Interview de Macron : « Ces exercices narcissiques sont devenus insupportables, c’est une attitude de petit mec » s’agace Aurélien Pradié
Invité de la matinale de Public Sénat, Aurélien Pradié a fustigé la programmation par l’Elysée d’une interview d’Emmanuel Macron le soir où Valérie Pécresse, fraîchement désignée candidate par son parti, devait aussi faire une émission politique. Le secrétaire général des Républicains, visiblement exaspéré, y voit un « comportement de petit mec » et une certaine fébrilité du chef de l’Etat.

Interview de Macron : « Ces exercices narcissiques sont devenus insupportables, c’est une attitude de petit mec » s’agace Aurélien Pradié

Invité de la matinale de Public Sénat, Aurélien Pradié a fustigé la programmation par l’Elysée d’une interview d’Emmanuel Macron le soir où Valérie Pécresse, fraîchement désignée candidate par son parti, devait aussi faire une émission politique. Le secrétaire général des Républicains, visiblement exaspéré, y voit un « comportement de petit mec » et une certaine fébrilité du chef de l’Etat.
Louis Mollier-Sabet

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C’est une émission qui fera peut-être plus parler avant sa diffusion qu’après. En même temps, quand un Président de la République en exercice enregistre une interview de deux heures le dimanche, pour une diffusion le mercredi soir à quelques mois du premier tour de l’élection présidentielle, cela fait parler. Et rarement en bien, en tout cas dans l’opposition : « Je souhaite bien du courage à ceux qui vont l’écouter pendant deux heures. Emmanuel Macron me fatigue et d’ailleurs je crois qu’il fatigue les Français. Ces exercices narcissiques sont devenus insupportables » fustige Aurélien Pradié, visiblement agacé par la programmation télévisuelle de ce soir.

>> Lire aussi : Droite et gauche dénoncent l’omniprésence médiatique d’Emmanuel Macron dont « chacun sait qu’il sera candidat »

Et pour cause, il aurait probablement préféré passer la soirée devant une autre émission politique, où était initialement invitée sa championne pour la présidentielle, Valérie Pécresse. Mais avec la diffusion concomitante de l’interview du chef de l’Etat, celle-ci a dû annuler : hasard du calendrier ou sabotage ? En tout état de cause « cela montre qu’il a la trouille de Valérie Pécresse », analyse le secrétaire général des Républicains, qui, visiblement exaspéré, estime que le chef de l’Etat a manqué de classe : « Quand on programme une émission de 2h alors que l’on sait que sa concurrente, Valérie Pécresse, a déjà une émission programmée le même jour, c’est un comportement de petit mec, pas de Président de la République. »

« Il a la trouille de Valérie Pécresse »

Différents candidats de l’opposition, dont Valérie Pécresse, ont annoncé saisir le CSA. Mais n’est-ce pas un peu inévitable pour un Président de la République en lice pour sa réélection de jongler un peu entre ses deux casquettes ? Aurélien Pradié invoque un précédent qu’il connaît bien : « Nicolas Sarkozy, lorsqu’il avait fait une émission de télé à quelques semaines de la présidentielle, avait vu son temps de parole politique décompté par le CSA. » D’après lui, les candidats ont eu raison « d’alerter » : « Nous ne connaissons pas les règles aujourd’hui. Or c’est une règle démocratique de base, Emmanuel Macron n’est pas au-dessus des règles de temps de parole. Le CSA n’a plus qu’à confirmer que sur les deux heures de palabres d’Emmanuel Macron, son temps de parole politique sera décompté, et l’équité sera sauve. »

Plus généralement, Aurélien Pradié critique l’omniprésence du Président de la République et du gouvernement sur des questions purement politiques, loin des dossiers des ministres notamment. Gérald Darmanin, qui voyait en Valérie Pécresse une candidate qui parle à Versailles mais pas à Tourcoing, est ainsi repeint en « roquet de la Macronie », tandis que Clément Beaune, qui a critiqué la vision européenne de la candidate LR dans le Figaro, « devrait plutôt s’occuper des dossiers européens. » « Quand on a un gouvernement qui est condamné à faire de la politicaille, il est temps de les remplacer » conclut le secrétaire général des Républicains. Malheureusement, dans les semaines qui précèdent l’élection présidentielle, de la « politicaille » c’est bien souvent tout ce que l’on a, du côté du gouvernement comme de l’opposition.

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