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Immigration : une mission du Sénat propose de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968, les socialistes claquent la porte

Une mission d’information du Sénat, pilotée par la majorité de droite et du centre, propose de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968. La sénatrice PS Corinne Narassiguin en a tiré les conséquences en décidant de quitter cette mission qu’elle qualifie « d’outil créé de toutes pièces pour valider la campagne de Bruno Retailleau ».
Simon Barbarit

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Dans son communiqué, la mission d’information du Sénat visant à rationaliser le recours aux accords internationaux en matière migratoire, salue en premier lieu un travail transpartisan. Pourtant, Les socialistes ont bel et bien claqué la porte de la mission en désaccord avec sa principale recommandation.

Le rapport de la présidente LR de la commission, Muriel Jourda (LR) et Olivier Bitz (centriste) a conclu que l’accord Franco-Algérien de 1968 est « un régime très favorable de circulation et de séjour qu’il offre aux Algériens ne connaît plus de justification évidente tandis qu’il ne s’accompagne aucunement d’un surcroît de coopération en matière de lutte contre l’immigration irrégulière ». C’est pourquoi la mission propose une renégociation « afin d’aboutir à des mesures équilibrées pour les deux parties ». A défaut « sa dénonciation devra être mise en œuvre ».

Il s’agit d’une demande récurrente depuis son entrée en fonction, du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ancien président du groupe LR du Sénat. Les socialistes représentés dans cette mission par Corinne Narassiguin, ne l’ont pas oublié. « De toute évidence, cette mission d’information semble n’avoir été qu’un outil créé de toutes pièces pour valider la campagne de Bruno Retailleau en faveur de la dénonciation de l’accord franco-algérien. En effet, les auditions d’experts menées durant de nombreux mois n’ont pas mis en évidence de façon claire et unanime la nécessité de dénoncer cet accord », écrit la sénatrice dans un communiqué dans lequel elle annonce son départ de la mission.

Elle conclut : « L’accord de 1968 reste dans son principe pleinement justifié en raison de la profondeur des liens humains et historiques et l’imbrication des intérêts économiques, sécuritaires et politiques entre les deux parties […] Parce que nous refusons que les Algériens soient les victimes des obsessions et lubies migratoires de la majorité sénatoriale et du ministre de l’Intérieur, le groupe (PS) dénonce fermement cette nouvelle attaque calquée sur les vieilles revendications de l’extrême droite ».

La mission a également considéré que l’accord migratoire avec le Royaume-Uni faisait face à l’échec flagrant. « Le maintien du statu quo faisant de la France la gestionnaire de fait de la frontière britannique n’était plus acceptable […] Un dialogue doit donc, à l’évidence, être engagé pour que chacun prenne sa juste part et, à terme, conclure un accord migratoire global », préconise-t-elle.

 

 

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