévastation totale », raconte Lesia Vasylenko. « Plus de 90 bâtiments ont été détruits, 100 000 personnes sont toujours bloquées puisque les couloirs verts promis par les Russes deviennent, en quelques minutes, rouges du sang des enfants et des femmes ukrainiennes ». « C’est une catastrophe, quand je vois des vidéos de Marioupol, je ne reconnais pas la ville », déplore de son côté la députée Alyona Shkrum.

Mais l’espoir demeure : « Marioupol est toujours une ville ukrainienne, et va le rester, car notre armée n’abandonne pas ses civils », veut croire Lesia Vasylenko.

 

« Besoin d’une présence de la Croix Rouge internationale »

L’aide que pouvait fournir la France a ainsi occupé le gros des discussions entre les sénateurs et les représentants ukrainiens. Le président Larcher a souligné « le besoin d’une présence de la Croix-Rouge internationale sur les terrains de combat ». Il a également mentionné la « coopération décentralisée pour reconstruire le pays » et le soutien aux « villes qui ont des jumelages avec la Pologne et la Roumanie, qui accueillent beaucoup de réfugiés en ce moment ». Alyona Shkrum estime que « la France doit être le leader pour établir des couloirs humanitaires et pour fournir de la nourriture ». « Seuls, on ne pourra pas arriver à démonter cette agression russe qui a enflammé notre pays », a résumé Lesia Vasylenko.

Concernant les suites à donner à ces demandes d’aide, Gérard Larcher a annoncé qu’il « ferait une note » auprès de l’Élysée et du Quai d’Orsay. « Le climat de confiance fait que nous avons dépassé les déclarations de principe », a conclu le président de la chambre haute.

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