« J’ai été maladroit » : Douste-Blazy regrette sa pétition sur l’hydroxychloroquine
Accusé par le CNRS d’avoir contribué à une forme de « populisme scientifique » pendant la crise sanitaire du covid-19, l’ancien ministre Philippe Douste-Blazy a expliqué à Public Sénat qu’il regrettait d’avoir demandé aux Français de s’exprimer sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine.

« J’ai été maladroit » : Douste-Blazy regrette sa pétition sur l’hydroxychloroquine

Accusé par le CNRS d’avoir contribué à une forme de « populisme scientifique » pendant la crise sanitaire du covid-19, l’ancien ministre Philippe Douste-Blazy a expliqué à Public Sénat qu’il regrettait d’avoir demandé aux Français de s’exprimer sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine.
Romain David

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Publié le 21 septembre dernier, un avis du comité d’éthique du CNRS cite plusieurs noms du monde politique et médical, en partie responsables selon cet organisme public des dérives du discours scientifique, sur les réseaux sociaux et dans les médias, durant la crise sanitaire déclenchée par le covid-19. Parmi les personnalités accusées de « populisme scientifique » : Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé sous le gouvernement Balladur, visé notamment pour les propos qu’il a pu tenir sur l’hydroxychloroquine. Invité vendredi d’« Extra Local » sur Public Sénat, celui qui fut également ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac a tenu à faire son mea culpa sur ce sujet. « Si j’ai une chose à me reprocher, c’est la pétition aux Français », a-t-il déclaré.

« Je n’avais pas admis le fait qu’un ministre de la Santé empêche tout médecin de prescrire un médicament »

En avril 2020, durant le premier confinement, Philippe Douste-Blazy publie avec le professeur Christian Perronne, sur le site change.org, une pétition pour que les médecins de France obtiennent le droit de prescrire plus largement de l’hydroxychloroquine, présentée par certains membres de la communauté médicale comme un possible traitement contre le covid-19. Un décret publié quelques semaines plus tôt restreignait alors partiellement la prescription de ce produit au sein de la médecine de ville. « Je n’avais pas admis le fait qu’un ministre de la Santé empêche tout médecin de prescrire un médicament, ça n’avait jamais existé encore en France. J’ai voulu combattre cette idée-là », explique Philippe Douste-Blazy.

Mais ce cardiologue de profession reconnaît avoir agi avec empressement, en invitant les Français à faire pression pour que ce médicament puisse être démocratisé. « Je regrette, j’ai été maladroit […] les Français n’ont pas les clefs pour s’exprimer sur l’hydroxychloroquine », admet Philippe Douste-Blazy. « Par contre, les Français avaient le droit de dire qu’ils ne comprenaient pas pourquoi un ministre de la Santé empêchait les médecins de prescrire tel médicament. »

« Didier Raoult est l’un des plus grands chercheurs et infectiologues au monde »

Notamment préconisé par le professeur Didier Raoult, le directeur de l’IHU Méditerranée Infection, le recours à l'hydroxychloroquine, en l’absence d’études concluantes, a déchaîné les passions durant de longs mois, alors que les autorités peinaient à freiner l’emballement épidémique. « Comme Didier Raoult est l’un des plus grands chercheurs et infectiologues au monde, martèle Philippe Douste-Blazy, je me suis immédiatement rangé derrière lui [sur l’hydroxychloroquine] ». Il concède toutefois « les erreurs de communication » de ce microbiologiste qui s’est mis à dos une partie de la communauté médicale. « Les Français ont vu en direct ce qu’était le trouble des scientifiques devant quelque chose de nouveau, alors qu’on a l’habitude de penser que les médecins savent tout », relève encore Philippe Douste-Blazy, toujours sur Public Sénat.

Ce n’est pas la première fois que Philippe Douste-Blazy est pointé du doigt pour ses prises de position face à la crise sanitaire. En novembre 2020, l’ancien ministre était apparu dans le documentaire controversé « Hold-Up », qui met en avant certaines thèses complotistes sur la pandémie de covid-19. Auprès du Midi Libre, Philippe Douste-Blazy avait toutefois expliqué avoir pris ses distances à la découverte du montage final, et demandé à être retiré du film.

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