Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance
Une première analyse des résultats des élections au sein des intercommunalités montre la persistance de l’ordre ancien, marqué par un fort clivage droite gauche.

Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance

Une première analyse des résultats des élections au sein des intercommunalités montre la persistance de l’ordre ancien, marqué par un fort clivage droite gauche.
Public Sénat

Par Hugo Lemonier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

On le croyait mort, mais il bouge encore. L’ordre ancien a fait son grand retour à l’occasion des élections intercommunales : « La carte politique est marquée par une grande stabilité au plan local », remarque Nicolas Portier, délégué général de l’Assemblée des communautés de France (AdCF). « On retrouve la force de l’ancrage des formations traditionnelles. »

Selon l’AdCF, « 59,7 % des présidents d’intercommunalités ont été réélus dans les 268 principales structures existantes ». Premier enseignement : la droite apparaît comme la grande gagnante dans les intercommunalités. Après renouvellement, elle en détient 56,7 %, contre 32,5 % pour la gauche.

Malgré la perte d’importants fiefs comme Bordeaux, la droite s’est maintenue aux municipales dans plus de 50 % des villes de plus de 9 000 habitants. Elle remporte même la présidence de Metz Métropole, avec à sa tête l’ex-sénateur LR François Grosdidier.

Le retour de la gauche

Quant à la gauche, claudicante au sortir des présidentielles, elle conserve ses bastions et opère même un retour dans les grandes métropoles : « On a vu les scores élevés de Nathalie Appéré à Rennes, Johanna Rolland à Nantes… », cite Nicolas Portier. « Parfois, il y a eu des alliances dès le premier tour avec les écologistes, mais on a vu globalement une grande résistance des socialistes ». Une tendance qui se retrouve lors du « troisième tour » des intercommunalités dans des villes comme Dijon, où François Rebsamen se maintient à la présidence de la métropole.

« Même quand il y a eu un changement de génération, comme à Rouen, on a vu une belle résistance de la gauche, sociale ou sociale-écologiste, qui se réaffirme dans un certain nombre de grandes villes », estime le délégué général de l’AdCF.

Reste tout de même l’incroyable percée écologiste dans les grandes métropoles, comme Bordeaux, Strasbourg et Tours. « Mais dans ces trois villes, les trois maires doivent cohabiter avec le maire d’une commune voisine n’appartenant pas à EELV », note l’AdCF. Pierre Hurmic, à Bordeaux, a ainsi soutenu le maire PS de Mérignac Alain Anziani, obtenant en échange la première vice-présidence.

Les verts trébuchent face les barons locaux

Mais à Marseille et Grenoble, les verts ont dû faire face à l’opposition des villes alentour. Battue par Michèle Rubirola, Martine Vassal a pu conserver la présidence de la Métropole d’Aix-Marseille, grâce au soutien des autres maires de l’intercommunalité.

Cette lecture très politique des élections intermédiaires est limitée aux grandes villes, tempère Nicolas Portier : « L’affichage des étiquettes partisanes a été extrêmement discret : les listes étaient souvent composites et cela nous a demandé un travail assez difficile d’identification. » Mais, l’absence de LREM des conseils municipaux promet cependant une cuisante défaite de la majorité présidentielle aux sénatoriales.

Côté parité, l'ancien monde a, là aussi, la vie dure. Seulement 8% des présidences étaient occupées par des femmes. 13% des communautés de communes sont aujourd'hui présidées par des femmes. Une toute, toute petite avancée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

Intercommunalités : l’ancien monde fait de la résistance
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

Documentaire De Gaulle, histoire d’un géant de Jean-Pierre Cottet
4min

Politique

Comment de Gaulle a construit l’image de la France dans le monde

États-Unis, Allemagne mais aussi Sénégal quand le monde apprend la démission du président de Gaulle en avril 1969, c’est une onde de choc politique. Celui qui était au pouvoir depuis 1958 avait en effet tissé des liens avec le monde entier. Construction d’une politique européenne pour se préserver notamment de l’influence de l’Amérique, décolonisation… Charles de Gaulle avait imprimé sa marque, ses opinions en matière de politique étrangère, laissant ainsi son héritage. C’est l’un des chapitres que nous propose de feuilleter le réalisateur Jean-Pierre Cottet dans le documentaire De Gaulle, histoire d’un géant diffusé sur Public Sénat.

Le