« Incompréhension », « tristesse », « malaise » : les sénateurs réagissent à la démission de Michèle Rubirola à la mairie de Marseille
Entre incompréhension et tristesse, la démission de l’édile phocéenne a surpris les sénateurs. La droite fustige un « malaise profond » dans la majorité municipale quand les écologistes se montrent sereins sur l’application du programme.

« Incompréhension », « tristesse », « malaise » : les sénateurs réagissent à la démission de Michèle Rubirola à la mairie de Marseille

Entre incompréhension et tristesse, la démission de l’édile phocéenne a surpris les sénateurs. La droite fustige un « malaise profond » dans la majorité municipale quand les écologistes se montrent sereins sur l’application du programme.
Public Sénat

Par Pierre Maurer

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Elle était celle qui avait renversé l’inusable Jean-Claude Gaudin et mis fin à des décennies de règne de la droite à Marseille, suscitant l’espoir de la gauche. Cela n’aura duré qu’une poignée de mois. Michèle Rubirola, première femme maire de Marseille a annoncé sa démission pour raisons « de santé » ce mardi 15 décembre et a demandé une inversion des rôles avec son premier adjoint, Benoît Payan, pour que celui-ci « devienne maire ». (Lire notre article ici).

Guy Benarroche, sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône, a accueilli cette décision avec « résignation ». « On ne peut pas dire que l’on soit ravi. On aurait préféré que ce soit Michèle Rubirola qui reste maire de Marseille. Mais si elle a jugé avec ses proches que c’est la réalité, il vaut mieux qu’elle le dise au lieu d’exercer un simili pouvoir pendant des années », confiait-il un peu avant l’annonce. « Il y a huit élus au conseil municipal de Marseille, dont trois adjoints qui sont écologistes (EELV). Donc je suis persuadé qu’ensemble avec l’équipe en place, ils mèneront la même politique », a-t-il assuré ensuite. Pour en avoir « discuté avec eux », ils sont « parties prenantes et fleurs au fusil pour continuer ce changement marseillais impératif ».

Sa collègue écologiste, Sophie Taillé-Polian (Génération. s) s’est elle aussi montrée convaincue et déterminée par la continuité du projet marseillais. « On est tous attristés de voir que Michèle Rubirola ne peut pas aller au bout de ce qu’elle aurait voulu faire. Mais le Printemps Marseillais est une dynamique collective et c’est ce qui faisait sa force. Michèle Rubirola sera toujours là dans l’équipe, qui travaillera à mettre en œuvre le projet face à l’urgence écologique, économique et démocratique après plusieurs mandats de Jean-Claude Gaudin hiératiques », a-t-elle insisté. Elle n’a néanmoins pas fait mystère sur le fait « que Michèle Rubirola ne s’est jamais projetée avec une grande ambition en tant que maire. Mais elle s’est toujours beaucoup projetée dans le collectif ». Au mois d’octobre, Le Monde rapportait déjà les envies d’ailleurs de cette novice en politique âgée de 64 ans, auparavant médecin dans les quartiers populaires. L’édile aurait en effet confié à l’ancien ministre socialiste, François Lamy, lors de la campagne des municipales : « Tu es au courant que je ne reste que trois mois ? ». Au Figaro cette fois, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a rapporté l’aveu que Michèle Rubirola lui aurait fait lors d’un rendez-vous en tête-à-tête : « Moi, tu sais, je voulais être adjointe à la Santé. Pas maire… »

Sophie Taillé-Polian : "On est tous un peu attristés par la démission de Michèle Rubirola"
02:08

« C’est regrettable », a fait part quant à elle avec « tristesse », la sénatrice écologiste Esther Benbassa qui avait déjeuné avec Michèle Rubirola au mois d’août. Elle se dit « inquiète » pour le programme de Marseille et s’interroge sur les éventuelles pressions internes subies par la maire.

« Hold-up démocratique »

« Je suis dans l’incompréhension la plus totale », a réagi peu avant l’annonce Stéphane Le Rudulier. Le sénateur Les Républicains des Bouches-du-Rhône regrette cette décision.  « On a peut-être d’autres sentiments que de démissionner lorsque l’on est maire de Marseille ». La raison tient selon lui plus à « un malaise profond » dans la majorité municipale, qui se compose d’Insoumis, de socialistes et d’écologistes. « Avec une telle coalition, ce n’est pas étonnant », raille-t-il. « La raison médicale je la partage, mais on sentait déjà qui était le maire de Marseille. Benoît Payan avait pris l’ascendant sur Michèle Rubirola dès le début du mandat », estime-t-il. Il fustige « les tractations qui ont eu lieu toute la journée, notamment de la part Samia Ghali (2e adjointe) qui veut sauver sa place », croit-il savoir. « Ce sont les Marseillais qui vont en payer le prix fort », prédit-il.

Son collègue LR, Patrick Boré, lui aussi sénateur des Bouches-du-Rhône observe deux possibilités. La première, « c’est qu’elle n’assume pas son rôle de maire, c’est la débandade, et c’est catastrophique de partir comme ça au bout de trois mois ». La seconde, si c’est une question de maladie, « on ne peut avoir que de l’empathie ». « Mais si elle prend un poste de première adjointe et qu’elle est malade, je ne comprends pas ». Quant au futur de la municipalité, il en préfigure déjà les secousses : « Ça va remuer des épaules dans la majorité ! ». Stéphane Ravier, sénateur de Marseille du Rassemblement national, a lui appelé les Marseillais à « revoter ». « C’est un véritable hold-up démocratique que subissent les Marseillais : une nouvelle élection municipale doit être organisée dans les plus brefs délais ! », a-t-il exhorté dans un communiqué, souhaitant que les conseillers municipaux du Printemps Marseillais « démissionnent ».

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