« Des chiffres catastrophiques », « un record historique », c’est par ces mots que le sénateur RN, Aymeric Durox a qualifié, lors des questions d’actualité au gouvernement, les chiffres de la Direction générale des étrangers en France (DGEF), diffusés mardi, selon lesquels la France a délivré 384 230 premiers titres de séjour l’an dernier, soit en hausse de 11,2 % sur un an. « Ces chiffres déjà considérables, ne prennent même pas en compte les entrées irrégulières », a-t-il reproché.
Pour lui répondre le ministère de l’intérieur, Laurent Nunez a d’abord rappelé que cette hausse était essentiellement due aux demandes d’asile et les titres étudiants. « Plus d’une demande sur deux s’est vue attribuer l’asile », ce qui marque une très forte hausse sur un an : « On était plutôt autour de 40 % il y a cinq ou six ans », a rappelé, hier, le patron du département statistique de la DGEF avant de détailler les différents titres de séjours : « Les titres étudiants sont toujours les premiers » motifs de délivrance (118 000 au total), suivis des motifs humanitaires (+ 65 % à 92 600). Mais les titres délivrés pour motifs économiques ont reculé de 13 % sur un an, à 51 190 : « la baisse concerne les salariés (-11 %) et le motif saisonnier (près de -30 %) ».
Le ministre a lui rappelé que le gouvernement avait une politique de grande fermeté en ce qui concerne l’immigration irrégulière puisque les expulsions augmentent de 16 % « et l’ensemble des éloignements de 20 % ». « En Europe, nous sommes, avec l’Allemagne, le pays qui reconduit le plus de manière forcée vers les pays tiers. Et nous allons continuer en ouvrant des places en CRA en continuant cette politique très offensive de reconduite forcée », a-t-il précisé.
En ce qui concerne l’immigration légale, Laurent Nunez a indiqué que la dernière loi immigration de janvier 2024 « permet de retirer ou de ne pas attribuer des titres à des personnes qui ont causé des troubles à l’ordre public ».