Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.
Rédaction Public Sénat

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« C’est vraiment ma petite comédie musicale à moi », confie la grande Sophie à propos de son seule en scène. « Je raconte une histoire [avec] des lettres lues, je suis obligée de jouer mon personnage, je chante et reviens sur de nombreuses chansons que j’ai écrites, mais aussi trois nouveaux titres. »

La chanteuse fait partie de cette génération qui n’a jamais eu peur d’exprimer son originalité, à rebours de la course aux « likes » et aux « followers » qui souvent standardise les profils. Selon elle, « avec les nouveaux artistes, si une maison de disque veut les signer, il n’y a plus de coup de cœur, on va aller voir les chiffres de leurs réseaux sociaux », et ajoute, « on ne laisse pas les gens véritablement se développer, j’ai l’impression que les jeunes se disent qu’il faut arriver parfait dès le début, alors que moi j’étais totalement imparfaite et je le suis toujours. »

Les codes ? Non merci

La Grande Sophie a décroché sa première Victoire de la musique à 35 ans. « Tard » diront certains, mais selon quel critère ? L’artiste a déjoué les préjugés, elle est la preuve vivante que le talent n’a pas d’âge. « Je n’avais que 28 ans quand j’ai entendu « trop vieille ». A cette époque-là, comme j’ai choisi depuis l’enfance ce que je voulais faire, j’étais très déterminée, je voulais être chanteuse ». Chez la Grande Sophie, seule la détermination a le dernier mot.

Elle dénonce à ce propos qu’« un homme plus âgé qui passe à la TV, on dit qu’il a du charme, et pour une femme on dit, « qu’est-ce qu’elle a pris… ». Ça fait malheureusement partie des mœurs. »

Quand Françoise Hardy lui envoyait des lettres

La chanteuse a eu une relation comme nulle autre avec Françoise Hardy. Leur première rencontre n’était pas physique, mais épistolaire : « J’ai eu la chance de correspondre avec Françoise Hardy, et comme c’est une icône, quand elle m’a demandé de la rencontrer, j’étais effrayée, c’était trop pour moi. Donc je lui ai dit qu’on allait s’écrire dans un premier temps et à partir d’un moment, j’ai accepté de la rencontrer parce qu’on avait fait connaissance par lettre », explique-t-elle.

Le coup de cœur a été tel que la Grande Sophie a mis son talent d’écriture au service de l’indémodable Hardy. Elle dévoile un épisode marquant de sa vie : « J’ai écrit deux chansons pour elle, dont la dernière Le large qui est sur son dernier album. A force de la connaître, j’avais envie de parler d’un thème, mais elle l’a pris de façon plus morbide, elle l’a vu comme une fin de vie, elle pensait que c’était son dernier album. Et moi, j’ai écrit cette chanson pour prendre du recul par rapport au métier, il n’y avait pas que la mort, mais comme elle était retombée malade je comprends que ses pensées allaient plus vers quelque chose de morbide. C’était très émouvant de travailler avec elle. »

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

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