Irma : Critiqué par une partie de l’opposition, l’État veut éteindre la polémique
Alors que plusieurs représentants de l’opposition dénoncent une impréparation de l’État dans la gestion de la crise et demandent la création d'une commission d'enquête parlementaire, le gouvernement monte au créneau depuis ce week-end.

Irma : Critiqué par une partie de l’opposition, l’État veut éteindre la polémique

Alors que plusieurs représentants de l’opposition dénoncent une impréparation de l’État dans la gestion de la crise et demandent la création d'une commission d'enquête parlementaire, le gouvernement monte au créneau depuis ce week-end.
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Par Guillaume Jacquot (Sujet : Marie Bremeau)

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Moins de cinq jours après le passage destructeur de l’ouragan Irma dans les Antilles, le gouvernement se retrouve sous le feu des critiques d’une partie d’opposition, notamment à droite, qui se montre très sévère sur la gestion de la crise. L’impatience monte également au sein de la population. L’exécutif, de son côté, se défend de tout manquement et dénonce des « polémiques politiciennes » et des critiques « déplacées ».

Depuis ce week-end, plusieurs députés réclament notamment la création d’une commission d’enquête parlementaire, pour mettre au jour d’éventuels dysfonctionnements de la part de l’État. Le député LR Éric Ciotti, « extrêmement choqué par les images de pillage » à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a reproché un « défaut d'anticipation » et a pointé une « défaillance de l’État ».

Des députés de droite relèvent de « graves dysfonctionnements »

Même demande du député Daniel Fasquelle, qui relève de « graves dysfonctionnements » et un « décalage énorme entre la communication du gouvernement et la situation sur place ». «On aurait pu parfaitement anticiper plutôt que de se réveiller cinq jours après », a-t-il affirmé sur l’antenne de BFMTV.

La question du maintien de l’ordre, après les pillages qui se sont produits sur Saint-Martin, interpellent certaines figures de la droite. Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, est elle aussi montée au créneau. « Après l’ouragan, le chaos », a-elle tweeté. « Quelles explications le gouvernement  va-t-il apporter suites aux pillages ? »

Moins virulent que ses collègues de l’Assemblée nationale, le sénateur Alain Houpert a pointé le manque d’anticipation de l’État et appelé à prendre exemple sur l’engagement des Pays-Bas dans la moitié sud de Saint-Martin.

Gérard Collomb accepte « volontiers » l’idée d’une commission d’enquête

Le chef de la France insoumise, sans verser dans les accusations, Jean-Luc Mélenchon a lui aussi proposé que soit mise sur pied une commission d’enquête afin de savoir si les pouvoirs publics ont « prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant ». « Il faut réfléchir sérieusement à ce qui vient de nous arriver, pas jeter des pierres, des gens sont en train de se dévouer », a-t-il insisté.

André Chassaigne, le chef de file des députés communistes, a lui dénoncé « l'absence d'anticipation » du ministère des Armée.

Face à des demandes, Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb « accepte volontiers » la mise en place d’une commission d’enquête. Selon lui, le gouvernement a pris « les bonnes décisions », « dès le départ ». « Ils verront combien les équipes étaient mobilisées », a-t-il affirmé ce matin sur France 2.

Le Front national s’est montré très virulent. Sur notre antenne, ce matin, Florian Philippot voit dans l’arrivée d’Emmanuel Macron dans les îles mardi « une opération pour essayer de rattraper les dommages ». Le vice-président du FN estime qu’il y a eu une « impréparation » et que davantage de moyens auraient dû être « prépositionnés ». Il évoque également la conséquence de « la politique d’austérité sur l’armée » et des faiblesses structurelles : « Il faut que la France se dote d’un vrai plan opérationnel face à ce type de catastrophe », propose-t-il.

La présidente du parti, Marine Le Pen, a dénoncé samedi des moyens « tout à fait insuffisants » et a accusé, le gouvernement, qui n’a « rien anticipé », selon elle.

Le Parti socialiste, qui demande la nomination d’une autorité en charge de la reconstruction, a salué dans un communiqué le travail des secouristes, mais a précisé aussi qu’il faudrait « toutes les leçons de cette catastrophe ».

« J'imagine que l'Etat a essayé de répondre », réagit Benoît Hamon

Des élus socialistes, notamment au Sénat, s’en sont pris aux partisans d’une commission d’enquête parlementaire. David Assouline a notamment dénonce le « cynisme absolu » et « l’indécence » d’rric Ciotti.

« Halte aux polémiques », a réagi à son tour le président du groupe Didier Guillaume, pour qui « la priorité est aux secours ».

L’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon s’est dit « mal à l'aise avec cette polémique ». « On est à 7.000 kilomètres de Saint-Martin, on a une île dévastée, des populations traumatisées, des services publics qui sont à terre manifestement. J'imagine que l'Etat a essayé de répondre », a-t-il appuyé sur BFMTV ce matin.

Édouard Philippe dénonce une « polémique politicienne »

De son côté, le gouvernement cherche à apparaît en première ligne. Une nouvelle réunion interministérielle est prévue ce lundi après-midi à Matignon. S’exprimant en marge d’un déplacement consacré à l’emploi, Édouard Philippe a regretté une « polémique politicienne » alimentée par des responsables « alléchés par la souffrance ». « L'heure n'est pas à la polémique. Je trouve ça indigne et pathétique. L'urgence est aussi de reconstruire », a ajouté le chef du gouvernement.

De la ministre de la Santé Agnès Buzyn, à la ministre des Outre-mer Annick Girardin, l’équipe gouvernementale se relayent pour défendre « l’engagement total » de l’État dans cette crise et pointer du doigt « des critiques un peu déplacées ».

Dimanche, le ministère de l’Intérieur affirmait que 1.500 avaient été déployées sur les îles touchées, que ce contingent atteindrait 2.000 d’ici ce mardi.

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