IVG dans la Constitution : Bruno Retailleau annonce des amendements pour introduire « la clause de conscience des médecins »

A la sortie des questions d’actualité au gouvernement, Bruno Retailleau est revenu sur le projet de loi constitutionnelle visant à inscrire l’IVG dans la Constitution. Le patron des sénateurs LR, opposé à cette révision constitutionnelle, annonce que des amendements seront déposés en séance publique le 28 février. S’ils étaient adoptés, la révision constitutionnelle serait retardée.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ce mercredi, la commission des lois du Sénat a « pris acte » de la rédaction proposée par le gouvernement pour inscrire l’IVG dans la Constitution. Pour autant, si la commission n’a pas rejeté le texte, son adoption dans les mêmes termes que le vote des députés fin janvier, n’est pas encore gagnée. Le projet de loi constitutionnelle qui propose d’inscrire à l’article 34 de la Constitution la phrase suivante : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », ne convient pas totalement à la majorité sénatoriale.

Crainte d’un droit opposable

« Je pense qu’il y aura des amendements qui seront proposés » en séance publique, le 28 février, a prévenu Bruno Retailleau, au micro de Public Sénat. En effet, le terme « garantie » inquiète la majorité de droite qui craint la création d’« un droit opposable à l’IVG ». Pour mémoire, la proposition de loi portée par les députés LFI, adoptée par le Sénat l’année dernière grâce à un amendement en séance du sénateur Philippe Bas (LR) ne comportait pas ce terme. « Il y a aussi la clause de conscience des médecins. Un certain nombre, et je suis de cela, craint qu’une liberté garantie ne soit traduite par des jurisprudences opposables à des médecins qui ne souhaiteraient pas pratiquer l’IVG. Je pense que l’esprit de la loi Veil c’est un équilibre et nous voulons nous rapprocher, dans cette discussion, de l’équilibre de la loi Veil », a-t-il expliqué.

Le sénateur de Vendée fait ici référence à un débat juridique qui oppose la commission des lois du Sénat et l’exécutif. « Pas plus que la liberté de la femme de recourir à l’IVG, la liberté de conscience des professionnels de santé n’est aujourd’hui consacrée en tant que telle dans la Constitution. Il semble donc discutable de n’inscrire dans la Constitution qu’une seule de ces deux libertés », estime la commission des lois. S’appuyant sur l’avis du Conseil d’Etat, le garde des Sceaux, Éric Dupond Moretti a lui expliqué, mardi, à la commission que seule la liberté de recourir à une interruption volontaire de grossesse, n’était pas consacrée par la Constitution à l’inverse de la sauvegarde de la dignité de la personne humaine, et le la liberté de conscience.

Si le texte n’était pas adopté conforme par les sénateurs, la navette parlementaire se poursuivrait et la date du 5 mars annoncée par l’exécutif pour réunir le Parlement en Congrès ne pourrait être tenue.

CNews : « Je ne suis pas pour le délit d’opinion »

Enfin, Bruno Retailleau a réagi à la demande du Conseil d’Etat qui enjoint à l’Arcom de réexaminer dans un délai de six mois le respect par la chaîne CNews de ses obligations en matière de pluralisme et d’indépendance de l’information. « Le Conseil d’Etat interprète la loi de 1986 (sur l’audiovisuel) dans un sens qui n’a été jamais vu […] Bien entendu, il faut décompter les temps de parole (des personnalités politiques). Mais là, il va beaucoup plus loin. Il dit que les éditorialistes doivent avoir une étiquette […] Vous croyez que sur certaines chaînes du service public, la ligne politique n’est pas plutôt à gauche […] Je ne suis pas pour le délit d’opinion. Je ne suis pas pour qu’on ait une sorte de chape de plomb sur certaines chaînes parce qu’elles ont du succès, parce que la ligne éditoriale, serait plus à droite qu’à gauche ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le

Chômage après une rupture conventionnelle : le Sénat rétablit la réduction de la durée d’indemnisation
5min

Politique

Centres communaux d’action sociale : un amendement du Sénat fait craindre « une casse du système de solidarité »

Un amendement de la droite sénatoriale soutenu par le gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de loi de Simplification des normes, prévoit de rendre facultative la création de centres communaux d’action sociale (CCAS). La majorité sénatoriale défend le principe de libre administration des collectivités, quand la gauche dénonce une future casse du système de solidarité.

Le

MELUN:  Elections senatoriales
4min

Politique

Sénatoriales 2026 :  mode de scrutin, départements concernés, enjeux politiques...Tout comprendre des élections du 27 septembre en six questions 

Les sénatoriales sont les prochaines élections à se tenir en France. Tous les trois ans, le Sénat est renouvelé par moitié : ce sont ainsi 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger qui sont concernés. La rédaction de Public Sénat fait le point sur le prochain renouvellement de la chambre haute.

Le