Face aux centaines de morts causées par la violente répression du mouvement de protestation en Iran, l’Union européenne étudie la mise en place de sanctions contre le régime iranien. « La présidente de la Commission européenne a ouvert un chantier de désignation de ceux qui sont les responsables de cette répression, et qui pourront être ciblés par des sanctions européennes, comme l’avaient été les auteurs des répressions en 2022 du mouvement ‘Femmes Vie Liberté’ », a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ce mercredi 14 janvier devant le Sénat. « Il nous faut trouver aussi d’autres moyens de venir en soutien de la société civile iranienne si durement éprouvée », a-t-il ajouté, indiquant que le gouvernement était en train « d’explorer un certain nombre de pistes ».
« Par cette révolte pacifique, le peuple iranien nous donne une nouvelle fois une grande leçon de courage. Le courage inouï de ceux qui sont prêts à prendre tous les risques, y compris le risque le plus grand pour défendre leurs libertés et leurs droits les plus fondamentaux. Et c’est pourquoi, dans ce moment décisif de leur histoire, la France, le pays des droits de l’Homme, le pays des Lumières, se tient tout entier et se tiendra à leurs côtés », a-t-il martelé.
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Un risque d’embrasement
Le locataire du Quai d’Orsay a été interpellé par le sénateur socialiste Rachid Temal, appelant le gouvernement à « inscrire sur la liste des organisations terroristes le Corps des gardiens de la révolution », c’est-à-dire la milice du régime. Il invite également Paris à demander « une réunion immédiate du Conseil de sécurité des Nations Unies ».
Jean-Noël Barrot a dénoncé une répression « intolérable, insupportable et inhumaine ». Le ministre a évoqué « des manifestants abattus à bout portant par des armes d’assaut, Internet coupé pour dissimuler l’ampleur de l’horreur, des cadavres qui s’entassent par centaines, par milliers, et peut être encore plus dans des hôpitaux qui semblent saturés ».
Il a toutefois alerté contre le risque d’embrasement régional, alors que Donald Trump ne cesse de menacer le régime des mollahs d’intervenir pour protéger la population iranienne. En juin dernier, les Etats-Unis et Israël ont mené une série de frappes contre les installations nucléaires du régime.
Pour rappel, les deux Français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus comme otages d’Etat pendant trois ans et demi dans les geôles de Téhéran, ont été libérés en novembre dernier, mais demeurent assignés à résidence dans l’ambassade de France. « Ils ne sont pas autorisés à quitter le territoire iranien pour regagner la France », a indiqué Jean-Noël Barrot.