Macron france 5

Immigration : l’adoption du texte « est une défaite du RN », soutient Emmanuel Macron

Invité de France 5, le chef de l’Etat est revenu sur l’adoption polémique du projet de loi immigration. Reconnaissant un texte « durci » par le Sénat, Emmanuel Macron assume et estime que « c’est un bouclier pour le pays ». Il récuse l’idée que certaines dispositions soient reprises du RN, ne voyant pas de préférence nationale dans le texte.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Après l’adoption du projet de loi immigration, Emmanuel Macron a pris la parole sur France 5, dans l’émission « C à vous », ce mercredi soir. Face aux critiques suscitées par le texte et la division qu’il a créée au sein de la majorité, sa parole était attendue.

Emmanuel Macron « respecte » la décision d’Aurélien Rousseau de démissionner

Alors que le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a démissionné du gouvernement pour dénoncer un texte trop dur, il a dit « respecter » sa décision, comme il a « beaucoup de respect pour tous les députés qui ont voté pour une loi, dont ils n’aiment pas toutes les dispositions, mais qui ont considéré au fond que c’est un bouclier pour le pays ». Malgré les divisions, il estime qu’il n’y a pas de « rupture » avec sa majorité.

Il a défendu le projet de loi adopté, « fruit d’un compromis », même s’il ne trouve pas « formidable » certaines mesures. Il reconnaît que le texte a été « durci » par le Sénat. « La caution demandée aux étudiants étrangers, je pense que ce n’est pas une bonne idée », dit-il, « après, ça peut se retravailler ». Mais « est-ce que les dispositions qui ne plaisaient pas, valaient de dire on ne fait pas de texte ? C’est ça un choix en conscience. En conscience, ça reste un texte utile », soutient Emmanuel Macron.

« Il y a un problème d’immigration dans le pays »

Pour le chef de l’Etat, le texte ne comporte pas de mesure du RN, ni préférence nationale, ni remise en cause du droit du sol. « Ce n’est pas vrai que ce sont des dispositions qui sont de nature RN. Sinon, vous avez des dispositions de nature RN déjà, avec le RSA ou la prime d’activité », car « il faut être en France depuis 5 ans pour les toucher », rétorque le locataire de l’Elysée. Il ajoute que « ce texte va permettre des régularisations, entre 7.000 et 10.000, de personnes qui travaillent », alors que le RN, qui a voté pour le projet de loi, ne voulait pas de régularisations.

« Est-ce qu’il y a une préférence pour les emplois ? Non. Une simplification des licenciements pour les étrangers ? Non », continue le président de la République. Au final, « bien sûr que c’est une défaite du RN », soutient Emmanuel Macron.

Il soutient être à l’écoute du « réel », avant d’affirmer qu’« il y a un problème d’immigration dans le pays car il y a trop d’immigration clandestine, car ça crée des pressions. […] Mais je ne crois pas qu’on soit dépassés par l’immigration ». « Il n’y a pas de submersion, non, je n’ai jamais utilisé ces termes, mais on a des vrais problèmes d’immigration. Il y a plus de pression migratoire qu’il y a dix ans dans le pays. Et oui, ça fait pression sur notre système », ajoute-t-il encore.

Régularisations : « Le droit opposable, ce n’était pas sérieux »

Sur les régularisations, Emmanuel Macron affirme au passage que « le projet de départ aurait été censuré par le Conseil constitutionnel ». « Certains ne voulaient pas de contrôle du préfet. C’était impossible, on vous crée un droit opposable. […] Ça, ce n’est pas sérieux », avance le Président, ajoutant que « le droit opposable […] ce n’était pas sérieux », « c’était une bonne chose de corriger le texte initial », en prévoyant le pouvoir discrétionnaire du préfet, comme le Sénat l’a adopté.

Une déclaration étonnante, car il critique ainsi le texte de son propre gouvernement, présenté en Conseil des ministres, en sa présence, et défendu alors par ses ministres Gérald Darmanin et Olivier Dussopt et toute sa majorité. Maintenant, il compte « soumettre le texte au Conseil constitutionnel, car (il) pense qu’il y a des dispositions qui ne sont pas conformes à la Constitution ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le