Inquiétudes autour de la baisse du budget consacré aux droits des femmes
Plusieurs associations ainsi que l'ancienne ministre Laurence Rossignol s'inquiètent lundi des restrictions budgétaires qui...

Inquiétudes autour de la baisse du budget consacré aux droits des femmes

Plusieurs associations ainsi que l'ancienne ministre Laurence Rossignol s'inquiètent lundi des restrictions budgétaires qui...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Plusieurs associations ainsi que l'ancienne ministre Laurence Rossignol s'inquiètent lundi des restrictions budgétaires qui pourraient toucher le secrétariat d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, craignant un impact sur la prévention des violences et l'accompagnement des victimes.

Ce week-end, le Journal du Dimanche a fait état de la "colère" d'associations, restées anonymes, récemment informées d'une possible réduction d'environ 25% des subventions allouées à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Ce chiffre n'a "aucun fondement", a rétorqué la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, convenant néanmoins dans une réponse adressée lundi à l'AFP d'"économies nécessaires, réalisées en priorité sur les frais de fonctionnement du ministère".

"La consigne nationale c'est de faire des économies, mais quand on voit la maigreur absolue du budget consacré aux droits des femmes, on craint forcément pour notre travail", déclare à l'AFP Emmanuelle Piet, présidente du Collectif français contre le viol (CFCV). "On a déjà le plus petit budget de l'Etat. Nous enlever un peu, c'est nous enlever beaucoup".

"On ne peut pas réduire le budget sans impacter les associations de terrain", estime Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, craignant des licenciements et des fermetures de petites structures, notamment locales.

Au secrétariat d’État, où les arbitrages sont encore en cours, on se veut rassurant. "Les associations dont l'objet est l'accueil de femmes victimes de violences sexistes et sexuelles ne verront aucune baisse de subvention du ministère", assure Mme Schiappa.

Néanmoins, il n'y aura plus de reconduction automatique de subventions et deux critères seront étudiés avant une attribution : "les actions menées font-elles partie des priorités des missions du ministère ? Ces actions sont-elles effectives et efficaces ?", précise-t-elle.

Le budget dédié à l'égalité femmes-hommes représente 0,05% du budget de l'État, soit quelque 27 millions d'euros en 2016.

"Plus des deux-tiers de ces crédits sont affectés aux associations", rappelle lundi Laurence Rossignol, ancienne ministre chargée des Droits des femmes, dans une lettre adressée au Premier ministre, Edouard Philippe, et à Mme Schiappa.

"Sans elles, les femmes victimes de violence ne sont plus protégées, l'accès à la contraception et l'IVG n'est plus garanti, le système prostitutionnel prospère", défend la sénatrice de l'Oise, demandant "solennellement d'épargner le budget du secrétariat d'Etat".

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
5min

Politique

Ingérences électorales : faut-il sanctionner les réseaux sociaux ? 

Après trois opérations de désinformation en quelques jours ciblant des candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu a rappelé que la lutte contre les ingérences était une priorité. La gauche appelle le gouvernement à en faire plus et à sanctionner les réseaux sociaux participant à la diffusion.

Le

Train retardé : les sénateurs créent une garantie de correspondance, en cas de trajet opéré par plusieurs compagnies
6min

Politique

Harmonisation des titres, garantie de correspondance, ouverture de SNCF Connect : les propositions des sénateurs pour faciliter les trajets en train

Les sénateurs ont rendu public, ce mercredi, leurs propositions pour harmoniser les tarifs et conditions d’achats des billets sur le réseau de trains, alors que les opérateurs sont toujours plus nombreux avec l’ouverture à la concurrence. Des propositions que les rapporteurs ont bon espoir de voir reprises par les députés dans le projet de loi-cadre.

Le