Paris : session of questions to the government at the Senate
Jeanne Accorsini/SIPA

[Info Public Sénat] Sébastien Lecornu reçoit lundi les présidents de groupes du socle commun du Sénat

Le premier ministre a envoyé un carton d’invitation aux cadres du Sénat. Ils sont conviés, lundi, à 17 heures, pour parler de l’agenda parlementaire. Mercredi, Gérard Larcher a annulé la conférence des présidents, en signe de protestation devant le flou du calendrier.
François Vignal

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Ça va mieux en se parlant. Alors que les relations sont pour le moins refroidies depuis des semaines entre le gouvernement et la majorité sénatoriale, voire carrément mauvaises, le premier ministre a repris langue, mercredi, avec les cadres de la Haute assemblée. Il y avait urgence. Face au flou du calendrier parlementaire, Gérard Larcher a voulu marquer le coup. Il a annulé la conférence des présidents, prévue le même jour, et l’a reportée la semaine suivante.

En octobre dernier, il avait déjà poussé un coup de gueule pendant cette réunion où est décidé l’agenda des semaines à venir, avec les textes qui seront débattus dans l’hémicycle. Mais annuler cette figure imposée de la vie parlementaire est un fait exceptionnel.

Conciliabule mercredi après les questions d’actualité au gouvernement

A défaut de conférence des présidents, un échange a cependant pu avoir lieu hier. Après les questions d’actualité au gouvernement, c’est dans le cabinet de départ, qui jouxte l’hémicycle, que le locataire de Matignon a rencontré discrètement Gérard Larcher, ainsi que les présidents de groupe de la majorité sénatoriale, Mathieu Darnaud (LR) et Hervé Marseille (Union centriste), en présence également du ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. L’occasion de « mettre les choses au point », selon Le Parisien, après des mois de tensions. C’est notamment l’épisode interminable du budget 2026 qui reste au travers de la gorge.

« Au Sénat, la majorité de droite aurait pu faire preuve de davantage de sens collectif, elle a finalement privé l’institution sénatoriale de tout rôle dans la sortie de crise », a déclaré le chef du gouvernement à Ouest France, remettant une pièce dans la machine à brouille. En réalité, depuis le départ de Bruno Retailleau du gouvernement, rien ne va plus, ou ne va vraiment, entre l’exécutif et des sénateurs qui se sentent exclus.

Priorités de chacun

Signe supplémentaire de bonne volonté, Sébastien Lecornu reçoit lundi 16 février, à 17 heures, les présidents de groupes du socle commun du Sénat, ainsi que Gérard Larcher, a appris publicsenat.fr de sources parlementaires. Le premier ministre a déjà vu lundi dernier les députés. Sont donc attendus à Matignon Mathieu Darnaud, président du groupe LR, Hervé Marseille, président du groupe Union centriste, François Patriat, président du groupe RDPI (Renaissance) et Claude Malhuret, qui dirige le groupe Les Indépendants (à majorité Horizons).

Au programme : l’agenda parlementaire, on y revient. La réunion permettra à chacun d’exprimer « ses textes prioritaires », et au premier ministre d’arbitrer sur les textes à venir, en vue de la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, qui aura lieu le lendemain, le mardi 17 février, puis celle du Sénat, qui aura cette fois bien lieu, le mercredi 18 février.

Décentralisation, fin de vie

Dans son entretien à Ouest France, dimanche dernier, Sébastien Lecornu a déjà donné des éléments d’agenda : l’actualisation annoncée de la loi de programmation miliaire « arrivera à l’Assemblée nationale dès avril pour être adoptée avant le discours aux Armées du président de la République, le 13 juillet », a-t-il précisé. Sur la décentralisation, ce sont « plusieurs textes » qui sont à venir. « Le premier portera sur la vie des collectivités locales, avec une cinquantaine de mesures de simplification et de clarification : il sera présenté avant les municipales. Un second texte – le plus important – sur la réforme de l’État, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences suivra », explique Sébastien Lecornu, suivi d’un troisième texte « sur la simplification du mille feuilles de la Métropole du Grand Paris ».

Le texte agriculture bien sûr est attendu, avec une loi d’urgence à venir. D’autres textes, dont le processus parlementaire est en cours, sont toujours dans la bannette de l’Eurois, comme le texte sur la fin de vie. Après un retour devant les députés, il pourrait revenir devant le Sénat la semaine du 23 mars, selon une source parlementaire. Quant aux conclusions de la commission mixte paritaire sur le texte simplification, qui prévoit la suppression des zones à faible émission, son sort est en suspens. Il dépend de la recherche d’un compromis sur cette question sensible des ZFE.

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