Institutions : Retailleau et Marseille demandent des « garanties » pour soutenir la réforme
Dans une tribune, Bruno Retailleau et Hervé Marseille, présidents des groupes LR et UC du Sénat, affirment que « le Sénat tend la main » sur la réforme institutionnelle, « puisse le gouvernement la saisir sans chercher à nous tordre le bras ».

Institutions : Retailleau et Marseille demandent des « garanties » pour soutenir la réforme

Dans une tribune, Bruno Retailleau et Hervé Marseille, présidents des groupes LR et UC du Sénat, affirment que « le Sénat tend la main » sur la réforme institutionnelle, « puisse le gouvernement la saisir sans chercher à nous tordre le bras ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mieux vaut le dire deux fois qu’une. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Bruno Retailleau et Hervé Marseille, présidents des groupes LR et Union centriste du Sénat, soit la majorité sénatoriale, rappellent à Emmanuel Macron leurs exigences en vue de la réforme institutionnelle. Comme depuis le début, les sénateurs se montrent ouverts à la réforme, mais fixent leurs conditions.

« Faire une véritable réforme constitutionnelle plutôt que de défaire l’équilibre sur lequel repose notre Constitution »

Il s’agit de « faire une véritable réforme constitutionnelle plutôt que de défaire l’équilibre sur lequel repose notre Constitution. Il est encore temps. Le Sénat tend la main. Puisse le gouvernement la saisir sans chercher à nous tordre le bras » demande Bruno Retailleau et Hervé Marseille.

Les sénateurs de Vendée et des Hauts-de-Seine en profitent pour tenter de tordre le cou à l’image du Sénat qui dirait « non » à toute réforme. « Si tel était le cas, comment alors expliquer que depuis le début du quinquennat, plus de 75 % des textes ayant été soumis à la Haute Assemblée par le gouvernement aient été adoptés par la majorité sénatoriale ? » demandent-ils. « Nous avons nos convictions. Lorsqu’elles s’accordent avec les décisions du gouvernement, comme sur les ordonnances travail ou la réforme ferroviaire, nous le soutenons. (…) Lorsque le chemin proposé ne nous semble pas emprunter la bonne direction, nous le disons ». Une attitude que les sénateurs s’appliquent sur la réforme institutionnelle.

« Nous sommes ouverts et favorables à une modification de la Constitution »

Globalement, « nous sommes ouverts et favorables à une modification de la Constitution » et « nous ne nous opposons ni à la réduction du nombre de députés et de sénateurs, ni à la limitation dans le temps de leurs mandats » soulignent Bruno Retailleau et Hervé Marseille, réécrivant au passage un peu l’histoire. Les sénateurs LR et Gérard Larcher avaient, dans un premier temps, fait du non-cumul dans le temps une de leur ligne rouge non négociable. Avant de lâcher sur ce point, sous l’influence notamment de Bruno Retailleau, qui n’en faisait pas un point de blocage.

Les présidents de groupes mettent aujourd’hui en avant deux points, deux « garanties ». « La première est territoriale ». Sur ce point, les sénateurs n’ont pas varié. Ils demandent au moins un sénateur par département – ce qu’ils ont obtenu – mais ils mettent aussi en garde contre le « déséquilibre » entre territoires ruraux et urbains, qui pourraient avoir « près de 10 fois » plus de sénateurs. « Le Sénat doit rester le représentant de tous les territoires et ne pas devenir une assemblée des métropoles » mettent-ils en garde. La deuxième garantie «  est démocratique ». « Ce projet préfère la mise en sourdine du Parlement » au profit de l’exécutif. De quoi donner des devoirs de vacances à l’exécutif et nourrir les débats. Au Sénat, ils ne viendront pas avant la rentrée de septembre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le