Immigration : le Sénat rejette le budget du gouvernement
Les sénateurs ont voté contre les crédits consacrés à la mission « Immigration, Asile et intégration ». Pourtant en hausse, ce budget souffre d’un manque de cohérence et s’appuie sur une baisse incertaine des demandes d’asile d’après les sénateurs.

Immigration : le Sénat rejette le budget du gouvernement

Les sénateurs ont voté contre les crédits consacrés à la mission « Immigration, Asile et intégration ». Pourtant en hausse, ce budget souffre d’un manque de cohérence et s’appuie sur une baisse incertaine des demandes d’asile d’après les sénateurs.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Malgré le durcissement du discours d’Emmanuel Macron en matière d’immigration, le budget de son gouvernement n’a pas convaincu un Sénat majoritairement à droite. Les sénateurs ont rejeté, jeudi, les crédits consacrés à la mission « Immigration, Asile et intégration ».  Si le budget est en « hausse globale de 9,6% à périmètre constant » par rapport à l’année précédente, il n’est pas à la hauteur selon les sénateurs qui reprochent au gouvernement de « parier sur le fait qu’il n’y aura pas de demandes d’asile supplémentaire en 2020 ».

Exemple concret de ce problème d’estimation, pour le sénateur LR François-Noël Buffet, le financement de l’allocation pour les demandeurs d’asile (ADA). « Nous nous interrogeons sur l’ADA, on ne comprend pas que le budget prévu pour 2020 soit de 444 millions d’euros alors même que la consommation pour l’année 2019 est à plus de 509 millions d’euros », soulève le sénateur. Par ailleurs, la droite sénatoriale pointe la baisse des crédits alloués à la lutte contre l’immigration irrégulière.

« La norme de l’accueil aujourd’hui pour les demandeurs d’accueil c’est la rue »

Immigration : Esther Benbassa étrille un « un budget déséquilibré »
01:38

À la gauche de l’hémicycle, la sénatrice CRCE Esther Benbassa étrille, elle, « un budget déséquilibré tant il fait la part belle au financement de la lutte contre l’immigration irrégulière au détriment de l’intégration et de l’accès à la nationalité française ». La sénatrice rappelle qu’en 2018, 2260 migrants sont morts noyés en Méditerranée. « L’horreur que doit susciter ce chiffre devrait nous inciter à adopter des orientations financières diamétralement opposées », plaide-t-elle. Comme le reste de l’hémicycle, la sénatrice a aussi déploré que les moyens ne soient pas déployés pour assurer un hébergement digne. « La norme de l’accueil aujourd’hui pour les demandeurs d’asile, c’est la rue, (…) et rien dans ce budget ne fait évoluer les choses en matière d’hébergement », a dénoncé de concert le sénateur socialiste, Jean-Yves Leconte.

Passe d'armes entre le ministre et le rapporteur spécial 

Immigration : le Sénat rejette le budget du gouvernement
01:00

En marge du débat, le rapporteur spécial de la commission des finances, Sébastien Meurant (LR) s’est fait remarquer par un discours provocateur. « Jamais on n’a envoyé un tel message de laxisme en relaxant la plupart des passeurs tout en condamnant à de la prison ferme les jeunes militants de Génération identitaire », a-t-il par exemple déclaré en évoquant aussi le pacte (non contraignant) de Marrakech. Sous les applaudissements d’une partie de l’hémicycle, Christophe Castaner a ironisé sur ses convictions politiques. « J’ai cru perdre la mémoire et j’ai été recherché sur votre fiche Wikipédia votre positionnement politique. Et je trouve qu’on ne peut pas tout mélanger sur un sujet aussi sensible que celui-là », a-t-il conclu.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le