IVG dans la Constitution : la commission des lois du Sénat réitère son opposition
La commission des lois du Sénat a rendu un avis défavorable à l’amendement de Philippe Bas. Le sénateur LR proposait une rédaction alternative pour garantir le droit à l’avortement dans la Constitution. Ce revers compromet les chances d’adoption du texte ce soir.

IVG dans la Constitution : la commission des lois du Sénat réitère son opposition

La commission des lois du Sénat a rendu un avis défavorable à l’amendement de Philippe Bas. Le sénateur LR proposait une rédaction alternative pour garantir le droit à l’avortement dans la Constitution. Ce revers compromet les chances d’adoption du texte ce soir.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La proposition de loi « visant à protéger et à garantir le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse », débattue ce 1er février en fin d’après-midi au Sénat, pourrait bien connaître le même sort qu’un texte similaire examiné le 19 octobre. Face à l’opposition de la droite sénatoriale, peu convaincue de la nécessité d’inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution, les chances de succès de cette initiative parlementaire sont minces.

La position du groupe majoritaire au Sénat n’a pas bougé d’un iota. Il y a une semaine, le texte était rejeté en commission. Le sénateur LR Philippe Bas a, par la suite, déposé un amendement inattendu, suggérant d’inscrire dans Constitution l’alinéa suivant : « La loi garantit l’effectivité et l’égal accès au droit à l’interruption volontaire de grossesse. » Cette proposition venue de la droite aurait potentiellement pu faire bouger légèrement les équilibres, il n’en a pas été ainsi. Réunie ce matin pour examiner les amendements de séance, la commission des lois a choisi de rendre un avis défavorable sur l’amendement de Philippe Bas. En hémicycle, la rapporteure Agnès Canayer (LR) appellera donc le Sénat à rejeter en séance l’amendement, comme l’a préconisé une majorité de collègues dans sa commission.

Hier, la sénatrice (Union centriste) Annick Billon, partisane de l’inscription de l’IVG dans la Constitution, ne faisait guère d’illusions sur la longévité de l’amendement de Philippe Bas. « Ceux qui ont voté contre la proposition de loi constitutionnelle à l’automne vont voter contre l’amendement de Philippe Bas », nous indiquait-elle.

Le groupe socialiste, pour sa part, serait en revanche tenté de soutenir l’amendement de Philippe Bas. « L’amendement de Philippe Bas peut sauver l’honneur du Sénat et de la droite sénatoriale », a estimé ce matin Laurence Rossignol (PS), ce matin sur notre antenne. « Pourquoi s’obstiner à être le dernier petit village conservateur de la République ? Cet amendement est un moyen d’avancer. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le