Immigration : le Sénat conditionne le versement des allocations familiales aux étrangers à une présence d’au moins 5 ans sur le territoire

Mardi soir, lors de l’examen du projet de loi immigration, le Sénat a fait passer un amendement visant à conditionner les allocations familiales à cinq ans de résidence sur le territoire contre six mois actuellement. La sénatrice socialiste, Laurence Rossignol a accusé la majorité sénatoriale d’organiser « la pauvreté des enfants ».
Simon Barbarit

Temps de lecture :

2 min

Publié le

« Ce qui vous est proposé est conçu comme une disposition anti-appel d’air », a justifié le co-rapporteur centriste, Philippe Bonnecarrère, en présentant un amendement visant à conditionner « l’ouverture des droits aux prestations sociales non contributives à cinq années de résidence stable et régulière ». Sont concernés les allocations familiales, la prestation de compensation du handicap, l’aide personnalisée au logement (APL) et le droit au logement opposable.

L’amendement a été adopté mardi soir lors de l’examen du projet de loi immigration. Le groupe LR a déposé un amendement identique, également adopté.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a émis un avis de sagesse, en précisant qu’il n’était pas possible de décaler les prestations contributives comme le droit au chômage ou à la retraite.

« Soit, vous n’êtes pas sérieux, soit on touche le fond »

Ces amendements ont suscité la colère de Laurence Rossignol, sénatrice socialiste ancienne ministre des familles et du droit des femmes. « Il s’agit de décaler le versement des allocations familiales c’est-à-dire les allocations qui sont versées pour les enfants. C’est bien ça ? Une personne en situation régulière paye des cotisations à l’Urssaf, à la branche famille et vous proposez de priver des allocations familiales. C’est-à-dire que vous organisez la pauvreté des enfants de familles installés en France et travaillant en France. Soit, vous n’êtes pas sérieux, soit on touche le fond ».

Des propos qui ont fait réagir Gérald Darmanin qui a précisé qu’il existait déjà « un décalage » de 6 mois pour percevoir les allocations familiales après l’arrivée sur le territoire « C’est faux de dire que c’est anti républicain. Ça existe déjà. La question est de savoir si entre 6 mois et 5 ans, il y a un juste milieu ».

Philippe Bonnecarrère va par la suite justifier le délai. « Cinq ans, c’est l’addition d’un an de carte de séjour temporaire et de quatre ans de carte de séjour pluriannuelle.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Banque d’images du Sénat – Wlad Simitch Capa Pictures
5min

Politique

Sénatoriales 2026 : la candidature dissidente de l’écologiste Bruno Bernard va-t-elle changer la donne dans le Rhône ?

Bruno Bernard, ancien président de la métropole de Lyon, a finalement décidé de déposer sa propre liste aux sénatoriales dans le Rhône, faisant ainsi concurrence à la liste d'union de la gauche (écologistes, PS, PCF) menée par le sénateur sortant, Thomas Dossus. En 2020, la liste de Thomas Dossus avait fait élire trois sénateurs sur les sept que compte le département.

Le

Immigration : le Sénat conditionne le versement des allocations familiales aux étrangers à une présence d’au moins 5 ans sur le territoire
3min

Politique

« La première mesure sociale sera de garantir à tous les Français d'être prioritaires chez eux », défend Laurent Jacobelli

Lors de son meeting à Hénin-Beaumont ce dimanche, Marine Le Pen a mis l’accent sur le logement, et notamment sur sa volonté d’accorder une priorité aux citoyens français dans l’attribution des logements sociaux. « On a toujours fait de la priorité nationale une des pierres angulaires de notre politique sociale », explique le député RN Laurent Jacobelli.

Le

Ursula Von Der Leyen NATO Meeting In Brussels
5min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sous pression

Après avoir reçu une lettre du président français, Emmanuel Macron, mardi 8 septembre, insistant sur la nécessité d’adopter un « texte européen » pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen reçoit aujourd’hui une nouvelle lettre ouverte de familles endeuillées demandant une meilleure mise en œuvre de la législation européenne sur les plateformes. La présidente est attendue le 16 septembre pour présenter ses annonces.

Le