Immigration : Laurent Nunez a « bon espoir que le plan 3 000 places de centres de rétention administrative aboutisse en 2029 »

A l’approche de l’examen du budget, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez était auditionné par commission des lois du Sénat a présenté des crédits en hausse pour la mission sécurité et immigration de son ministère. Il en a profité pour confirmer que l’objectif 3 000 places en des centres de rétention administrative, initialement prévu pour 2027, ne sera pas tenu, comme l’avait révélé un rapport du Sénat.
Simon Barbarit

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Malgré la crise budgétaire, les moyens du ministère de l’Intérieur seront en hausse en 2026, conformément à la loi de programmation et d’orientation du ministère de l’Intérieur, dite loi « LOPMI » votée fin 2022.

Passage obligé pour tout ministre lorsque vient l’automne, le locataire de Beauvau était auditionné par la commission des lois du Sénat pour détailler les crédits de son ministère dans le projet de loi de finances. Pour 2026, ils sont établis à 24,5 milliards d’euros. Ils sont en hausse de 587 millions d’euros dont 200 millions sont prévus pour les élections municipales et sénatoriales, 17,7 milliards sont fléchés vers la mission sécurité, 2,9 milliards d’euros vers la mission asile immigration. 1 600 emplois équivalents temps plein seront créés l’année prochaine.

Comme l’a révélé un rapport du Sénat, la promesse du gouvernement en 2023 de doubler la capacité des centres de rétention administrative (CRA) pour atteindre 3 000 places en 2027 ne sera pas tenue évoquant une échéance au plus tôt en 2029. « J’ai bon espoir que le plan 3 000 places aboutisse en 2029 », a confirmé le ministre. Laurent Nunez a rappelé la création de deux nouveaux CRA en 2026 et 2029 à Dunkerque et Bordeaux et l’extension de ceux de Rennes et Metz. « Puis on aura le CRA de Dijon en 2027, 140 places qui nous permettra d’atteindre 2 439 places ». Viendront les établissements de Nantes, Béziers, Oissel (Seine-Maritime), le site Périchet au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en 2028 et enfin celui d’Aix-en-Provence en 2029 « qui nous permettront d’atteindre 3 063 places », a-t-il précisé. Le ministre a insisté sur les « aléas immobiliers » qui ont conduit à ces retards.

Le ministre espère « un déblocage de la situation » avec l’Algérie

Le rapport de la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu avait souligné les conséquences du choix consistant à placer prioritairement en rétention les étrangers en situation irrégulière présentant une menace à l’ordre public. La part des retenus du profil « trouble à l’ordre public » était ainsi passée de 7,3 % en 2021 à 86 % en 2024. Même si les profils dangereux sont plus difficiles à éloigner faute de laissez-passer consulaires délivrés par le pays du ressortissant.

« Il y a une embolie dans les CRA », a reconnu le ministre évoquant le refus des pays tiers de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux retours forcés. Alors que 42 % des étrangers retenus dans les CRA sont de nationalité algérienne, le ministre dit espérer « un déblocage de la situation ». « Ça passera par une re-discussion avec nos partenaires algériens sur un certain nombre de sujets », a-t-il déclaré avant d’évoquer la piste d’une renégociation de l’accord franco-algérien de 1968 et celui de 1994. Une résolution portée par les députés RN visant à dénoncer l’accord de 1968, a été adoptée par l’Assemblée la semaine dernière.

Sainte-Soline : « Moi ou mon prédécesseur, nous n’avions pas accès à ces vidéos »

Enfin, autre sujet d’actualité, les vidéos montrant des gendarmes brutalisant des manifestants en 2023 contre la création d’une mégabassine à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, a été évoqué par la sénatrice écologiste Mélanie Vogel. Le ministre a rappelé qu’une enquête était en cours. « Il ne s’est pas passé deux ans au cours desquels on aurait caché des choses […] Moi ou mon prédécesseur, nous n’avions pas accès à ces vidéos. Elles étaient dans le cadre d’une procédure judiciaire. Elles ont été communiquées récemment aux parties civiles. Je ne sais pas comment cette vidéo est sortie ce qui est sûr c’est que nous n’en avions pas connaissance. Ce qui est sûr, c’est que ce sont des actes évidemment condamnables […] Il n’y a pas une volonté d’éluder quoi que ce soit », a-t-il expliqué.

 

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