Industrie : « Il y a une logique presque stratégique de la part de la Chine de vouloir attaquer des pans entiers de notre économie », prévient Sébastien Martin 

Invité de la matinale de Public Sénat, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin alerte sur la menace que fait peser la Chine sur l’industrie française. Le ministre plaide notamment pour un renforcement de la protection des entreprises européennes afin de développer les filières industrielles.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Ce n’est pas le moment de lâcher, c’est le moment de se battre », déclare le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin dans un plaidoyer en faveur du développement de l’activité industrielle. Alors que la part de l’industrie dans la création de richesse au niveau national stagne, le ministre veut alerter sur le rôle central de l’industrie pour le développement économique. 

« La réindustrialisation se mesure sur un temps long. Il y a eu ces dernières années presque 500 usines qui ont été ouvertes, presque 130 000 emplois industriels de plus. L’industrie, en moyenne, ça paye entre 20 à 25 % de plus que les services », explique Sébastien Martin. « Quand vous réduisez la part de l’industrie, quelque part vous réduisez la part des salaires », ajoute le ministre qui alerte sur les conséquences d’un commerce international dominé par la Chine. Malgré un contexte défavorable, la production industrielle a connu un léger rebond de 0,8 % en septembre selon l’Insee. 

Ouverture d’un stand Shein au BHV, « plus qu’une logique économique » 

Interrogé sur l’ouverture d’un stand Shein au BHV, Sébastien Martin considère que l’essor de la fast-fashion et de son industrie s’est nourri de la dépendance industrielle des pays occidentaux par rapport à la Chine. « On voit bien que derrière il y a plus qu’une logique économique, il y a une logique presque stratégique de la part de la Chine de vouloir attaquer des pans entiers de notre économie et aussi quelque part de nos valeurs », juge Sébastien Martin. Une dépendance commerciale et industrielle que le ministre souhaite combattre, mais pas à n’importe quel prix. 

Le ministre de l’Industrie rejette la nationalisation d’ArcelorMittal 

En ce qui concerne ArcelorMittal, en grande difficulté à cause d’une « concurrence déloyale », le ministre de l’Industrie écarte l’idée d’une nationalisation de l’entreprise. Une solution proposée par La France insoumise dans le cadre de sa niche parlementaire qui sera examinée le 27 novembre à l’Assemblée nationale. Une proposition de loi communiste similaire a déjà été rejetée au Sénat le 30 octobre. « La nationalisation ne serait qu’un mode de perfusion ou de retarder un certain nombre de choses », avance Sébastien Martin. La France défend une mise en œuvre rapide du plan européen de sauvetage pour l’industrie de l’acier. Le plan prévoit notamment de rehausser les droits de douane pour l’acier à 50 % ainsi que la mise en place de quotas d’importation. 

Vers un assouplissement de l’interdiction des véhicules à moteur thermiques en 2035 

Le ministre défend également un assouplissement de certaines règles européennes pour sécuriser la filière automobile. Alors que l’Union européenne a adopté en 2023, un règlement sur l’interdiction des véhicules à moteur thermiques d’ici 2035, Sébastien Martin plaide pour un assouplissement de la législation, estimant que dans sa version actuelle, elle pourrait profiter à la filière automobile chinoise. « La France est prête à des flexibilités sur 2035. La France dit oui, à condition qu’on continue à produire ces véhicules et que ce qui est à l’intérieur de ces véhicules soit fait en Europe », affirme le ministre de l’Industrie.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le