De la "priorité absolue" à l'intégration durant la campagne présidentielle jusqu'aux débats sans "tabous" au Parlement lundi et mercredi, le thème de l'immigration est désormais mis en exergue par Emmanuel Macron, au risque de diviser sa majorité.
- De la campagne au discours d'Orléans
Assez discret sur le sujet lorsqu'il était candidat à la présidentielle avant son élection en mai 2017, Emmanuel Macron fixe "une priorité absolue, l'intégration", face à la ligne anti-immigration de Marine Le Pen. Il veut aussi "une France qui assume sa juste part dans l'accueil des réfugiés tout en reconduisant plus efficacement à la frontière ceux qui ne sont pas acceptés".
Dans un discours clé à Orléans en juillet 2017, le président expose une politique ambitieuse face à la crise des migrants: disparition des campements de rue dès l'année suivante, demandes d'asile examinées directement en Afrique.
- Loi asile et immigration, charnière
"Nous reconduisons beaucoup trop peu": dès septembre 2017, Emmanuel Macron prend le cap de la fermeté pour la future loi asile et immigration. Portée par le ministre de l'Intérieur d'alors Gérard Collomb, elle vise, dans un subtil équilibre entre "humanité" et "efficacité", à réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile et à faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés.
Son examen à l'Assemblée nationale met à l'épreuve pour la première fois du quinquennat la majorité LREM-Modem. Quatorze "marcheurs" s'abstiennent en première lecture au printemps 2018 à l'Assemblée, et un vote contre. Le Parlement valide le projet de loi en août 2018, après des mois de controverse avec les associations d'aide aux migrants également.
- La piste d'"objectifs annuels" d'immigration
"Lettre aux français" d'Emmanuel Macron, en janvier 2019
AFP/Archives
Dans sa "lettre aux Français", en pleine crise des "gilets jaunes" en janvier 2019, Emmanuel Macron provoque la polémique en interrogeant les Français sur l'opportunité d'"objectifs annuels" d'immigration, idée proche des quotas, marqués à droite.
A l'issue en avril du grand débat national, et bien que le sujet y soit apparu en retrait, le chef de l'Etat annonce qu'il souhaite un débat annuel au Parlement sur la politique migratoire. "Nous devons profondément refonder notre politique de développement et notre politique migratoire", soutient-il, évoquant une possible refonte de l'espace Schengen. Il ne remet pas sur la table le sujet des quotas.
- "Regarder en face": Macron bouscule sa majorité
"Nous n'avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l'immigration) en face": le 16 septembre, à l'approche du débat au Parlement, Emmanuel Macron appelle majorité et gouvernement à la fermeté sur le détournement du droit d'asile. Il entend éviter de virer en un "parti bourgeois" qui ignorerait l'opinion de classes populaires ayant "migré vers l'extrême droite".
Cela tangue dans les rangs, où certains souhaitent attendre les effets de la loi Collomb avant toute nouvelle décision. Pas d'"hystérisation", plaide aussi une partie de l'aile gauche, qui rejette toute remise en cause notamment de l'Aide médicale d'Etat (AME, pour les étrangers en situation irrégulière). Parmi eux, Delphine Bagarry compare le discours d'Emmanuel Macron à celui "d'un responsable du Front national", ce qui lui vaut un rappel à l'ordre de son parti. L'opposition dénonce quant à elle les visées "électoralistes" du président.
- Opération déminage
Le président Emmanuel Macron, le 22 septembre 2017 aux Invalides, à Paris
POOL/AFP
Face aux remous, les responsables de la majorité exhortent au "rassemblement" des troupes. En express, sont montés rendez-vous place Beauvau et à Matignon pour certains, débat à huis clos du groupe LREM avec le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur. La parole est donnée à toutes les sensibilités et l'approche interministérielle est privilégiée pour rassurer.
"L'idée, c'est qu'on puisse mettre à plat tout ce qui se passe", fait valoir le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Et "il n'y aura pas de loi asile-immigration-intégration 2", assure Matignon.
Emmanuel Macron répète le 26 septembre que "pour continuer à accueillir tout le monde dignement, on ne doit pas être un pays trop attractif", en évoquant notamment une évaluation du panier de soins de l'AME.
Interrogé sur les quotas, Edouard Philippe, estime dans le JDD paru dimanche qu'ils "n’auraient pas de sens pour les demandeurs d’asile ou pour le regroupement familial". Mais "qu'on peut débattre de nos besoins de main-d’œuvre étrangère" et se "fixer des objectifs ambitieux pour l’accueil des étudiants".
Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.
Présentée le 13 octobre à la presse, la proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Guillaume Gontard vise à renforcer l’encadrement de la production, de la traçabilité et de la distribution des produits à base de cannabidiol (CBD).
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).