Après la mort du Guide suprême Ali Khamenei, pour l’activiste Mona Jafarian, c’est l’espoir d’un peuple entier qui renaît. Pour elle, l’intervention israélo-américaine résonne comme « un moment historique de l’histoire de l’Iran » et celle qui est resté en contact permanent avec des iraniens rapporte des scènes de liesses ayant eu lieu le 28 février, date des premières frappes américaines. « Après ce qu’ils ont vécu ils n’y croyaient presque plus à ce qui est en train d’arriver […] il y a eu des effusions de joie » explique-t-elle.
Si le régime semble se maintenir après une semaine de frappes, la militante franco-iranienne assure qu’« il n’y aura aucune marche arrière possible (…) On n’est pas seulement en train d’assister à une révolution sur le terrain mais aussi une révolution culturelle. »
L’équation de l’armée iranienne
Depuis plusieurs décennies, le régime théocratique a verrouillé les institutions du pays pour empêcher toute contestation. Et en premier lieu l’armée, qui à la fois protège la dictature mais qui selon Mona Jafarian, pourrait aussi participer à la renverser : « On a un facteur dans cette équation, c’est l’armée régulière iranienne qui est très différente des Gardiens de la Révolution islamique, qui est composée majoritairement de jeunes. Et ces jeunes qui manifestent la nuit, sont ceux qui enfilent l’uniforme et qui vont dans les casernes la journée. Donc les Iraniens misent aussi sur cette aide de l’armée régulière et sur les défections au sein même du régime. »
La défaillance du droit international
Si les premières frappes commanditées par Donald Trump ont violé les principes du droit international, ce recours à la force en dehors de la légalité était une option devenue nécessaire pour l’écrivaine franco-iranienne : « On a des dizaines de milliers de jeunes dans les geôles aujourd’hui, des milliers qui risquent d’être pendus dont des enfants. Qu’est-ce qu’on fait en tant qu’iranien ? On attend que le droit international se réveille ? Combien de centaines de milliers d’iraniens devront mourir sur le chemin de la liberté avant que l’Occident [intervienne] ? » et d’ajouter, « on l’a fait pour le Kosovo et sans l’ONU, à l‘intérieur de l’OTAN. »
Elle précise toutefois qu’il ne convient en rien de qualifier Donald Trump de « grand humaniste » ni défenseur « des droits des femmes et des minorités, mais en l’occurrence, il est le président américain qui a décidé d’y aller et c’est tout ce que retiennent les Iraniens ». Elle est désormais convaincue que « la population iranienne ne reculera pas. »
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