Indemnités prud’homales: le barème « rassurant » pour le salarié, selon Pénicaud
Muriel Pénicaud a assuré mardi que la mise en place du barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif sera ...

Indemnités prud’homales: le barème « rassurant » pour le salarié, selon Pénicaud

Muriel Pénicaud a assuré mardi que la mise en place du barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif sera ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Muriel Pénicaud a assuré mardi que la mise en place du barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif sera "rassurant" pour l'employeur, mais aussi pour les salariés, lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

"Oui, c'est rassurant pour l'entreprise, mais c'est rassurant aussi pour le salarié", a affirmé la ministre du Travail lors d'une audition devant la commission des affaires sociales avant la ratification des ordonnances réformant le code du travail, qui sera au menu de l'Assemblée du 21 au 24 novembre.

"Il y avait trop de disparités dans les dommages et intérêts accordés aux salariés, peu d'équité et peu de prévisibilité", a-t-elle déclaré.

"Nous avons instauré un plancher, ce qui n'était pas le cas auparavant. C'est un plus pour les salariés", a également assuré la ministre.

Avant les ordonnances, un plancher obligatoire existait, mais il ne concernait que les salariés ayant plus de deux ans d'expérience dans une société de plus de dix salariés. L'indemnité était alors fixée à au moins six mois de salaire.

Les ordonnances élargissent ce plancher aux entreprises de moins de 11 salariés, mais il est plus bas, atteignant au maximum trois mois de salaires selon l'ancienneté.

Plus généralement, la ministre a une fois de plus défendu une réforme qui va "protéger les salariés, dynamiser le marché du travail, renforcer le dialogue social et libérer l'énergie et les capacités d'initiative des entreprises".

Il s'agit d'une "adaptation proche des besoins des entreprises et des aspirations des salariés", a encore dit Mme Pénicaud.

Soutenue par les députés de la majorité (En Marche, MoDem), la réforme a de nouveau été critiquée par ceux de l'opposition.

Pour Adrien Quatennens (Les Insoumis), ces ordonnances "ne correspondent à aucun besoin majeur de l'entreprise française".

De son côté, Boris Vallaud (Nouvelle gauche) n'y voit pas la "révolution copernicienne" vantée par la ministre, mais un projet "fainéant" qui n'affronte pas de "vrais sujets" comme la qualité de vie au travail, la précarité ou la codécision en entreprise.

Pierre Dharréville, du parti communiste, a parlé de "flexi-précarité" pour le salarié, en référence à la "flexi-sécurité" vantée par l'exécutif.

Ces ordonnances entrent dans le cadre du premier volet de la "grande" réforme sociale voulue par Emmanuel Macron pour répondre au chômage de masse. Son objectif premier est de flexibiliser le marché du travail. Les réformes imminentes de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'assurance chômage sont censées, elles, apporter davantage de sécurité au salarié, selon le gouvernement.

Lundi, les syndicats auditionnés par la même commission avaient alerté, entre autres, sur les "dangers" de la rupture conventionnelle collective (plans de départs volontaires en dehors de plans sociaux), prévue par la réforme. Celle-ci risque, selon eux, d'entraîner des plans de départs des seniors.

La ministre s'est voulue rassurante. Elle a insisté sur le fait que des "consignes expresses" seront données à l’administration pour qu'il n'y ait pas de "plans de retraites à travers ce biais-là".

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le