Incertitude généralisée à LR après le départ de Wauquiez
D'intenses tractations ont débuté sur le devenir des Républicains (LR) après la déroute des élections européennes et la démission...

Incertitude généralisée à LR après le départ de Wauquiez

D'intenses tractations ont débuté sur le devenir des Républicains (LR) après la déroute des élections européennes et la démission...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

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D'intenses tractations ont débuté sur le devenir des Républicains (LR) après la déroute des élections européennes et la démission de Laurent Wauquiez, avant la réunion au sommet de responsables de la droite et du centre organisée mardi par Gérard Larcher.

Dans un entretien au Figaro à paraître mardi, M. Wauquiez est revenu sur sa démission annoncée dimanche sur TF1. "J'ai vu le danger du retour de la guerre des chefs, le désir de revanche et au fond un état d'esprit que j'ai connu par le passé et qui m'a écoeuré, comme pendant l'affrontement Copé-Fillon ou pendant la présidentielle", explique-t-il.

"J'en ai tiré la conclusion que si ma présence était un obstacle, alors il fallait partir. J'espère que ma démission permettra de sortir de la querelle des personnes et de travailler sur le fond", ajoute M. Wauquiez, poussé à la démission depuis la raclée (8,48%) récoltée aux européennes.

"Prendre du recul me fera sûrement du bien", assure le président d'Auvergne-Rhône-Alpes qui fait amende honorable mais ne renie rien de la ligne portée durant son magistère à la tête de LR, qualifiée d'"identitaire" par ses détracteurs.

M. Wauquiez met au contraire en garde contre la perspective d'un "grand parti mou de centre droit". "Si la droite se conçoit comme un supplétif d'En marche" ou bien cède "aux sirènes des extrêmes et en courant derrière le RN, alors elle sera morte", juge-t-il à la veille de la réunion initiée par Gérard Larcher.

Désireux de bâtir "un projet pour la droite et le centre" qui "parte des territoires", le président du Sénat réunit mardi à Paris les chefs de groupes parlementaires Christian Jacob (Assemblée) et Bruno Retailleau (Sénat).

Sont également conviés les présidents des trois grandes associations d'élus François Baroin (maires, LR), Dominique Bussereau (départements, ex-LR) et Hervé Morin (régions, Centristes), ainsi que les présidents de région LR dont Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. Ex-membre de LR, Xavier Bertrand en sera absent.

Allié du parti pendant la campagne européenne, M. Morin a émis l'hypothèse d'une "confédération" de la droite et du centre.

- "Halls d'hôtel" -

De son côté l'ancien patron de LR Jean-François Copé s'est demandé, lors d'une émission sur LCP et Public Sénat en partenariat avec Le Figaro et l'AFP, si le parti était encore "la structure qui peut permettre de puiser l'énergie suffisante pour y arriver".

Dans l'immédiat, l'intérim à la tête du parti est assuré par le vice-président délégué, l'ancien ministre Jean Leonetti, qui s'exprimera mardi matin sur France 2.

Les hiérarques de LR épluchent leur règlement intérieur: l'élection d'un nouveau président doit avoir lieu "dans les cinquante jours au moins et soixante-cinq jours au plus après l'ouverture de la vacance" selon l'article 23. Mais l'article 27 commande à la Haute autorité de LR, chargée du bon déroulement du scrutin, de publier un guide électoral... 90 jours avant le vote.

Plusieurs voix se sont déjà élevées pour assouplir ce calendrier. "Il peut peut-être y avoir une collégialité dans un premier temps", a jugé le député Eric Woerth.

"Repartir tête baissée comme s'il ne s'était rien passé dans une élection interne où tout de suite, on va retrouver les mêmes problèmes que ceux qu'on a connus avant...", a abondé M. Copé, qui a évoqué l'idée d'un "directoire".

Qui pour succéder à Laurent Wauquiez ? Pas de candidat déclaré à ce stade. Mais plusieurs dirigeants possèdent leur propre structure ou cadre de réflexion: Valérie Pécresse et son mouvement "Libres!", Bruno Retailleau à la tête de Force Républicaine ou encore le premier vice-président du parti Guillaume Peltier, qui essaie de fédérer le courant "populaire" au sein de LR.

L'aile droite de la majorité, elle, redouble ses coups contre son ancien parti. Le ministre Gérald Darmanin a ironisé sur la réunion de dirigeants de droite "dans des halls d'hôtel" pour savoir "qui va réorganiser le parti en attendant la prochaine défaite".

Dimanche, le secrétaire d’État Sébastien Lecornu a enjoint aux maires de "quitter LR" en vue des municipales. "Une belle opération d'intimidation", juge le porte-parole de LR Gilles Platret.

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