Paris:Philippe Bas release on  the results of an inquiry in the case of Benalla
Philippe Bas. Senate Law Commission rapporteurs Jean-Pierre Sueur (L), Muriel Jourda (R) and President of France's Senate Law Commission Philippe Bas (C), release on the results of an inquiry in the case of former top presidential security aide Alexandre Benalla. Paris, FRANCE-20/02/2019//JACQUESWITT_senat008/1902201359/Credit:Jacques Witt/SIPA/1902201403

[Info Public Sénat] Présidence de la commission des lois du Sénat : Philippe Bas candidat face à Muriel Jourda et Christophe-André Frassa

Le sénateur de la Manche, qui a déjà présidé la commission des lois durant près de 6 ans, est à nouveau candidat au sein du groupe LR pour occuper ce poste stratégique. Le groupe va aussi désigner, lors d’un vote interne le 15 octobre, ses candidats aux postes de 1er vice-président et de vice-présidente du Sénat.
François Vignal

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Les nombreux sénateurs nommés au gouvernement Barnier entraînent un petit jeu de chaises musicales au Sénat. Plusieurs postes à responsabilité sont laissés vacants. Et c’est par un vote interne au groupe LR, que seront départagés, le 15 octobre prochain, les impétrants.

Il faudra notamment suivre la désignation du candidat LR à la présidence de la commission des lois, qui sera le prochain président de la commission. Le sénateur LR François-Noël Buffet nommé ministre des Outre-mer, la place est libre. Et elle suscite les vocations. Un sénateur vient d’officialiser sa candidature, dans un mail envoyé à ses collègues : un certain Philippe Bas, a appris publicsenat.fr de sources parlementaires. La rumeur circulait depuis quelques jours au Palais du Luxembourg. C’est maintenant officiel.

« Cette commission va être à l’épicentre d’enjeux politiques majeurs »

Le sénateur LR de la Manche est loin d’être un inconnu. Il a déjà présidé la commission des lois de 2014 à 2020, pendant près de 6 ans. Ancien secrétaire général de l’Elysée, sous Jacques Chirac, il a marqué de son empreinte et de son style la présidence de cette commission, l’une des plus importante. Elle suit tous les sujets régaliens. C’est aussi lui qui avait dirigé la commission d’enquête sur l’affaire Benalla, à la source de tensions entre le Sénat et Emmanuel Macron, le faisant découvrir auprès du grand public.

Dans le courrier envoyé aux sénateurs LR, dont nous avons eu copie, Philippe Bas se dit candidat « au nom d’une expérience », qu’il espère « utile pour traverser la période instable et complexe qui s’est ouverte ». « Cette commission va en effet être à l’épicentre d’enjeux politiques majeurs », souligne le sénateur. Du fait de l’absence de majorité à l’Assemblée, il pense que « les solutions qui seront trouvées au Sénat constitueront le principal apport de la délibération parlementaire à la fabrique de la loi ». « Le Sénat constituera alors plus que jamais le principal pôle de stabilité de la République pour conjurer les risques de chaos », écrit encore Philippe Bas dans ce courrier.

Le groupe compte deux autres candidats, bien connus au sein de la Haute assemblée : la sénatrice LR du Morbihan, Muriel Jourda, proche sur le fond du nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Elle avait été corapporteure de la commission d’enquête Benalla. Et Christophe-André Frassa, sénateur LR des Français établis hors de France. De 2018 à 2023, il a aussi présidé la loge maçonnique parlementaire, la « fraternité parlementaire ». Quant à Francis Szpiner, sénateur LR de Paris et avocat, dont le nom avait pu être cité, il ne serait finalement pas candidat.

Un scrutin « ouvert »

Si Philippe Bas a l’avantage d’avoir déjà occupé la fonction, pour laquelle il avait été salué par ses collègues LR, le vote reste cependant « ouvert », selon des sénateurs LR. « Il est certes compétent sur le poste, mais il a déjà été servi », lâche un membre du groupe. Il faut se rappeler que le sénateur de la Manche avait été défait, lors d’un vote interne déjà, il y a un an, pour la présidence de la commission des affaires étrangères. Un vent de « renouvellement », avec une volonté de « faire tourner » les places, avait joué au sein du groupe LR.

Mais à la suite de l’arrivée de Mathieu Darnaud à la tête du groupe LR, dans des conditions qui ont fait tanguer le groupe, les « anciens » se sont rebellés. A la manœuvre, Roger Karoutchi, qui a dû retirer sa candidature face à Mathieu Darnaud. Le sénateur des Hauts-de-Seine a créé le club « Les Sages du Palais », pour peser au Sénat face au « jeunisme agressif » et dénoncer « le dégagisme exacerbé ». Il comptait déjà 35 sénateurs la semaine dernière, en à peine 24 heures…

Cédric Vial, Didier Mandelli et Alain Joyandet, candidats à la 1er vice-présidence du Sénat

D’autres places se sont libérées à la Haute assemblée. L’élection de Mathieu Darnaud pour succéder à Bruno Retailleau, nommé à l’Intérieur, laisse vacante la place de 1er vice-président du Sénat. Là aussi, un vote interne va départager les candidats pour le remplacer. Ils sont trois : le sénateur LR de Savoie, Cédric Vial, un proche de Michel Barnier, le sénateur LR de la Vendée, Didier Mandelli, et le sénateur LR de la Haute-Saône, Alain Joyandet, ancien secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy.

Nadine Bellurot et Anne Chain-Larché candidates à la vice-présidence

Il faut enfin trouver une successeure à Sophie Primas, nommée ministre déléguée au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, pour le poste vice-présidente LR qui revient à une femme. Sont en lice, la sénatrice LR de l’Indre, Nadine Bellurot, déjà candidate la dernière fois, et la sénatrice LR de la Seine-et-Marne, Anne Chain-Larché.

Il reste maintenant une semaine de campagne feutrée et discrète, avant le vote, à bulletin secret. Et difficile de se lancer dans des pronostics avec certitude. Comme nous l’expliquait un sénateur LR, « en interne, on dit que c’est l’élection où l’électeur ment plus que le candidat ».

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