Intérim médical : « Certains professionnels sont devenus de véritables mercenaires de la Santé », dénonce une sénatrice
Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la sénatrice socialiste, Annie Le Houerou a interpellé le ministre de la Santé et de la Prévention sur les dérives de l’intérim médical.

Intérim médical : « Certains professionnels sont devenus de véritables mercenaires de la Santé », dénonce une sénatrice

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la sénatrice socialiste, Annie Le Houerou a interpellé le ministre de la Santé et de la Prévention sur les dérives de l’intérim médical.
Simon Barbarit

Par Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

La loi Rist adoptée en 2021 et dont l’application a été plusieurs fois repoussée vise, notamment, à encadrer les tarifs de l’intérim médical à 11 670 euros brut pour une mission de 24 heures. En attendant, « certains professionnels sont devenus de véritables mercenaires de la Santé. Ils font monter les enchères hebdomadaires du marché de l’intérim à 2000 à 3 000 euros par jour, voire plus sur certaines périodes tendues. En comparaison un jeune praticien à l’hôpital perçoit un salaire mensuel d’environ 4 500 euros », a dénoncé la sénatrice socialiste, Annie Le Houerou, lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

La loi Rist devrait entrer en application au 1er avril, la sénatrice des Côtes-d’Armor est alertée par les praticiens hospitaliers « qui peinent à boucler les plannings faute d’intérimaire acceptant les nouveaux tarifs », a-t-elle alerté s’inquiétant la fermeture de lits. « Avez-vous envisagé la réquisition de ceux qui profitent du système ? […] Les patients ne doivent pas être les victimes collatérales de cette guerre de tranchée entre le ministère et ses mercenaires »

François Braun a souligné que ces dérives étaient « une minorité ». « 359 millions d’euros, c’est le coût de l’intérim médical pour 2021, ça va même jusqu’à 5 000 euros pour 24 heures », a-t-il toutefois reconnu dénonçant « un outil à détruire les équipes hospitalières ».

Le ministre de la Santé et de la Prévention a rappelé que des concertations locales animées par les ARS avaient commencé depuis un mois « pour construire des solutions avec les professionnels de santé du territoire ». « J’en appelle également aux cliniques privées qui se sont engagées à suivre cette pratique de rémunération raisonnée ». « Aucun territoire ne restera sans solution », a-t-il assuré.

Partager cet article

Dans la même thématique

Intérim médical : « Certains professionnels sont devenus de véritables mercenaires de la Santé », dénonce une sénatrice
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le