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[Info Public Sénat] Sénatoriales 2023 : Pierre Charon va lancer sa propre liste dissidente à Paris

Le sénateur LR de Paris, Pierre Charon, n’a pas été retenu sur la liste officielle pour les sénatoriales du 24 septembre. Il compte présenter sa propre liste dissidente, comme il l’a déjà fait en 2011. La droite part divisée avec quatre listes qui s’annoncent dans la capitale.
François Vignal

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Il devrait y avoir pas moins de quatre listes de droite aux sénatoriales à Paris. Ce matin, avait lieu une commission nationale d’investiture (CNI) des LR consacrée notamment aux sénatoriales dans la capitale. Si la réunion a eu lieu si tardivement, ce 4 juillet, c’est en raison de divisions sur la composition de la liste. Elles durent depuis des semaines, pour ne pas dire des mois.

« On venait assister au combat de gladiateurs »

Lors de ce cénacle, une seule liste a été soumise au vote. Celle menée par la sortante Catherine Dumas, avec en seconde place le maire du XVIe arrondissement de Paris, Francis Szpiner, qui avait soutenu lors de la bataille pour la présidence des LR Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat, suivi de Marie-Claire Carrère-Gée, élue du XIVe, puis de Jean-Baptiste Olivier, conseiller de Paris du XIIIe.

Aucune autre liste n’a été soumise au vote. Les membres de la CNI n’ont donc pas eu, ni pu se prononcer sur une liste où l’autre sortant, le sénateur LR Pierre Charon, aurait occupé la place de numéro 2, qu’il revendiquait. « La salle était pleine, on venait assister au combat de gladiateurs entre Charon et Szpiner. En réalité, ça a été daubé », autrement dit, plié d’avance, résume un participant. « Ils ont habillement présenté les choses. Ils n’ont pas dit qu’il y avait deux listes possibles », raconte un membre de la CNI. Histoire de ne pas laisser d’autre issue au vote ? « C’était fait de telle manière, oui ». Résultat, la liste unique proposée a largement été validée, à bulletin secret, par 42 voix contre 13. La quatrième place avait été proposée un temps à ce fidèle de Nicolas Sarkozy. Mais impossible d’accepter ce rang pour lui, alors que la tradition du parti est d’investir les sortants, en bonne place normalement. Il n’y a pas non plus double investiture, avec deux listes estampillées LR, comme cela s’est déjà vu dans d’autres départements. C’est d’ailleurs le cas cette année en Essonne, avec Laure Darcos et Jean-Raymond Hugonet.

« Il faut mettre des gens qui ramènent des voix »

Ce qui complique le jeu pour Pierre Charon, c’est qu’il n’est plus conseiller de Paris. C’est l’argument qui est invoqué par les partisans de la liste. « Il n’a plus de soutien et comme Paris, c’est très particulier… » note un membre de la CNI, qui ajoute que « personne ne dit que Pierre Charon n’a pas bossé au Sénat. Mais si on veut faire trois sénateurs, il faut mettre des gens qui ramènent des voix ». Une lecture que conteste l’entourage de Pierre Charon, qui souligne que Francis Szpiner n’est pas forcément apprécié de tous.

Même argument de la part de la tête de liste. « Ce sont des conseillers de Paris, avec des grands électeurs du XVIe et du XVIIe et des arrondissements de conquête, dans l’optique des municipales de 2026. C’est ça qui est important dans la démarche », souligne Catherine Dumas. « Il y avait une vraie volonté du Sénat, et c’était réaffirmé par le président du Sénat, Gérard Larcher, et le président du groupe LR, Bruno Retailleau, que la liste qu’ils avaient pressentie soit investie sans changement », explique Catherine Dumas, qui insiste sur le fait que c’était « la liste présentée par Rachida Dati », leader de l’opposition de droite à la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. La sénatrice LR compte envoyer au moins trois élus au Palais du Luxembourg. « Mathématiquement, j’ai ce qu’il faut pour faire trois sièges. Et mon espoir, c’est de faire le quatrième. Il y aura un siège que se balade et je veux l’attraper », soutient Catherine Dumas.

Autre explication apportée par un membre de la CNI pour comprendre l’absence du sortant sur la liste : « La haine entre Dati et Charon ». Une vision que d’autres contestent, voyant uniquement les conséquences de son absence du Conseil de Paris.

« Il a la ferme intention de ne pas se laisser faire »

Cette décision de la CNI risque de ne pas être sans conséquence. Elle laisse un goût « amer » à ce fidèle sarkozyste. Dans ces conditions, Pierre Charon a décidé de lancer sa propre liste dissidente, a appris publicsenat.fr. « Il a la ferme intention de ne pas se laisser faire », confie un proche. Il compte monter une liste dans l’optique d’élargir le spectre et trouver des « voix au-delà des LR ». « Ce sera une liste un peu open bar », sourit un membre de la CNI. Son nom : « Libérons Paris ». Le sénateur en a fait l’annonce dans un courrier envoyé aux conseillers de Paris ce mardi, dont publicsenat.fr a obtenu copie. « Une coterie a été organisée pour imposer à ma place un candidat dont les exploits électoraux sont plus que discutables avec cinq échecs aux élections législatives et notamment dans la circonscription de Claude Goasguen détenue par la droite depuis 1958 : nous n’avons plus aucun député LR à Paris ! » écrit dans cette lettre le sénateur, au sujet de Francis Szpiner…

« En raison de la structure même du collège électoral et de son mode de scrutin, la liberté de choix des grands électeurs est entière : chacun doit se déterminer en toute indépendance et s’affranchir des tutelles ! » ajoute encore le sénateur de Paris. Regardez un extrait du courrier :

lettre Charon ok 3

Pierre Charon entend aller chercher aussi des voix macronistes

S’il se revendique de la majorité sénatoriale, Pierre Charon entend aller chercher aussi des voix macronistes… Une idée qui rejoint l’hypothèse que nous évoquions le 20 juin. « Il est plutôt bien vu du côté du Château (l’Elysée, ndlr) et du président de la République lui-même, avec qui il a de bonnes relations », nous expliquait un macroniste.

« Des gens de chez Macron, de chez Philippe ou de chez Bayrou vont constater qu’il fait une offre supplémentaire », souligne un soutien. De quoi peut-être aller chercher les voix des 13 conseillers de Paris – et des délégués qu’ils ont désignés – nombre nécessaire pour faire son siège. Un élargissement qui pourrait aussi, in fine, faire le jeu de Rachida Dati, dans l’optique des municipales de 2026. Pour la leader des LR à Paris, l’espoir d’une victoire passe par une ouverture. Reste que pour l’heure, la perspective n’enchante pas, bien sûr, Catherine Dumas. « Je ne le souhaite pas. Cela ferait perdre des sièges et il ne fera jamais un siège. Si cela avait été possible, il aurait fait une liste de grands électeurs, le 9 juin (comme Agnès Evren, ndlr). Ce qu’il n’a pas fait », réagit la sénatrice LR de Paris. qui pense, ou espère, que « jusque fin août, beaucoup de choses bougeront ».

Une quatrième liste de droite avec Céline Boulay-Espéronnier

Le nombre de candidats à droite s’allonge. Car outre la très probable liste d’Agnès Evren, qui devait figurer sur la liste officielle dans sa première mouture, avant d’en être éjectée, il faudra compter aussi sur celle de Céline Boulay-Espéronnier, autre sénatrice LR sortante de Paris. Elue il y a 6 ans derrière la liste dissidente de Philippe Dominati, elle compte aussi se lancer. « Je ferai ma liste. On a besoin de renouveau à Paris », annonce la sénatrice à publicsenat.fr, qui défend une ligne « majorité sénatoriale » avec « un positionnement plus divers droite, avec une vraie gestion de droite à Paris, peut-être un peu en marge des partis ». Si rien ne bouge d’ici le dépôt des listes, début septembre, la droite parisienne part donc à nouveau divisée pour les sénatoriales. Ce n’est pas une première. S’il était tête de liste officielle en 2017, Pierre Charon avait déjà été élu comme dissident en 2011… comme Catherine Dumas, en 2017.

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