Vraie inquiétude ou tempête dans un verre d'eau? A trois mois des municipales, la stratégie des Républicains (LR) interroge en interne, où...
Interrogations chez LR autour de la stratégie pour les municipales
Vraie inquiétude ou tempête dans un verre d'eau? A trois mois des municipales, la stratégie des Républicains (LR) interroge en interne, où...
Par Claire GALLEN
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Vraie inquiétude ou tempête dans un verre d'eau? A trois mois des municipales, la stratégie des Républicains (LR) interroge en interne, où certains dans l'aile conservatrice redoutent une "satellisation" vis-à-vis de LREM, même si le président Christian Jacob réfute tout problème de ligne.
La semaine dernière, une dizaine de membres du bureau politique ont écrit à M. Jacob pour lui demander de "dissiper les ambiguïtés" sur la stratégie, en s'inquiétant de "signaux contradictoires" et "contreproductifs pour l'image" des Républicains.
Au centre de leurs inquiétudes, la désignation de "chefs de file" dans plusieurs villes (Angers, Rouen, Amiens...) chargés selon eux de négocier, à l'approche des municipales de mars, des "alliances locales avec les candidats investis par le parti présidentiel".
Au delà des municipales, ces ententes pourraient selon eux en annoncer d'autres, aux départementales puis aux régionales. "Quelle crédibilité aurons-nous alors aux yeux des Français pour incarner une réelle alternance (...) en 2022?", interrogent ces représentants de l'aile droite de LR alors que le parti, en crise historique, cherche à redevenir audible.
Dans ce contexte, ils demandent un "bureau politique spécial" pour "débattre et trancher de notre stratégie électorale".
A la direction du parti, on dédramatise. "C'est une tempête dans un verre d'eau", "beaucoup de bruit pour rien", s'agace Christian Jacob, qui s'interroge sur cette lettre "envoyée à la presse entière" alors que "la ligne est complètement tranchée".
Le président des Républicains veut pour preuve de cette unité que "la plupart des décisions d'investiture sont prises à l'unanimité", et "toujours en nous appuyant sur les fédérations départementales".
- "Brouillage" -
"On a une ligne très claire: on ne soutient aucun maire En marche!, pas plus qu'on n'a soutenu le Rassemblement national", résume M. Jacob.
Christian Jacob au meeting LR de Belfort le 19 septembre 2019
AFP
Pour les municipales, une petite douzaine de candidats ont pourtant reçu un double soutien LR/LREM : à Toulouse, Chelles, Rueil-Malmaison... il s'agit souvent de maires sortants, et depuis des semaines, LR s'irrite de cette "stratégie du brouillage" de LREM qui se range derrière des vainqueurs potentiels là où il est "absolument incapable de constituer des équipes".
Mais pour les signataires de la lettre, le discours reste "hésitant" à l'égard de LREM, et contraste avec celui, "très ferme", réservé aux "adhérents qui plaident pour des stratégies inversées".
Une allusion à l'exclusion, le 11 décembre, du jeune militant Erik Tegnér, proche de Marion Maréchal et partisan de l'"union des droites" avec l'extrême droite.
Chez LR, on conteste l'idée d'un deux poids-deux mesures: "La ligne est la même" et "quand des maires de chez nous ont parlé à En marche!, on a mis un candidat LR contre lui", ajoute M. Jacob, en donnant les exemples d'Orléans, Vesoul, Melun...
Mais pour M. Tegnér, qui s'est vu demander s'il voterait pour une éventuelle candidature de François Baroin en 2022 lors de son audition, "la frange conservatrice du parti n'a plus de poids".
Combien pèse cette frange ? En octobre, 63% des adhérents avaient voté pour Christian Jacob, 16% pour Guillaume Larrivé (qui aujourd'hui "ne veut pas alimenter la machine à querelles") et 21% pour Julien Aubert, l'un des signataires de la lettre, qui sera reçu mercredi matin par M. Jacob.
Même si tous, dans cette aile conservatrice, ne souhaitent pas un rapprochement avec l'extrême droite, la question se pose, notamment dans le Sud. Après Béziers en 2014, une nouvelle liste d'union des droites à été lancée à Sète, emmenée par l'ancien patron des Républicains de l'Hérault, Sébastien Pacull.
En face, LR a choisi François Commeinhes, soutenu par LREM.
La question de l'union des droites, pour un parti qui voit ses thématiques préemptées par LREM, plane en fait depuis des mois: en juin, un dîner organisé par Mme Maréchal avec plusieurs élus LR après la débâcle des européennes (8,5% des voix) avait déjà semé la zizanie.
Trois des convives - le sénateur du Val-d'Oise Sébastien Meurant, le député de l'Ain Xavier Breton et le conseiller régional des Pays de la Loire Sébastien Pilard - figurent aussi parmi les signataires de la lettre à M. Jacob.
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