Immigration : Bruno Retailleau n’ira pas en CMP mardi matin et se rendra plutôt en réunion de groupe LR

Invité de Public Sénat mardi matin, le sénateur de Vendée Bruno Retailleau annonce qu’il ne sera pas en commission mixte paritaire à 10 h 30. Il se rendra à la place en réunion de groupe, pour « chercher un mandat » auprès de ses collègues.
Camille Romano

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Ce n’est pas un boycott, mais un choix stratégique et politique. Le sénateur de Vendée Bruno Retailleau, membre de la CMP sur la loi immigration, a annoncé dans la matinale de Public Sénat qu’il ne sera pas en commission lorsqu’elle reprendra ses travaux à 10 h 30. Bruno Retailleau sera à la place devant les sénateurs LR, pour présider la réunion de groupe hebdomadaire, « pour recevoir de la part des sénateurs LR un mandat clair ». Un besoin de clarification, après l’échec des négociations la veille autour de la question des APL, qui a entraîné plusieurs heures de suspension de séance.

Une absence bloquante pour la reprise des travaux ?

« Ce n’est pas seulement Bruno Retailleau qui négocie tel ou tel point. Nous avons une dimension collective très forte, cette dimension je la respecte. Je ne ferais rien qui soit en contradiction avec ce que veut mon groupe. Je serai devant mon groupe, je ne serai pas à la commission mixte paritaire », explique-t-il devant Oriane Mancini.

A ses yeux, une telle réunion est indispensable, afin de pouvoir reprendre les travaux en étant « relégitimé » par ses pairs. Peu importe si son absence bloque presque de facto la reprise des travaux de la CMP. Ce qu’il reconnaît néanmoins, en demandant que la CMP n’aborde « en aucun cas, un point qui est encore litigieux. »

Bruno Retailleau a par ailleurs démenti avoir été appelé par Emmanuel Macron dans la soirée de lundi afin de parvenir à un accord. « Foutaises ! Emmanuel Macron ne m’a jamais appelé ! », a-t-il déclaré.

Revenant sur la soirée de la veille et la tenue chaotique de la commission mixte paritaire, le sénateur a raillé le gouvernement, qui selon lui, n’aurait pas tenu ses engagements, et notamment sur la question épineuse des APL. « Ce qui a causé ce trouble hier, ce n’est pas un caprice de tel ou tel : en arrivant en CMP à 17 heures, j’ai vu que le gouvernement ne tenait pas ses engagements. Après 3 réunions à Matignon, et après toute une journée où j’ai tenté par des échanges, des rédactions, des versions, sur la question des prestations sociales, qui est clé pour moi… », explique Bruno Retailleau.

Une confiance érodée

« On avait réglé un certain nombre de problèmes, et le gouvernement fait mine de découvrir, à 17 heures, alors que la commission mixte paritaire avait commencé, que finalement il y avait un malentendu. Non, il n’y a eu pas de malentendu. Le texte du Sénat il est clair, il n’y a qu’un texte, démocratiquement. » , poursuit-il.

Selon Bruno Retailleau, de nombreux points d’achoppements avaient été aplanis avec le gouvernement, via de nombreux échanges avec Franck Riester, Gérald Darmanin et Élisabeth Borne au cours du week-end. « Ces questions-là, je les ai évoquées devant Mme Borne, M. Riester et M. Darmanin, la veille. Et les choses étaient claires, je les ai dites. Il ne peut pas y avoir de malentendu. Il y a un texte, première preuve, où je parle aussi du DALO (droit opposable au logement, ndlr) et des APL. Et ensuite, toute la journée d’hier, je la passe à échanger avec le directeur de cabinet, avec M. Riester, sur des rédactions. Et donc depuis le matin la question était l’inclusion de ces APL. Donc on ne peut pas faire mine de découvrir à 17 heures le soir qu’il y a un malentendu. Non, il n’y a pas de malentendu. Quand on commence une commission mixte paritaire, il y a forcément un certain nombre d’engagements qui sont pris de part et d’autre. A partir du moment où j’ai constaté que des engagements n’étaient pas tenus, la confiance est érodée. »

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