Jack Ralite, ex-ministre communiste et homme de culture, est mort
Ancien ministre communiste, homme de culture, élu engagé de Seine-Saint-Denis pendant plusieurs décennies: Jack Ralite est décédé...

Jack Ralite, ex-ministre communiste et homme de culture, est mort

Ancien ministre communiste, homme de culture, élu engagé de Seine-Saint-Denis pendant plusieurs décennies: Jack Ralite est décédé...
Public Sénat

Par Mathieu FOULKES

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ancien ministre communiste, homme de culture, élu engagé de Seine-Saint-Denis pendant plusieurs décennies: Jack Ralite est décédé dimanche à l'âge de 89 ans.

"Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines", écrit Meriem Derkaoui, la maire d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui a annoncé ce décès sur le site internet de cette ville dont M. Ralite a été le maire de 1984 à 2003.

M. Ralite fut notamment l'un des quatre ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy de 1981 à 1984.

De nombreuses personnalités politiques lui ont rendu hommage dimanche dont le chef de l'Etat Emmanuel Macron, François Hollande, Jack Lang et Pierre Laurent.

Né le 14 mai 1928 à Chalons-sur-Marne (Marne), Jack Ralite avait adhéré au PCF en 1947. Journaliste au quotidien communiste L'Humanité puis à L'Humanité-Dimanche, cet autodidacte passionné de culture est élu pour la première fois au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959. Il devient ensuite premier adjoint au maire puis, en 1984, maire de ce fief communiste.

Il avait abandonné son mandat au printemps 2003 pour laisser la place à un maire plus jeune, restant alors conseiller municipal jusqu'en 2008.

Député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, Jack Ralite avait démissionné de son mandat parlementaire pour entrer dans les gouvernements Mauroy comme ministre de la Santé (1981-1983) puis comme ministre délégué chargé de l'Emploi (1983-1984).

Depuis 1995 et jusqu'en 2011, Jack Ralite, conseiller régional d'Ile-de-France de 1986 à 1992, avait été sénateur de Seine-Saint-Denis.

Spécialiste des questions culturelles au PCF, il a été membre du comité central, puis national de 1979 à 2000. Il était l'un des chefs de file des "refondateurs", partisans d'une profonde mutation du PCF.

Ce passionné de culture, notamment de théâtre, a été administrateur du Théâtre national de la colline (TNC). Il a été également administrateur de l'établissement public de la Cité de la Musique (1996-2006).

- Hommage -

Jack Ralite, qui avait refusé à plusieurs reprises la Légion d'Honneur, était aussi membre du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, et du conseil politique de la fondation Agir contre l'exclusion, lancée par l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry.

Il était marié.

Le président Emmanuel Macron a salué "une vie d'engagement dévouée au bien public", dans un communiqué de l'Elysée.

"Avec Jack Ralite s'éteint une grande voix qui portait loin et qui emportait bien au-delà de sa famille politique. Homme d'unité et de rassemblement, il avait fait de la culture un projet pour la France. Il mérite tout notre respect", a réagi François Hollande.

"Nous perdons un communiste et un homme politique d'envergure, un des meilleurs défenseurs de la culture, un homme qui a exercé les plus hautes responsabilités au niveau de l'État, de son parti, le PCF, de sa ville, Aubervilliers", a souligné le dirigeant communiste Pierre Laurent dans un communiqué.

"Nous avons tous puisés notre inspiration auprès de lui. Son sens de l'utopie concrète nous a toujours apporté foi et espérance", a relaté dans un communiqué Jack Lang, admettant que "Jack Ralite aurait pu être un très grand ministre de la Culture".

"Il était passionnément engagé pour la culture, exigeante et populaire. Attaché à la Gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité", a souligné Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis.

"Une voix communiste inspirée et attentive à toutes les formes de la culture s'éteint", a déploré le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter. "La France perd un formidable défenseur de l’art et de la culture", a estimé la maire PS de Paris, Anne Hidalgo.

"Homme d’engagement et de culture, Jack Ralite va nous manquer", s'est émue Martine Aubry.

Aurélie Filippetti, ancienne ministre PS de la Culture, a rendu hommage à "l'un des plus brillants militants de la culture, homme d'engagement et grand communiste". "Son départ est irremplaçable", a-t-elle tweeté.

"Avec la disparition de Jack Ralite, la gauche perd un très grand militant de la culture pour tous", déplore Benoît Hamon, ex-ministre PS.

"Ministre de François Mitterrand à la Santé, puis à l'emploi, parlementaire exigeant, il était surtout profondément humaniste", a fait valoir Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement.

A Aubervilliers, dès ce dimanche, "les drapeaux seront mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours", a précisé Mme Derkaoui.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – 4 COLONNES
8min

Politique

Après la proposition de primaire de Gabriel Attal, rejetée par le camp Philippe et Retailleau, le blocage perdure

En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.

Le

Jack Ralite, ex-ministre communiste et homme de culture, est mort
4min

Politique

Ultra droite dans les rues le 24 octobre : « Il n'y a eu aucune complaisance des forces de l'ordre », selon Laurent Nuñez

Interpellé par le sénateur PS Hussein Bourgi durant les questions au gouvernement sur les violences des groupuscules d’extrême droite lors de la manifestation du 24 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez affirme qu’il n’y a eu « aucune complaisance » des forces de l’ordre et qu’il y aura bien « des actions judiciaires ».

Le