Inflation : « Entre 2 ou 3 %, ce n’est pas très grave »
Le chiffre vient de tomber : en 2021, l’inflation a progressé de 1,6 %. Un niveau pas atteint depuis 2018. Faut-il craindre une surchauffe de l’économie dans les années à venir ? C’est la question qui a été posée par la commission des finances du Sénat à quatre spécialistes.

Inflation : « Entre 2 ou 3 %, ce n’est pas très grave »

Le chiffre vient de tomber : en 2021, l’inflation a progressé de 1,6 %. Un niveau pas atteint depuis 2018. Faut-il craindre une surchauffe de l’économie dans les années à venir ? C’est la question qui a été posée par la commission des finances du Sénat à quatre spécialistes.
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Par Gaspard Flamand

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La réunion commence par le constat : effondrement du prix du pétrole avec l’émergence du covid-19, évolution du prix du gaz au niveau mondial, évolution également du prix des matières premières. « Pour les matières premières alimentaires, on est en moyenne à 50 % au-dessus de ce qu’on a connu la décennie passée », explique Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’INSEE. Et tout ceci mène à une chose : l’inflation, une hausse générale des prix.

Selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE, l’inflation en France a progressé de 1,6 % sur l’année 2021. A titre de comparaison, la progression était de 0,5 % en 2020. Et selon la note de conjoncture du même institut, la hausse générale des prix dépasserait les 2 % au cours du premier semestre 2022.

 

Une inflation sur le long terme ?

 

La commission se pose alors une question : est-ce que cela va durer ? « Quand on regarde les graphiques, il y a une vraie bosse de 2021 à 2022, note Olivier Garnier, directeur général de la statistique et des études de la banque de France. Ensuite, l’inflation reviendrait en dessous de 2 % à partir de 2023. » L’enjeu, poursuit-il, est de savoir quelle est l’ampleur et la durée de cette bosse. Pour le directeur adjoint du département d’analyse et de prévision de l’OFCE, Christophe Blot, on peut regarder du côté des États-Unis pour en avoir une idée. « Dans ce pays, le choc a démarré plus tôt. Et leur inflation sous-jacente (sur le long terme) continue d’augmenter. Le choc n’a donc pas atteint son pic, nous retrouverons potentiellement la même situation en France et dans l’UE. »

Cela veut-il dire que nous basculons vers un temps inflationniste ? « La question est fondamentale, mais il est difficile de s’engager sur ce point-là, toujours selon Christophe Blot. Je resterai prudent, un certain nombre de caractéristiques vont encore probablement à court terme pousser l’économie vers un niveau d’inflation modérée. » Une inflation qu’il estime à 2 %, voire un peu plus. « Par contre, au-dessus de 5 %, ça sera plus grave. »

 

« L’évolution est en moyenne plutôt défavorable aux ménages les plus modestes »

 

La hausse générale des prix a aussi et surtout un impact sur le porte-monnaie des gens. Et tout le monde est concerné, puisque les plus grosses augmentations se retrouvent dans les dépenses dites « contraintes », celles que l’on ne peut pas éviter. Parmi elles, on retrouve les dépenses liées à l’énergie et à l’alimentation. Si tout le monde est certes concerné, certains le sont plus que d’autres. « L’évolution est en moyenne plutôt défavorable aux ménages les plus modestes, aux personnes les plus âgées et aux habitants qui habitent en milieu rural », conclut le directeur général de l’INSEE.

» Lire aussi : Comment et à qui sera versée l’indemnité inflation ?

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