Jacques Chirac : hommages de Gérard Larcher et d’Édouard Philippe au Sénat
Avant que ne commencent les questions d’actualité au gouvernement, Gérard Larcher a rendu hommage à l’ancien chef d’État, Jacques Chirac. Un hommage auquel s’est livré également le Premier ministre, Édouard Philippe.

Jacques Chirac : hommages de Gérard Larcher et d’Édouard Philippe au Sénat

Avant que ne commencent les questions d’actualité au gouvernement, Gérard Larcher a rendu hommage à l’ancien chef d’État, Jacques Chirac. Un hommage auquel s’est livré également le Premier ministre, Édouard Philippe.
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« La nouvelle de sa disparition nous a plongés dans une grande émotion » (...) Nous étions nombreux, les sénateurs et les anciens sénateurs, ce lundi, à la cérémonie d’adieu en l’église Saint-Sulpice (...) Au nom du Sénat tout entier et en présence du Premier ministre et de nombreux membres du Gouvernement, je souhaite aujourd’hui rendre un nouvel hommage solennel à Jacques Chirac, qui tout au long de plus de 50 années de vie politique a occupé d’éminentes fonctions » c’est par ces mots que le président du Sénat a commencé son hommage, ce mercredi, lors des questions d’actualité au gouvernement.

Gérard Larcher a retracé, dans les détails, le parcours politique de Jacques Chirac. « Il se lança à la conquête de la Corrèze et se confronta avec succès au suffrage universel : il fut ainsi élu conseiller municipal de Sainte-Féréole en 1965, puis député de la circonscription d’Ussel en 1967 et conseiller général du canton de Meymac en 1968. En 1970 il est élu président du conseil général de Corrèze (...) Peu après son départ de Matignon, il créa le Rassemblement pour la République, dont il prit la tête. En 1977, il devint le premier maire de Paris élu au suffrage universel depuis 1871 (...) Candidat aux élections présidentielles de 1981 et 1988, il fut élu Président de la République en 1995, puis réélu en 2002 ; nous avons tous en mémoire ces moments particulièrement forts de notre vie politique ».

Gérard Larcher ne s’est pas privé de rapporter des souvenirs personnels de sa relation avec Jacques Chirac, dont il a été le ministre de l’Agriculture. « Les souvenirs de chaque semaine pendant trois ans au Conseil des ministres, les souvenirs de réunions… notamment le dimanche, avec Jean-Louis Borloo pour parler cohésion sociale, quartiers, emploi. Ces moments évoquent pour moi – comme vous pouvez vous en douter – des souvenirs encore très vivaces ».

Le président du Sénat retient aussi que Jacques Chirac a incarné « les valeurs de notre République ». « La liberté en refusant toute compromission avec les extrêmes, en assumant le passé de notre pays, ses lumières mais aussi ses ombres. Son discours du Vél d’Hiv de 1995. L’égalité en tentant de résorber la « fracture sociale », après avoir créé le Samu social lorsqu’il était maire de Paris. La fraternité dans sa proximité avec les Français, dans sa sensibilité à la souffrance de ceux qui sont empêchés par le handicap ou la maladie. Il attachait beaucoup de prix à être parvenu à faire adopter trois lois en faveur de l’intégration des personnes handicapées. Le « plan cancer » constituait, de même que la sécurité routière, un autre « grand chantier » de son second mandat présidentiel ; il permit des améliorations très substantielles dans la lutte contre cette terrible maladie ».

Sur son bilan en matière de politique étrangère, Gérard Larcher a souhaité rappeler, le « non à la guerre en Irak » qui restera dans l’Histoire… « Et chacun se souvient de son cri d’alarme sur l’urgence climatique au sommet de Johannesburg en 2003 » (...) « La Charte de l’environnement fut intégrée au bloc de constitutionnalité en 2004, pendant son second mandat présidentiel ».

« Sa profonde humanité, sa proximité avec ses concitoyens, son contact charnel avec les Français ont suscité une sympathie qui dépasse toutes les sensibilités, comme en ont encore témoigné, dimanche dernier, les interminables files d’attente pour se recueillir devant son cercueil lors de l’hommage populaire organisé en la cathédrale Saint-Louis des Invalides » a, enfin, appuyé le président du Sénat avant d’appeler à un moment de recueillement.

« Les Français aimaient passionnément Jacques Chirac »

Jacques Chirac: hommage d'Edouard Philippe au Sénat
10:44

 

Édouard Philippe y est allé, lui aussi, de son hommage. « Beaucoup de choses ont été dites et très bien dites sur Jacques Chirac ». « Avant d’avoir été un grand Président et un grand Premier ministre, Jacques Chirac a été un grand élu local (...) qui a été à la fois un grand élu de la France rural et le maire d’une des plus puissantes métropoles d’Europe. Deux réalités françaises que Jacques Chirac synthétisait » a-t-il souligné avant de rappeler cette citation de Jacques Chirac : ‘c’est beau mais c’est loin’ » symptomatique de son amour des territoires selon lui.

Jacques Chirac avait sûrement toutes les qualités pour faire un bon sénateur. Il ne l’a jamais été » (...) Le Sénat est une excellente incarnation de cette opiniâtreté courtoise, de cette courtoisie opiniâtre de la République que Jacques Chirac incarnait lui aussi.

Sur « ses liens extrêmement forts » que Jacques Chirac entretenait avec l’Outre-Mer, Édouard Philippe a rappelé que des centaines de personnes s’étaient réunies à Mayotte, à la Réunion, en Guyane, Martinique, Wallis et Futuna, ce week-end.

Parmi les décisions « difficiles », prises par Jacques Chirac, Édouard Philippe a évoqué « le drame d’Ouvéa » en Nouvelle Calédonie ou encore la relance des essais nucléaires en Polynésie française « qui a provoqué des contestations parfois violentes mais qui a garanti notre indépendance » selon le Premier ministre.

« Jacques Chirac, c’est aussi la conduite d’une politique courageuse de la reconnaissance de la mémoire de l’esclavage (...) Une reconnaissance qui a permis d’instaurer, en 2006, une date officielle, le 10 mai de commémoration ».

« S’il y a une chose que l’on peut retenir de ces derniers jours, c’est que les Français aimaient passionnément Jacques Chirac » a, enfin, souligné Édouard Philippe. Des propos à mettre en perspective avec cette phrase de Bernadette Chirac qui, le soir de la défaite à la présidentielle de 1988, avait déclaré : « Les Français n’aiment pas mon mari ».

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