Jacques Mézard : je serais hypocrite si je pleurais sur l’état du PS »
Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Jacques Mézard, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a réaffirmé sa loyauté au président Macron, tout en se laissant le droit de  lui « dire les choses ». Il a également réagi à l’attentat de Manchester en prônant la « coopération internationale ».

Jacques Mézard : je serais hypocrite si je pleurais sur l’état du PS »

Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », Jacques Mézard, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a réaffirmé sa loyauté au président Macron, tout en se laissant le droit de  lui « dire les choses ». Il a également réagi à l’attentat de Manchester en prônant la « coopération internationale ».
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Fraîchement nommé ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Jacques Mézard, n’imagine pas que les Français ne donnent pas une majorité absolue à Emmanuel Macron aux législatives : « Je crois au bon sens populaire (…) Une cohabitation en début de quinquennat (…) ne serait pas une très bonne chose ».

L’ancien président du groupe RDSE du Sénat se dit en faveur d’un groupe En marche à l’Assemblée nationale où les députés PRG siègeraient : « Ce qui n’excluent pas pour eux de garder leur sensibilité » s’empresse-t-il d’ajouter.

Face à la situation critique du PS, l’ancien sénateur prévient : « Je serais hypocrite si je pleurais sur l’état du parti socialiste. Je constate qu’un certain nombre de ministres ou de députés sortant socialistes, vu ce qui s’est passé ces dernières années et au cours de ces présidentielles, considèrent que le programme d’Emmanuel Macron est un bon programme. On ne va pas rejeter leur concours ».

«  Je serai toujours un ministre loyal »

Jacques Mézard, qui précise qu’il n’avait pas «  souhaité être ministre » au départ - « Je n’ai rien fait pour rentrer au gouvernement. Je n’ai rien demandé » - se veut être « un ministre  loyal » : « Avec Emmanuel Macron, je ne peux pas avoir de difficulté de loyauté. Je lui dirai toujours ce que je pense mais je serai toujours un ministre loyal (…) On peut dire les choses sans ensuite rentrer dans des débats médiatiques pour susciter des conflits. » Et de citer l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement dont il est proche : « Quand on est ministre, on se soumet ou l’on se démet ».

Et alors que son ministère de l’agriculture le met en position de conflits potentiels avec Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, Jacques Mézard, là aussi, se veut apaisant : « Je n’aborde pas le travail du gouvernement dans le conflit. Nicolas Hulot est un homme intelligent (…) Je suis convaincu, et en tout cas c’est ce que je vais faire, qu’il est possible de travailler en concertation et d’essayer de trouver des solutions intelligentes ».

Nombreux sont les dossiers sensibles qui sont sur sa table : retard de paiement de la PAC,  viticulteurs victimes du gel, danger de sécheresse etc. Mais le nouveau ministre de l’agriculture se dit conscient des enjeux et se veut pragmatique.

Les états généraux de l’alimentation, annoncés par Emmanuel Macron pendant sa campagne, se dérouleront à la rentrée indique également Jacques Mézard : « Il s’agit de mettre tout le monde autour de la table (…) Chacun devra faire des efforts ».

Manchester : « Pour réduire le terrorisme, la solution, c’est la coopération internationale » selon Jacques Mezard
02:58

 Après l’attentat de Manchester perpétré mardi 22 mai, Jacques Mézard a insisté, comme le président de la République, sur l’importance d’une « coopération internationale » « pour réduire le terrorisme » : « Nous voyons que le terrorisme frappe tous les pays et frappe régulièrement. L’enjeu auquel nous sommes confrontés c’est de le réduire et pour le réduire, il n’y a qu’une solution, c’est la coopération internationale. Nous le savons tous ».  

Quant au fait que beaucoup de ces jeunes qui participent aux attentats sont issus du pays qu’ils attaquent, le ministre ajoute : « Bien sûr qu’il y a des ratés de l’intégration et c’est une responsabilité collective. Si nous ne sommes pas capables, nous, de considérer que nous avons une part de responsabilité dans la dérive d’une partie de notre population et de nos jeunes, et dans un certain nombre de quartiers, ce ne serait pas très réaliste ».

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