Édouard Philippe est arrivé dimanche soir à Saint-Martin, où le Premier ministre doit assister lundi à la rentrée scolaire et lancer la réflexion sur la reconstruction, deux mois après l'ouragan Irma qui a dévasté l'île franco-néerlandaise.
Pour les dernières 24 heures de sa tournée aux Antilles françaises, le chef du gouvernement doit également passer quelques heures lundi après-midi à Saint-Barthélemy, la seconde île française ravagée par les vents du surpuissant cyclone début septembre.
"Nous venons pour constater la façon dont la vie reprend son cours. Nous savons que la situation sur le terrain est toujours marquée par de grandes difficultés", a déclaré le Premier ministre en descendant d'avion à l'aéroport de Grand-Case. Quant à la reconstruction, il s'agit de "voir comment on peut reconstruire en tenant compte de ce qui s'est passé (...) pour un avenir plus sûr et toujours aussi prospère", a-t-il souligné.
Comme il s'y était engagé, M. Philippe assistera dans la matinée lundi à la rentrée scolaire dans une école saint-martinoise, du quartier populaire d'Orléans. Conformément à l'objectif du gouvernement, tous les élèves vont pouvoir reprendre le chemin des classes, même si quatre établissements restent impraticables et qu'un système de rotations matin/après-midi des élèves a dû être mis en place dans certaines écoles.
Après des mots durs de la ministre des Outre-mer Annick Girardin visant quelques cas d'"abandon de postes" d'enseignants, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a assuré dimanche qu'il n'y avait "pas de problème", avec "90% des enseignants" au travail.
Le Premier ministre français Edouard Philippe regarde des photos des dégâts causés par l'ouragan Maria lors de la visite d'une bananeraie le 5 novemùbre 2017 aux Trois Rivieres, en Guadeloupe
AFP
Édouard Philippe doit également préciser le mécanisme d'aide "d'urgence" pour les Saint-Martinois les plus démunis, promise par Emmanuel Macron lors de sa visite il y a un mois et demi. La collectivité de Saint-Martin ayant réclamé qu'il ne s'agisse pas d'un versement en espèces, c'est finalement un système de cartes prépayées qui a été retenu. Ce qui a rendu plus longue la mise en place du mécanisme, qui doit être opérationnel "en novembre", selon Matignon.
En pratique, l'aide accordée à quelques milliers de bénéficiaires s'élèvera à 300 euros par adulte et 100 euros par enfant (plafond de 900 euros par famille). La carte sera utilisable exclusivement sur la partie française de l'île, ce qui doit contribuer à relancer les commerces.
- Aides aux agriculteurs antillais -
Édouard Philippe doit d'ailleurs rencontrer des commerçants lundi midi, avant un entretien avec Daniel Gibbs, le président de la collectivité de Saint-Martin. C'est le dossier de la reconstruction et du difficile retour à la normale qui devraient dominer les échanges. Le préfet Philippe Gustin doit remettre le 10 novembre à MM. Macron et Philippe un rapport sur le sujet. "Nous ne pouvons pas reconstruire comme si rien ne s'était passé", a plaidé le Premier ministre samedi, assurant que l'État serait "exemplaire" pour ses installations.
La question principale concerne le nombre important d'habitations sans permis, dont la reconstruction au même endroit pourrait être freinée. Plus tôt dans la journée, Édouard Philippe avait effectué en Guadeloupe la deuxième étape de sa tournée antillaise, après la Martinique samedi.
Sur la question des indemnisations d'agriculteurs, sinistrés par un autre ouragan, Maria, "la réponse sera à la hauteur des attentes", a assuré le Premier ministre après avoir visité deux fermes guadeloupéennes touchées. Selon Matignon, cette aide qui serait versée d'ici à début 2018, pourrait avoisiner 20 à 30 millions d'euros, sur la base de l'estimation actuelle des dommages, principalement pour les bananeraies.
Le Premier ministre doit quitter les Antilles lundi soir, pour un retour à Paris pour le Conseil des ministres inhabituellement prévu mardi.
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