Immigration : Sylvain Maillard rejette la main tendue des sénateurs centristes

Invité de Parlement Hebdo sur les chaînes parlementaires, le président du groupe Renaissance à l’Assemblée, Sylvain Maillard rejeté, vendredi, la possibilité de légiférer de nouveau sur l’immigration après la large censure du projet de loi par le Conseil constitutionnel. La veille, en déposant une proposition de loi sur le sujet, les sénateurs centristes appelaient, pourtant le gouvernement à un travail de co-construction sur ce nouveau texte.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est une fin de non-recevoir que le patron des députés Renaissance, Sylvain Maillard a adressé aux sénateurs centristes. Jeudi, le président du groupe, Hervé Marseille et l’ancien co-rapporteur du projet de loi immigration, Philippe Bonnecarrère déposaient une proposition de loi qui reprend une partie des 32 cavaliers législatifs de la loi immigration censurés par le Conseil constitutionnel.

« Nous proposons au gouvernement une boîte à outils et nous pensons qu’il aurait intérêt à coconstruire le texte avec nous. Nous espérons convaincre le gouvernement d’inscrire ce texte à l’ordre du jour », expliquait Philippe Bonnecarrère. « Tous les chiffres montrent que la pression migratoire augmente en Europe et en France. Le sujet de l’immigration est devant nous », ajoutait-il.

« Le cœur de ce que nous voulions a été voté »

Invité de Parlement Hebdo, sur les chaînes parlementaires, Sylvain Maillard a douché les espoirs des centristes. « Je le dis très clairement. La loi immigration est derrière nous. Nous avons voté des mesures très fortes. Le cœur de ce que nous voulions a été voté. Sur les 27 articles (du projet de loi initial) 26 ont été votés. Ce que demandent les Français, ce n’est pas de faire des lois après des lois. Ce qu’ils nous demandent, c’est d’être efficace, faire en sorte que ceux qui n’ont pas vocation à être en France, repartent de France. Maintenant, le travail est au niveau du gouvernement, de notre administration, de nos policiers, de nos gendarmes », a-t-il affirmé.

« Il ne suffit pas de dire que le sujet est derrière soi pour que cela soit vrai »

De quoi fâcher quelque peu de potentiels alliés au Sénat. Cette semaine, Hervé Marseille a même évoqué l’idée d’une liste commune entre centristes et Renaissance pour les Européennes. « Il ne suffit pas de dire que le sujet est derrière soi pour que cela soit vrai ! La réalité s’imposera à tous. Le sujet immigration est bien devant nous et le ministre de l’Intérieur vient d’en administrer la preuve en expliquant exactement cela pour Mayotte. Un article de notre proposition de loi porte d’ailleurs sur ce sujet. Les centristes sont modérés mais pas tièdes. Nous n’avons pas l’intention de laisser aux deux radicalités de notre pays le monopole de l’action politique », a réagi Philippe Bonnecarrère, contacté par publicsenat.fr.

Faute de soutien avec le gouvernement, la proposition de loi pourrait être examinée dans la niche parlementaire des sénateurs centriste, fin mars.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Immigration : Sylvain Maillard rejette la main tendue des sénateurs centristes
2min

Politique

Un collaborateur de Raphaël Arnault embauché sous pseudo : « C’est particulièrement choquant », réagit Claude Malhuret

Après l’arrestation de onze suspects, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, le Parisien révèle que l’un d’eux est un deuxième collaborateur parlementaire du député LFI et fondateur du mouvement antifa, Raphaël Arnault. Mais, il a été recruté sous pseudonyme. « Inacceptable », pour le sénateur Claude Malhuret.

Le

Immigration : Sylvain Maillard rejette la main tendue des sénateurs centristes
3min

Politique

Peine d’inéligibilité en cas de condamnations pour violences : « Cela me paraît parfaitement normal », déclare François-Noël Buffet

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé qu’il comptait faire passer un texte visant à introduire une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour violences. Un texte qui pourrait avoir le soutien de la droite sénatoriale.

Le

Immigration : Sylvain Maillard rejette la main tendue des sénateurs centristes
4min

Politique

Mort de Quentin : Gérald Darmanin souhaite une peine d’inéligibilité contre « toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique » 

Les interventions se sont multipliées au Sénat, ce mercredi, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement, autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Les élus de droite et du bloc central ont largement reproché à LFI sa proximité avec la mouvance d’ultra gauche, citée dans cette affaire. Le garde des Sceaux a annoncé vouloir assortir les condamnations pour incitation à la violence d’une peine d’inéligibilité, visant explicitement le député LFI Raphaël Arnault.

Le