"J'ai le droit de ne pas mettre un gilet jaune": Emmanuel Macron a eu un vif échange, jeudi soir, avec une femme "gilet jaune", lors d'un débat...
Invité surprise d’un débat en Gironde, Macron pris à partie par une femme « gilet jaune »
"J'ai le droit de ne pas mettre un gilet jaune": Emmanuel Macron a eu un vif échange, jeudi soir, avec une femme "gilet jaune", lors d'un débat...
Par Laurence BENHAMOU, Benoit PETIT
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"J'ai le droit de ne pas mettre un gilet jaune": Emmanuel Macron a eu un vif échange, jeudi soir, avec une femme "gilet jaune", lors d'un débat à Pessac où il a fait irruption, à la veille de sa rencontre avec des élus à Bordeaux et son maire Alain Juppé.
Peu de temps après son arrivée, le chef de l'État est interpellé par une femme "gilet jaune". "Quand j'ai vu sur BFMTV que vous veniez, j'ai pris ma voiture" pour venir, lance-t-elle, devant 400 femmes réunies dans un gymnase. "Parce que depuis le 17 novembre je suis +gilet jaune+", poursuit-elle, applaudie par une partie de la salle.
Elle tend alors au président un collier orné d'un gilet fluo miniature, le président le repousse. "Je suis le président de toutes les Françaises et tous les Français, et j'ai le droit de ne pas mettre un collier +gilet jaune+ et de ne pas mettre un gilet jaune", lui répond-il en faisant valoir les "réponses" apportées par l'exécutif depuis décembre - sans véritablement la convaincre.
Le chef de l'État, interrogé quelques minutes plus tard par l'épouse d'un salarié de l'usine Ford de Blanquefort, a par ailleurs estimé qu'il y avait eu "beaucoup de cynisme" de la part du constructeur qui a refusé une dernière offre de reprise.
"L'État s'est battu, compte tenu des efforts mobilisés, s'il y avait eu un autre repreneur, je pense véritablement qu'on l'aurait eu", a assuré Emmanuel Macron, en promettant "un dispositif de suivi et d'accompagnement".
Auparavant, interpellé lors d'un bain de foule par un père de famille, dont le "fils, qui est bac+5, cherche du travail depuis neuf mois", qui s'insurgeait contre la petite phrase du président, à la fin de l'été, qui promettait à un chômeur de lui trouver un emploi en traversant la rue, le chef de l'État a plaidé un propos "sorti de son contexte".
"Je ne suis pas le personnage qu'on a voulu caricaturer : je vais toujours vers les gens et je parle très librement", s'est justifié Emmanuel Macron, qui revenait pour la première fois sur cette polémique en son temps abondamment alimentée.
"J'ai dit, les cafés-restaurants de l'autre côté de la rue - ce qui est vrai - embauchent (dans le quartier parisien de) Montparnasse, il y en a plein. Et c'est vrai. Donc je n'ai pas dit pour toutes les rues de France et de Navarre, je connais suffisamment bien le pays pour que ça ne soit pas le cas", a-t-il encore développé, regrettant "cinq minutes ... sorties de leur contexte".
- Pensions alimentaires garanties -
Emmanuel Macron et Marlène Schiappa à Pessac en Gironde, le 28 février 2018
POOL/AFP
Le chef de l'État s'est par ailleurs rendu, toujours sans être annoncé et accompagné notamment de Marlène Schiappa et de Sébastien Lecornu, dans un centre social de Bordeaux qui aide les projets professionnels des parents isolés en difficultés, l'un des problèmes identifiés par le grand débat.
Dans une ambiance détendue, plusieurs femmes se sont succédé pour raconter leur quotidien et comment la formation les avait aidées. 97% des personnes accueillies dans ce centre sont des femmes et près de la moitié sont des mères isolées.
Le président de la République a notamment proposé "des mécanismes de garantie" des paiements de pensions alimentaires non-honorés.
"C'est-à-dire que pour - la plupart du temps, ce sont les mères qui sont seules et à qui la pension n'est pas payée - on ait un système où l'on puisse recouvrer beaucoup plus rapidement possible cet argent auprès des mauvais payeurs et qu'on puisse même avoir des mécanismes de garantie pour les accompagner", a-t-il développé.
Le président de la République a multiplié les visites surprise et tenues secrètes jusqu'au dernier moment en marge du grand débat lancé le 15 janvier, son staff invoquant des raisons de sécurité mais aussi surtout de spontanéité des échanges.
"On ne s'y attendait pas du tout. Venir dans une petite ville comme Pessac, c'est bien", se félicite une participante, Stéphanie, ingénieure venue avec sa fille Anna. "On se dit qu'il prend conscience de l'enjeu de ce débat. On l'a senti proche du citoyen."
Ces visites "secrètes" sont désormais guettées par la presse qui tente de deviner ses destinations. Au point que de nombreux journalistes attendaient jeudi près du centre où était annoncée la secrétaire d'État, au cas où.
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