IVG : Laurence Rossignol dénonce « Un petit contre-feu, ouvert par les ministres Schiappa et Buzyn »
Le Sénat est revenu hier, lors d'une seconde délibération, sur l'allongement de deux semaines des délais de l'IVG. Dans la foulée, Marlène Schiappa et la députée Marie-Pierre Rixain ont annoncé une mission d’information et une proposition de loi « avec pour objectifs d’expertiser l’accès à l’IVG en France et l’allongement du délai d’accès de 12 à 14 semaines. »

IVG : Laurence Rossignol dénonce « Un petit contre-feu, ouvert par les ministres Schiappa et Buzyn »

Le Sénat est revenu hier, lors d'une seconde délibération, sur l'allongement de deux semaines des délais de l'IVG. Dans la foulée, Marlène Schiappa et la députée Marie-Pierre Rixain ont annoncé une mission d’information et une proposition de loi « avec pour objectifs d’expertiser l’accès à l’IVG en France et l’allongement du délai d’accès de 12 à 14 semaines. »
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le vote était passé de justesse et par surprise vendredi. Hier, le Sénat a décidé de revoter sur l’allongement de 12 à 14 semaines du délai légal pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG), adopté dans le cadre de l’examen du projet de loi santé. Les sénateurs ont cette fois rejeté l’amendement de la sénatrice PS Laurence Rossignol qui était passé à deux voix près vendredi, grâce notamment au vote de deux sénateurs LREM (voir notre article).

A la suite du vote, la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa a publié un communiqué de presse dans lequel elle rappelle que « l’allongement raisonnable des délais légaux de l’IVG serait une avancée pour les droits des femmes, mais aussi et surtout pour la santé des femmes. »

 La ministre apporte son soutien à la mission d’information lancée par la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et sa présidente, la députée Marie-Pierre Rixain. Cette mission débouchera sur le dépôt d’une proposition de loi, avec pour objectifs d’expertiser l’accès à l’IVG en France et l’allongement du délai d’accès de 12 à 14 semaines.

« Tout le monde a le petit doigt sur la couture du pantalon dans ce gouvernement »  

« Ce gouvernement ne manque pas de m’étonner » réagit ce matin Laurence Rossignol qui dit « ne pas voir l’intérêt de cette mission ». Elle ajoute : « Ce qui m’étonne, c’est qu’Agnès Buzyn a aussi annoncé qu’elle remettrait elle-même un rapport au Parlement, à la fin de l’année 2019, sur les conditions d’accès à l’IVG. »

La ministre de la Santé affirmait hier que « les conditions (du vote) n’étaient pas satisfaisantes, compte tenu de ces circonstances particulières, car le projet de loi est centré sur l’organisation des soins ». Elle a donc accepté la seconde délibération, renvoyant à un rapport sur l’accès à l’IVG, et à un « débat légitime dans le bon cadre ».

« Je n’arrive pas à comprendre comment ces rapports vont se superposer » s’agace Laurence Rossignol. Elle dénonce « un petit contre-feu, ouvert par les ministres Schiappa et Buzyn et par les députés LREM de l’Assemblée, pour atténuer les effets négatifs de leur décision de ne pas soutenir l’allongement du délai. » Du côté de la députée LREM, qui portera la loi comportant l’allongement du délai de l’IVG, on assure « que la décision de mener une mission sur l’IVG a été actée en réunion de bureau de la délégation début mai. »

L'ex-ministre PS tacle la décision d’Agnès Buzyn et la position de Marlène Schiappa : « Tout le monde a le petit doigt sur la couture du pantalon dans ce gouvernement. On aurait pu imaginer que Marlène Schiappa estimerait que cet amendement était une belle avancée et en fin de compte, c’est juste une épine dans leurs pieds. »

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

IVG : Laurence Rossignol dénonce « Un petit contre-feu, ouvert par les ministres Schiappa et Buzyn »
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le