Intervention militaire en Syrie :  revivez le débat au Sénat

Intervention militaire en Syrie : revivez le débat au Sénat

Conformément à l’article 35 de la Constitution, trois jours après la participation de la France à des frappes militaires sur la Syrie, un débat sans vote avait lieu conjointement à l’Assemblée nationale et au Sénat. « Nous avons envoyé un message clair, message ferme, un message fort » a indiqué Jean-Yves Le Drian devant la Haute assemblée.
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Jean-Yves Le Drian: « Nous avons ainsi envoyé un message clair, un message ferme, un message fort »

Pendant qu’Édouard Philippe présentait devant les députés la décision du gouvernement de faire intervenir les forces armées en Syrie, au Sénat, c’est Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères qui s’est prêté à cet exercice durant plus d’un quart d’heure.   

« Cette opération a été un succès. Nous avons détruit les trois sites visés : un site de recherche dans la banlieue de Damas, un site d’assemblage et un site de stockage chimique », s’est félicité Jean-Yves Le Drian avant de rappeler le cadre de l’intervention militaire, menée conjointement par les États-Unis, la Grande Bretagne et la France. « Notre ennemi n’est pas la Syrie. Nous ne sommes pas entrés en guerre contre la Syrie ou contre le régime de Bachar Al-Assad. Notre ennemi, c’est Daech. »

En réponse « à la ligne rouge » franchie le 7 avril par Bachar Al-Assad, soupçonné d’avoir attaqué au gaz chimique la ville de Douma dans la Ghouta orientale le 7 avril dernier, le ministre a rappelé l’interdiction de l’emploi des armes chimiques dans les opérations de guerre depuis un protocole de 1925 ratifiée par la Syrie en 1968. Les renseignements « collectés par nos services et par nos alliés démontrent la responsabilité des forces armées syrienne dans cette opération », a-t-il assuré évoquant une stratégie de « terreur délibérée et répétée ».

En ce qui concerne l’absence de multilatéralisme de ces frappes occidentales, Jean-Yves Le Drian a déploré  « l’attitude d’obstruction d’un État qui n’a pas permis à cette démarche collective d’aboutir ». « La Russie a posé 12 vétos sur le dossier syrien dont 6 sur le seul aspect chimique ».

« Nous avons pris nos responsabilités » (….) « Notre riposte était amplement justifiée dans ses causes. Dans ses modalités, elle a été soigneusement proportionnée (...) Nous avons ainsi envoyé un message clair, un message ferme, un message fort » a-t-il assuré.

 

« Nous vous soutenons dans cette initiative », déclare le président du groupe RDSE

« Nous vous soutenons dans cette initiative », déclare le président du groupe RDSE
08:28

Premier des présidents de groupe à s’exprimer, le chef de file du RDSE (à majorité radicale), Jean-Claude Requier, a repris les mots de Jean-Yves Le Drian, considérant qu’une « ligne rouge » avait été franchie.

« Nous savons dans ces circonstances que l’unité républicaine revêt toujours son importance », a insisté le sénateur du Lot. « Le RDSE a toujours soutenu chacune de ces dernières interventions militaires françaises extérieures […] Aujourd’hui, c’est dans le même état d’esprit que nous vous soutenons dans cette initiative. »

Pour Jean-Claude Requier, les frappes françaises dans la nuit du 13 au 14 avril, rendues « inévitables » par l’attitude de Damas, se justifient à la fois par des raisons humanitaires, le droit international, et aussi un « intérêt stratégique ».

L’intervention était légitime, selon lui. « Lorsque trois membres permanents sur cinq du Conseil de sécurité prennent une décision, celle-ci revêt un poids certain. »

« Le RDSE est attaché à ce que la suite se déroule dans le cadre des préconisations de l’ONU et nous nous réjouissons de l’initiative française pour remettre au premier plan une action diplomatique en faveur de la paix », a conclu Jean-Claude Requier, annonçant qu’il fallait « contraindre Bachar al-Assad » à « accepter des concessions » mais aussi « apaiser les tensions » entre les puissances extérieures intervenant en Syrie.

 

« Les réserves et les doutes » de Bruno Retailleau

Intervention militaire en Syrie: « Les réserves et les doutes » de Bruno Retailleau
10:55

À la tribune, le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau a commencé son propos par une clarification. « De quoi devons nous débattre ? Certainement pas du régime de Bachar Al-Assad ? Sur l’ensemble de ces rangs, j’espère que chacun est convaincu du caractère sanguinaire, dictatorial du régime de Damas (…) Devons nous débattre de l’usage des armes chimiques ? Pas plus ».

Pour Bruno Retailleau, il ne faudrait surtout pas réduire « la complexité » du débat sur le recours à la force « à une forme d’opposition simplifiée : d’un côté les pros Bachar, de l’autre, les anti Bachar (…) d’un côté les sans peur, d’un autre, les sans-cœur. M. le ministre, c’est au creux de cette complexité que je veux exprimer un certain nombre de réserves qui sont des doutes bien sûr ».

« Pensez-vous qu’ajouter la guerre à la guerre puisse faire avancer la paix ? » a interrogé le patron des sénateurs LR avant de rappeler que le 7 mai 2017, Donald Trump avait déjà eu recours à l’usage de la force contre le régime de Damas. « Quels résultats ? ».

« Est-ce que ces frappes vont nourrir la rhétorique des terroristes » s’est-il également inquiété.

Enfin, Bruno Retailleau s’est alarmé « du risque de voir le rôle de la France s’effacer » (…) dilué dans le fracas des tweets déconcertants de M. Trump ». « La voix de la France n’est forte que lorsqu’elle est singulière » a-t-il martelé.

 

« Que fallait-il faire d’autre », demande François Patriat (LREM)

« Que fallait-il faire d’autre », demande François Patriat (LREM)
08:31

« Cette décision du chef de l’État et de nos alliés nous apparaît justifiée et témoigne d’une constante de notre position dans la région », a déclaré le président du groupe La République en marche, François Patriat. Réfutant toute idée selon laquelle Paris aurait suivi Washington, le sénateur proche d’Emmanuel Macron a assuré que la France était une « puissance mondiale », avec sa propre ligne.

« La responsabilité du régime syrien ne fait de doute », a-t-il affirmé. « L’emploi d’armes chimiques, barbares et répétées, du régime de Damas contre son peuple ne pouvait plus perdurer. Par notre silence, par notre inaction, nous n’étions, certes, pas complices de ces atrocités mais nous devenions des acteurs passifs. Que fallait-il faire d’autre ? »

L’usage d’armes chimiques imposait, selon lui, une « réaction urgente, proportionnelle, ciblée et ponctuelle » de la part de la France, a déclaré à la tribune François Patriat. « La réaction était légitime, il en allait de notre responsabilité mais aussi de notre devoir moral […] En aucun cas, nous déclarons la guerre au régime de Damas. »

Cette intervention de la mi-avril « n’exonère pas » la France d’un « autre devoir », selon l’élu de Bourgogne : celui de poursuivre « l’effort diplomatique » afin de trouver une issue au conflit. Cet effort devra se faire avec les « partenaires » de la France et surtout, « dans le cadre des Nations Unies », a-t-il insisté.

 

Éliane Assassi : « Emmanuel Macron a pris une décision seul, d’une grande gravité »

Intervention militaire en Syrie: Éliane Assassi : « Emmanuel Macron a pris une décision seul, d’une grande gravité »
11:18

« Emmanuel Macron a pris, dans la nuit de vendredi à samedi  une décision seul, d’une grande gravité. Celle d’engager nos forces armées dans une action de guerre en dehors de toute légalité internationale ». Pour la présidente du groupe communiste au Sénat, « le bombardement de la Syrie par 103 missiles dont 12 Français, est un acte de guerre, n’en déplaise au Président qui hier soir encore le qualifiait d’acte de représailles ».

Éliane Assassi a regretté l’utilisation de l’article 35 de la Constitution selon lequel le gouvernement « informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention ». « Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote ».

« La non-consultation préalable du Parlement, ni a priori ni a posteriori, n’est pas acceptable face à la responsabilité engagée » a-t-elle déploré avant de mettre en garde Emmanuel Macron « contre la tentation autoritaire qui s’affirme de jour en jour ».

Éliane Assassi plaide donc pour l’utilisation de l’article 50-1 de la Constitution par lequel sur l’initiative du gouvernement ou d’un groupe parlementaire, l’exécutif peut, sur un sujet déterminé, « faire une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s'il le décide, faire l'objet d'un vote sans engager sa responsabilité ». « Cette procédure aurait pu et dû être utilisée pour restaurer les droits du Parlement ».

«Cette question des preuves de la responsabilité du régime syrien est centrale » a pointé la sénatrice en demandant à Jean-Yves le Drian des précisions sur les preuves « que vous peinez à nous fournir. « Pouvez-vous nous garantir que la source n’émane pas d’autres services de gouvernement ? ».

 

« Le groupe de l’Union centriste n’esquivera pas ses responsabilités », promet Jean-Marie Bockel

« Le groupe de l’Union centriste n’esquivera pas ses responsabilités », promet Jean-Marie Bockel
09:18

Le groupe de l’Union centriste, représenté par Jean-Marie Bockel est venu lui aussi assurer au gouvernement le « soutien de son groupe » :

« M. le ministre – disons-le d’emblée – le groupe centriste pour lequel je m’exprime soutient l’initiative et l’action mesurée et proportionnée que furent celles dans la nuit de vendredi à samedi du chef de l’État, même si un certain nombre d’interrogations sont exprimées par un certain nombre de nos collègues. »

Le sénateur du Haut-Rhin a rappelé qu’en 2013, après une autre attaque chimique, le groupe était plus divisé sur la réponse à apporter. « À l’époque beaucoup d’entre nous étaient partagés », a-t-il raconté, évoquant alors la perspective d’une « victoire islamiste » ou encore le spectre des « déboires en Afghanistan », qui « accentueraient les hésitations ». « Tout autre est la situation aujourd’hui », selon lui, car le régime de Damas « ne semble plus menacé à court terme ».

De ces frappes  dépendait « la crédibilité de notre diplomatie », a affirmé le sénateur centriste. « On peut dire que la spécificité de la France, c’est d’être présent lorsqu’il faut l’être. »

Qualifiant les frappes d’ « action punitive », Jean-Marie Bockel a considéré qu’elles étaient « ciblées » et qu’elles avaient surtout le « souci de ne pas ajouter une nouvelle crise. » « L’enjeu n’est pas de bouleverser le rapport de force en Syrie, ni même de provoquer la Russie. » Pour Jean-Marie Bockel, le dialogue avec Moscou devra se « poursuivre », et la France est un acteur privilégié.

Dans son intervention, le sénateur alsacien a soulevé deux questions amenées par l’intervention de la nuit du 13 au 14 avril : celle du fonctionnement du Conseil de sécurité et de l’ONU, et la place de l’Europe de la Défense. « L’Europe de la Défense, on ne peut pas dire qu’elle a été présente, c’est regrettable ».

« Le groupe de l’Union centriste n’esquivera pas ses responsabilités et adoptera à chaque fois une position responsable lorsque seront en jeu l’intérêt de la France et la dignité de la personne humaine », a-t-il conclu.

 

« Notre soutien doit également s’appliquer aux Kurdes syriens », demande Patrick Kanner

« Notre soutien doit également s’appliquer aux Kurdes syriens », demande Patrick Kanner
09:04

Dénonçant « l’inhumanité » et d’un conflit qui fait rage depuis 7 ans et les « méthodes de terreur » du régime de Damas, le socialiste Patrick Kanner a replacé les frappes françaises de la nuit du 13 au 14 avril dans le prolongement de l’action diplomatique de François Hollande. Elles « s’inscrivent, pour nous, dans la continuité de la position de la France depuis ces années », a déclaré le sénateur du Nord.

L’ancien ministre des Sports a ainsi souligné que la France avait pris part aux discussions diplomatiques dès 2012-2013. En août 2013, après une autre attaque chimique, « François Hollande avait exhorté ses alliés à intervenir », a-t-il rappelé.

« La France n’est pas isolée, elle dispose de soutiens », selon lui. « Malgré le blocage de la Russie à l’ONU, la communauté internationale soutient la coalition et son action. »

Appelant à prolonger les efforts diplomatiques et à protéger les civils, Patrick Kanner a déclaré que le groupe socialiste soutiendrait « la fermeté » du gouvernement à l’égard de la Russie mais aussi façon à l’emploi d’armes chimiques. « Mais nous considérons que ces frappes ne sont pas la solution définitive, loin de là », a-t-il averti. « Soutenir l’intervention n’est pas synonyme de béatitude », a-t-il tenu à préciser, en direction des interrogations qui ont pu naître dans le reste de la gauche.

Les frappes ont envoyé un message de soutien aux alliés syriens de la France dans la lutte contre Daech, a estimé le président du groupe socialiste. Mais la France doit aller plus loin pour le sénateur, qui a évoqué le sort des populations d’Afrine, dans le nord-ouest du pays :

« Notre soutien aux peuples alliés doit également  s’appliquer aux Kurdes syriens du Rojava attaqués par la Turquie […] La prise d’Afrine a déjà particulièrement abîmé l'image de notre pays qui n’a rien fait pour protéger les Kurdes. Ce silence a des conséquences, puisque les Kurdes disent maintenant vouloir libérer unilatéralement les djihadistes français. Je vous enjoins, M. le ministre, à ce que notre pays réoriente sa position sur le dossier kurde. »

 

Claude Malhuret: « Nous défendrons en Syrie nos principes, nos objectifs et nos intérêts »

Claude Malhuret: « Nous défendrons en Syrie nos principes, nos objectifs et nos intérêts »
10:14

Claude Malhuret, ces frappes délivrent un message de la part de la France : « Nous défendrons en Syrie nos principes, nos objectifs et nos intérêts ».

Claude Malhuret, président du groupe Les indépendants République et Territoire, a salué « la capacité des armées françaises à frapper rapidement, précisément et avec efficacité à près de 4000 km de notre territoire ». À la tribune le sénateur a fustigé les critiques «  de l’extrême droite et de l’extrême gauche unies dans leur amour des dictatures » ce qui lui valut de sonores désapprobations.

« Je voudrais répondre aux critiques par une question : quelle était l’alternative ? Présenter une énième résolution qui se heurterait à un énième vélo russe ?» a-t-il fustigé.

Pour Claude Malhuret, ces frappes délivrent un message de la part de la France : « Nous défendrons en Syrie nos principes, nos objectifs et nos intérêts ». Parmi les principes : « l’impunité pour les utilisateurs d’armes chimiques est terminée ». En ce qui concerne les objectifs : « Notre premier objectif c’est la disparition sans retour du Califat en voie d’extinction en Syrie et en Irak ». Et en guise d’intérêts : « Ils consistent à faire comprendre les alliés d’Al-Assad que désormais les lignes rouges ne sont plus virtuelles ».

Enfin, ces frappes ont constitué, selon lui, un message spécifique à Vladimir Poutine. « Malgré tous ses efforts pour les diviser, les alliés sont restés unis. »​

 

Stéphane Ravier : « Nos frappes contre le régime syrien constituent une faute majeure »

« Nos frappes contre le régime syrien constituent une faute majeure » estime Stéphane Ravier
03:03

« Nos frappes contre le régime syrien constituent une faute majeure » estime Stéphane Ravier, sénateur frontiste des Bouches-du-Rhône, qui s’exprimait au nom des non-inscrits. « Les interventions en Irak et en Libye ont été de véritables catastrophes, plongeant ces pays dans le chaos le plus complet, favorisant ainsi le développement et l’armement de l’hydre islamiste  et provoquant des vagues de submersions migratoires, sans précédent, par lesquelles nombre de terroristes ont pu pénétrer en Europe et frapper la France. En matière de politique étrangère, le pragmatisme doit guider notre action, avec pour objectif unique, l’intérêt de la France » poursuit-il.

Pour le sénateur frontiste, le régime de Bachar Al-Assad est « en Syrie et au Moyen-Orient », « la seule force capable de s’opposer aux groupes islamistes. »

« Il est curieux que le régime de Bachar Al-Assad soit le seul à être sévèrement critiqué et puni pour son autoritarisme. L’Élysée est moins regardant du côté des régimes du Quatar, du Koweit, des régimes égyptiens, saoudien ou encore du Soudan » a-t-il insisté.

« Que dire aussi de l’invraisemblable mépris du droit international, exprimé par Emmanuel Macron. Le Président de la République invoque une certaine légitimité internationale alors même que Paris, Washington et Londres, ont agi en dehors du cadre de l’ONU » ajoute-t-il.

Pour le sénateur, « La France doit avoir une voix indépendante, elle a un autre rôle à jouer, loin de celui de valet des États-Unis. Le rôle de protecteur des chrétiens d’Orient, auquel Damas contribue ».

Stéphane Ravier considère qu’il n’y a aucune « preuve irréfutable » qu’une telle attaque existe, ni que Damas en soit l’auteur.

Et de conclure : « Derrière les opposants du régime de Bachar Al-Assad, ces soi-disant combattants de la liberté, ce sont les islamistes qui sont à la manœuvre. Leur prise du pouvoir  à Damas, exposerait la France et les Français à de graves dangers. Au Front national,  nous dénonçons cette politique incohérente, totalement schizophrène. Nous devons considérer où est la vraie menace, vraisemblablement plus du côté des rebelles islamistes que de celui du régime de Damas ».

 

« Aucune solution militaire ne viendra à bout de ce conflit », estime Christian Cambon

« Aucune solution militaire ne viendra à bout de ce conflit », estime Christian Cambon
10:57

Après les présidents ou les représentants des groupes politiques, c’était au tour du président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, de prendre la parole. « Il était nécessaire et urgent d’entendre la voix du Parlement », a-t-il commencé en introduction.

Durant son intervention, le sénateur LR a mis en avant deux enseignements de l’intervention de la France et de ses alliés britanniques et américains. « Rien n’est réglé en Syrie », a-t-il constaté. Une autre leçon est à en retirer. « L’Europe de la Défense ne sort pas indemne de cette opération ». « L’Europe a montré son impuissance et ses divisions. La Grande-Bretagne a assuré ses responsabilités mais nos grands voisins, notamment nos voisins allemands, nous auront laissés seuls. »

Le président de la commission a, point par point, abordé les différentes questions que soulevait l’intervention.

«Fallait-il intervenir ? » Christian Cambon a mis en avant qu’il s’agissait de « nos services de renseignement et de nos experts » qui attestaient des preuves, des informations confirmées par Jean-Yves Le Drian. « Il convenait de réagir », a-t-il conclu.

Regrettant que 5 années n’aient été perdues, depuis l’attaque chimique de 2013, Christian Cambon a souligné que les frappes avaient aussi envoyé un message aux alliés de la Syrie. « La Russie doit comprendre que le rôle d’une grande puissance est incompatible avec le non-respect du droit international. »

Les frappes étaient-elles « fondées en droit international » ? Elles trouvent « leur légitimité incontestable », affirme le sénateur, citant notamment une résolution citée le Conseil de sécurité de l’ONU.

Les objectifs ont été « bien réalisés » par nos armées ? « Oui, certainement », a considéré Christian Cambon, saluant le « sans-faute » des armées françaises et rendant hommage aux militaires, sous les applaudissements de l’hémicycle. Il a fait le vœu de donner aux armées les moyens de leurs missions. « Le Sénat, j’en suis sûr aura à cœur, lors de l’examen de la prochaine loi de programmation militaire, de leur assurer les conditions de vie d’entraînement et d’équipement dont ils ont besoin pour accomplir leurs exigeantes missions ».

Mais le président de la commission précise que les frappes réalisées il y a trois jours ne signent pas l’ouverture d’une solution politique. Selon lui, elles portent un « coup décisif », mais « rien n’indique » que les armes chimiques « ont été détruites à 100% ».

Appelant le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères à « repartir au combat, le combat de la paix », en privilégiant le dialogue avec toutes les parties, Christian Cambon a prévenu que le Sénat serait « hâtif et vigilant » dans le « suivi de cette crise ».

 

Conclusion de Jean-Yves Le Drian : « C’est Bachar Al-Assad qui a ajouté de la barbarie à la guerre »

Conclusion de Jean-Yves Le Drian : « C’est Bachar Al-Assad qui a ajouté de la barbarie à la guerre »
13:45

En conclusion, après les interventions des différents présidents de groupe politique, le ministre des affaires étrangères a réaffirmé que la France n’avait pas rajouté « de la guerre à la guerre ». À l’adresse de Bruno Retailleau, il a ajouté : « C’est Bachar Al-Assad qui a ajouté de la barbarie à la guerre ».

En ce qui concerne la légalité de l’intervention, le ministre a évoqué la résolution 21-18 de 2013  des Nations Unis. « Il y a eu une série de violations des engagements de cette résolution par le régime de Bachar Al-Assad »(…) « Notre intervention était justifiée car il n’était pas tolérable de voir le régime syrien continuer impunément de tuer sa population » a-t-il affirmé.

Au sujet des preuves des attaques chimiques mises en doute notamment par Éliane Assassi, Jean-Yves Le Drian a assuré que l’ensemble de ces informations « a été confirmé par nos propres services ». « Nous avons des renseignements que ce sont des officiers du régime syrien qui coordonnaient l’emploi de ces armes » (…) ce n’est pas la première fois. Rappelez-vous Alep, rappelez-vous août 2013 » a-t-il énuméré.

« Oui Mesdames et Messieurs les sénateurs, nous avons fait notre devoir pour que le droit international cesse d’être bafoué et pour ne plus revoir les images insoutenables venues de Douma, le 7 avril dernier » a-t-il conclu

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