Invité du « Festival des idées », Yannick Jadot joue sa petite musique
Là, et en même temps un peu ailleurs: invité samedi du "Festival des idées" dont l'objectif est de "faire tomber les murs à...

Invité du « Festival des idées », Yannick Jadot joue sa petite musique

Là, et en même temps un peu ailleurs: invité samedi du "Festival des idées" dont l'objectif est de "faire tomber les murs à...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Là, et en même temps un peu ailleurs: invité samedi du "Festival des idées" dont l'objectif est de "faire tomber les murs à gauche", Yannick Jadot a affiché sa singularité, évoquant même des alliances avec la droite aux municipales.

L'événement, organisé à la Charité-sur-Loire (Nièvre) par l'ancien député "frondeur" Christian Paul et le journaliste Guillaume Duval, réunit pendant trois jours intellectuels, militants associatifs et personnalités politiques, désireux de renouer le dialogue alors que la gauche est en miettes. De 1.500 à 2.000 personnes sont attendues au total, selon M. Paul.

Accompagné tout au long de la journée de son "ami de trente ans" Pascal Brice, ancien directeur de l'Ofpra (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), M. Jadot a semblé faire quelque peu bande à part.

Sortant d'un café à Nevers, entre le député européen Raphaël Glucksmann (Place publique) et l'ancien eurodéputé Guillaume Balas (Générations), il s'en est amusé: "Est-ce que la gauche peut laisser sortir l'écologie ?"

Auprès de la presse, l'homme fort d'EELV, auréolé de sa troisième place aux européennes avec 13,5% des voix, a réaffirmé sa volonté de construire un pôle écologiste au-delà du clivage droite/gauche.

"Est-ce que l'écologie doit avoir sa carte de gauche ? J'ai déjà répondu à cette question-là (...) Moi ce que je veux, c'est rassembler autour des idées écologistes, autour des solutions écologistes (...) Et je ne suis pas là pour demander la carte politique de qui que ce soit", a-t-il souligné.

Le député européen n'a pas exclu aux municipales des alliances avec la droite, prônant le "pragmatisme". "Dans des municipalités où vous avez des gens qui sont sans étiquette ou même divers droite qui font du 100% bio dans les cantines, des jardins partagés, de la rénovation urbaine, qui appliquent ce qu'on a envie de faire", il faudra "prendre nos responsabilités", a-t-il indiqué.

- "On s'adore !" -

Lundi, M. Jadot se rendra à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) en compagnie de représentants de la galaxie écolo-centriste: Delphine Batho (Génération écologie), François Darmeval (Cap 21), ou encore Antoine Waechter (MEI), chantre dans les années 1980 d'une écologie ni-ni (ni de gauche ni de droite). L'occasion d'afficher l'unité de la famille de l'écologie politique... et d'apporter son soutien à la candidate EELV Sabrina Sebaihi.

M. Jadot n'oublie cependant pas de discuter avec ses éventuels partenaires de gauche. S'il considère que Générations "n'est pas un parti écologiste", il n'a pas rompu le lien avec son coordinateur national, Guillaume Balas.

"Les gens disent qu'on ne s'aime pas, on s'adore ! Après on peut avoir des différents stratégiques, tactiques, ça ne veut pas dire qu'on ne va pas travailler ensemble", a-t-il dit en saluant l'ancien eurodéputé devant la presse. "Absolument", a acquiescé celui-ci.

Quand le parti fondé par Benoît Hamon pourrait-il rejoindre EELV ? "On va en parler la semaine prochaine. On va se voir pour en parler. On se parle avec Raphaël (Glucksmann), on se parle avec Aurore (Lalucq). Je parle même avec Manon Aubry", a répondu M. Jadot à l'AFP.

Raphaël Glucksmann, qui a tiré dans la douleur la liste PS-Place publique aux européennes (6,2%), semble lui aussi enclin à un rapprochement avec le chef de file des écologistes, dans la perspective de la présidentielle de 2022.

"S'il y a plus d'une candidature crédible sur cet espace politique on peut déjà se préparer au duel Emmanuel Macron/Marine Le Pen (...) Il faut impérativement aboutir à ce qu'il y ait une candidature commune à cet espace de la transformation sociale, écologique et démocratique de nos sociétés. Ca sera mon combat", a-t-il expliqué lors d'un débat samedi. Cette candidature pourrait-elle être incarnée par M. Jadot ? "Pourquoi pas", a-t-il répondu à la tribune.

Selon Christian Paul, "ce que certains disent, c'est que si c'est Yannick Jadot qui est bien placé, ce ne sera pas difficile de se rallier. Raphaël Glucksmann le dit. Olivier Faure le dit", a-t-il décrypté lors d'un point presse.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration Echarpe de Maire tricolore
5min

Politique

Violence envers les élus : « Avec la polarisation de la vie politique, le rapport à la violence a beaucoup évolué » 

Les élections municipales et l’installation des nouveaux maires ont été émaillées par des épisodes de violences : huées à Creil et Mantes-la-Jolie, saccage de la mairie de Fresnes, propos racistes à l’encontre du maire de Saint-Denis. Des faits qui interrogent sur la violence en politique. Un phénomène ardu à caractériser et à étudier, de par son caractère à la fois objectif et subjectif, pour le sociologue Olivier Wieviorka.

Le

Invité du « Festival des idées », Yannick Jadot joue sa petite musique
6min

Politique

« Education intégrale », non-mixité : Edward Whalley, bras droit de Pierre-Édouard Stérin, défend le modèle éducatif de l’Académie Saint-Louis

Auditionné par la commission d’enquête sur le financement privé de la vie démocratique, Edward Whalley a défendu l’action éducative des fondations de Pierre-Édouard Stérin. Le directeur du Fonds du Bien Commun devrait à nouveau être auditionné par la commission sur les autres activités financées par le fonds.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
6min

Politique

Fin de vie, sécurité, ZFE, réseaux sociaux… Le calendrier législatif serré de l’exécutif pour rendre « utile » la fin du quinquennat

Le gouvernement espère faire passer d’ici l’été ses projets de loi phares avant d’être percuté par l’examen du budget 2027 à l’automne. Parmi les objectifs de l’exécutif, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la sécurité du quotidien et, surtout, l’ouverture de l’aide à mourir, une promesse d’Emmanuel Macron.

Le

social media illustration
4min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : divergence entre le Sénat et le gouvernement

En fin d’après-midi ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi de la députée macroniste Laure Miller qui vise à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Si le principe de l’interdiction, chère au chef de l’Etat, fait consensus à la haute assemblée, le gouvernement et le Sénat s’opposent sur les modalités juridiques de son application.

Le