[Info Public Sénat] Primaire : les nouveaux statuts de LR prévoient une clause anti Zemmour
Les nouveaux statuts des LR, soumis au vote des militants, prévoient une clause qui permettra au parti de refuser un candidat qui ne serait pas compatible avec les « valeurs de la droite et du centre ». Une précision qui permettra aux LR d’empêcher une éventuelle participation d’Eric Zemmour à une éventuelle primaire. « Il ne pourra pas participer à notre processus. Il n’y a pas l’ombre d’un débat », prévient le secrétaire général de LR, Aurélien Pradié.

[Info Public Sénat] Primaire : les nouveaux statuts de LR prévoient une clause anti Zemmour

Les nouveaux statuts des LR, soumis au vote des militants, prévoient une clause qui permettra au parti de refuser un candidat qui ne serait pas compatible avec les « valeurs de la droite et du centre ». Une précision qui permettra aux LR d’empêcher une éventuelle participation d’Eric Zemmour à une éventuelle primaire. « Il ne pourra pas participer à notre processus. Il n’y a pas l’ombre d’un débat », prévient le secrétaire général de LR, Aurélien Pradié.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Pendant que la droite essaie d’organiser le mode de désignation de son candidat, Eric Zemmour parade devant les caméras. Mais pour le polémiste, profiter de la large couverture que lui offrent les médias ne suffira pas. Alors dans son camp, on regarde du côté des LR. Comme l’écrit Le Figaro, « l’équipe d’Éric Zemmour veut s’inviter à la primaire de la droite » et rêve même d’imposer son « champion au processus de désignation du candidat de la droite et du centre », selon le quotidien.

Une modification des statuts validée par les militants samedi

L’exercice s’annonce difficile, pour ne pas dire impossible, pour le polémiste d’extrême droite. Car dans les modifications des statuts, soumises au vote des adhérents LR samedi, un nouveau paragraphe permet au parti de décider qui peut – ou ne peut pas – participer à la désignation du candidat, qu’il s’agisse d’une primaire ouverte ou d’un congrès réservé aux militants.

Le 3e alinéa de l’article 37 des statuts, que publicsenat.fr s’est procuré (voir ci-dessous), stipule qu’« une instance de contrôle, nommée par le Bureau Politique sur proposition du Président du mouvement, sera chargée de la validation du corps électoral, de la recevabilité des candidatures au regard notamment de leur compatibilité aux valeurs de la droite et du centre et de la sincérité des résultats ».

capture_statuts.jpg

Dans les deux versions des nouveaux statuts, soumis aux adhérents, le passage est identique. Ce n’est pas explicitement une clause anti Zemmour, mais c’est tout comme. « Ce n’est pas seulement pour Zemmour », corrige le secrétaire général du parti, Aurélien Pradié, « ça peut valoir pour Edouard Philippe par exemple. On est encore un peu maître de notre propre destin ».

« La fête à neuneu »

Reste que la direction du parti n’entend pas laisser planer le doute. « C’est notre famille politique qui valide elle-même le fait que les candidats appartiennent à nos valeurs et à nos convictions », prévient Aurélien Pradié. Exemple de divergences selon le député du Lot : « Eric Zemmour est favorable au rétablissement de la peine de mort, ce qui atteste qu’il n’a rien à voir avec notre famille politique et nos valeurs ». Pour ce membre de la direction des LR, la conclusion est évidente :

A partir de là, on ferme le banc, il n’y a pas de sujet. C’est inutile d’aller chercher des parrainages, car Eric Zemmour ne pourra pas participer à notre processus. Il n’y a pas l’ombre d’un débat.

Aurélien Pradié apprécie peu l’idée que l’ancien journaliste puisse s’inviter à la primaire. Et le dit avec son franc-parler : « Nous n’avons pas vocation à être le nid de tous ceux qui sont des orphelins. Les LR ne sont pas une maison d’accueil pour personnes égarées ». « Il n’y a aucune espèce de raison pour qu’il participe à notre système de départage. Et si Zemmour se cherche une famille, qu’il aille voir chez Marine Le Pen… », continue le secrétaire général, qui ne veut pas voir la primaire de la droite « devenir la fête à neuneu ». Aurélien Pradié, très en verve, conclut : « Chez nous, on ne s’invite pas. On est invité. Les LR, ce n’est pas le parti des écolos. Il y a quelques règles. Et s’ils ne l’ont pas compris, ils vont le comprendre ».

Oppositions de Christian Jacob et Gérard Larcher

Le député rappelle les prises de position de Christian Jacob, président de LR, comme du président du Sénat, Gérard Larcher, tous deux opposés à la venue d’Eric Zemmour. « Nous acceptons les candidats qui sont de notre famille politique. Je respecte Éric Zemmour, qui est un polémiste bien connu. Simplement il y a des valeurs que nous ne partageons pas. On ne peut pas tout ramener à un seul sujet : le grand remplacement. D’autres sujets se posent en matière de santé, d’alimentation, de pouvoir d’achat… » a souligné mercredi sur France Inter Christian Jacob. Fin août, sur la même antenne, Gérard Larcher était encore plus clair : « Non (il ne pourra pas participer à la primaire), car nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Et nous préparons un engagement sur les valeurs ». Il ne reste plus qu’aux adhérents à le valider samedi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mirecourt: French president Emmanuel Macron
6min

Politique

Macron veut interdire les portables au lycée : mesure qui « va dans le bon sens » ou « peine perdue » ?

Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.

Le

France Marseille vs Newcastle: Pre-Match Security Highlights
3min

Politique

« Violences policières » : la gauche du Sénat demande une commission d’enquête sur de « potentiels dysfonctionnements » au sein de l’IGPN et l’IGGN

Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.

Le

Paris : Debate session on the draft budget law for 2026
4min

Politique

Budget de la Sécu : la règle de l’entonnoir peut-elle faciliter un compromis ?

Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.

Le

Paris : session of questions to the government at the Senate
4min

Politique

Décentralisation : un rapport du Sénat remis au Premier ministre

Afin d’accompagner Sébastien Lecornu vers son engagement d’un grand acte de décentralisation, Gérard Larcher avait fait parvenir le 31 octobre la contribution du Sénat. Le document que Public Sénat a pu consulter appelle à consacrer un principe de différentiation et d’autonomie fiscale des collectivités.

Le