Irresponsabilité pénale : « Il faut changer la loi avec une main tremblante », estime Cendra Motin
Invitée de l’émission Parlement Hebdo sur les chaînes parlementaires, la députée LREM, Cendra Motin est revenue sur l’adoption de la proposition de loi du Sénat visant à réformer le statut d’irresponsabilité pénale.

Irresponsabilité pénale : « Il faut changer la loi avec une main tremblante », estime Cendra Motin

Invitée de l’émission Parlement Hebdo sur les chaînes parlementaires, la députée LREM, Cendra Motin est revenue sur l’adoption de la proposition de loi du Sénat visant à réformer le statut d’irresponsabilité pénale.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Mardi soir, le Sénat a adopté la proposition de loi portée par les groupes LR et centriste visant à réformer le régime de l’irresponsabilité pénale. Un texte qui fait écho à l’affaire Sarah Halimi. La Haute assemblée souhaite renvoyer devant le tribunal correctionnel ou la Cour d’assises la charge de statuer sur la responsabilité pénale du mis en examen en cas d’abolition temporaire de son discernement, afin que les victimes puissent bénéficier d’un procès.

Dans le même temps, « une mission flash » sur le sujet a été mise en place à l’Assemblée nationale et le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti a déposé un projet de loi, et attend l’avis du Conseil d’Etat.

« Je suis rassurée que le Sénat aille dans le même sens que l’Assemblée nationale » a indiqué la députée LREM, Cendra Motin dans Parlement Hebdo rappelant « la nécessité d’avoir un texte juridiquement solide ». « On touche là à un sujet extrêmement sensible. Ce qui est arrivé à Mme Halimi est une horreur absolue […] et souvent les Français n’ont pas compris les suites qui ont été données à cette affaire. Il faut qu’on s’empare du sujet mais le faire comme quand on change la Constitution, changer la loi pénale mais avec d’une main tremblante », ajoute-t-elle.

Pour mémoire, le 14 avril dernier, la Cour de cassation avait entériné le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi, mais confirmé l’impossibilité de juger le meurtrier, un gros consommateur de cannabis, compte tenu de l’abolition de son discernement lors des faits. Près de 25 000 manifestants s’étaient réunis un peu partout en France réclamant « justice » pour la sexagénaire juive tuée en 2017, onze jours après la confirmation de l’absence de procès.

« On ne peut pas faire la loi uniquement en réaction à une affaire […] La loi doit pouvoir être appliquée dans tous les cas », rappelle la vice-présidente de la commission des finances de l’Assemblée nationale, justifiant ainsi « la prudence » du ministre de la Justice sur la réforme à venir.

Deux principes devront guider, selon elle, le changement de législation : « L’individualisation des peines » et « l’indépendance des juges ». « C’est là-dessus que repose la confiance du peuple dans la justice », a-t-elle conclu.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Simone Veil
9min

Politique

Bernadette Chirac, l’ancienne Première dame, est morte à 93 ans 

L’épouse du président Jacques Chirac, lui-même disparu en 2019, est morte vendredi 5 juin dans la soirée à 93 ans, annonce sa fille Claude à l’AFP. L’ancienne Première dame qui a progressivement pris la lumière durant les années passées à l’Elysée, a aussi mené une longue carrière d’élue locale, d’abord dans l’ombre de son mari, puis de manière indépendante.

Le

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le