Les autorités sont parvenues mardi soir à trouver un hébergement d'urgence pour un millier des quelque 1.400 migrants tombés dans le dénuement...
Incendie à Grande-Synthe: le gouvernement propose des hébergements
Les autorités sont parvenues mardi soir à trouver un hébergement d'urgence pour un millier des quelque 1.400 migrants tombés dans le dénuement...
Par Baptiste BECQUART
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Les autorités sont parvenues mardi soir à trouver un hébergement d'urgence pour un millier des quelque 1.400 migrants tombés dans le dénuement après l'incendie survenu la nuit précédente de leur camp de Grande-Synthe (Nord).
Seuls environ 70 chalets en bois ont réchappé au sinistre, sur les 300 que comptait le site, ouvert en mars 2016 et qui se voulait une réalisation "exemplaire", selon son promoteur, le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême. De l'aveu de ce dernier, "la surpopulation" du camp depuis le démantèlement de la "Jungle" de Calais fin octobre, "a créé des difficultés" à l'origine du drame.
Les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl (D) et Emmanuelle Cosse, au chevet des migrants de Grande-Synthe après l'incendie du camp, le 11 avril 2017
AFP
"Il n'y aura pas de reconstruction de nouveau campement ici", a déclaré le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, venu sur les lieux avec sa collègue au Logement, Emmanuel Cosse. "Il faudra, avec les élus et les associations, trouver les bonnes solutions", a-t-il ajouté.
Emmanuelle Cosse a annoncé l'ouverture mardi soir d'un quatrième gymnase, à Dunkerque, s'ajoutant aux trois autres déjà ouverts à Grande-Synthe. En tout, ce sont "1.000 personnes" qui seront à l'abri pour la nuit, a déclaré la ministre. "Nous travaillons à la mise à l'abri de 150 migrants afghans supplémentaires, repérés hors de la ville", a-t-elle précisé. L'objectif est que le séjour en gymnase soit "le plus court" possible, a déclaré Mme Cosse.
Selon la ministre, "à partir de demain" mercredi auront lieu des départs vers des centres d'accueil et d'orientation (CAO) établis un peu partout sur le territoire, initialement pour accueillir les migrants de Calais après le démantèlement de la "Jungle". Ces départs connaîtront "une accélération d'ici la fin de la semaine pour les publics vulnérables" (femmes enceintes, familles avec de jeunes enfants...)
Le camp de migrants de Grande-Synthe le 11 avril 2017 à Dunkerque, détruit par un incendie dû à des rixes entre Afghans et Kurdes
AFP
La totalité du camp avait été évacuée dans la nuit de lundi à mardi mais près des deux tiers des migrants de Grande-Synthe s'étaient "évaporés dans la nature", dormant sans doute dehors, d'après Christian Salomé, président de l'association L'Auberge des migrants.
Le maire a appelé ses confrères à "la solidarité et à ouvrir des centres d'accueil" dans leur commune. "Là où des migrants ont été accueillis, cela s'est bien passé", a-t-il affirmé.
- La priorité : mettre les migrants à l'abri -
Le camp de Grande-Synthe en cendres
AFP
Selon le préfet du Nord Michel Lalande et le récit de migrants, les multiples feux allumés dans le camp lundi - qui ont fini par embraser les chalets de bois, dont certains étaient très proches les uns des autres -, ont eu pour origine de violentes bagarres entre Kurdes d'Irak et Afghans, malgré d'importants renforts policiers.
Treize personnes ont été blessées, selon le procureur de Dunkerque, dont quatre par arme blanche. L'un d'eux a dû être opéré à l'abdomen.
Pour le préfet Lalande, la priorité des autorités était de "mettre à l'abri les migrants qui errent sur les grands axes routiers" de la région et de "consolider un accueil d'urgence".
Des membres de l'association Médecins du Monde, à Grande-Synthe le 11 avril 2017
AFP
"Mais il faut ensuite qu'il y ait une volonté très claire de les prendre en charge, et ce n'est pas vraiment le cas aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Corinne Torre, chef de mission France MSF.
La Cimade a réitéré "plus que jamais la nécessité de créer des lieux d’accueil humanitaire sur le littoral" pour "permettre aux personnes migrantes de sortir de l’errance et des graves dangers auxquels elles sont exposées".
Christian Salomé a demandé au gouvernement d'ouvrir "un corridor humanitaire pour que les mineurs puissent rejoindre la Grande-Bretagne".
Une position partagée par le directeur général de France terre d'asile, Pierre Henry, qui a demandé "la réouverture des voies d'immigration légales" avec ce pays et l'application "des règlements européens qui permettent le rapprochement familial".
A moins de deux semaines de la présidentielle, l'incendie de Grande-Synthe a aussi fait réagir les candidats à l'Elysée ou leurs proches. Marine Le Pen a vu dans le drame "le signe du grand chaos migratoire" dans le pays, François Fillon la preuve "que la construction de camps n'est pas la solution".
"On ne fait pas de +politicaillerie+ sur des faits divers qui auraient pu tourner très tragiquement", a répliqué un proche d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand.
Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.
Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.
Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).