Jamy Gourmaud, « Je me considère comme un passeur, un trait d’union entre ceux qui savent et ceux qui ont envie de savoir »

Après plusieurs décennies à la télévision, le célèbre animateur de l’émission C’est pas sorcier a conquis les réseaux sociaux et rassemble désormais 4,5 millions de followers tout support confondu. Cette popularité s’explique par un talent singulier : rendre accessible l’inaccessible. Invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard, il revient sur sa soif d’apprendre et sur un métier unique en son genre.
Robin Jeangerard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Jamy est le visage de plusieurs émissions cultes, mais également d’ouvrages, dont le dernier 365 nouveaux jours avec Jamy, a été enrichi cette année dans une nouvelle édition. Un almanach construit, comme l’ensemble de ses productions pour les curieux du monde qui nous entoure.

« Partager le savoir n’est pas le plus compliqué, en revanche, faire en sorte que certain y trouve du goût, c’est peut-être un peu plus dur », telle est la mission que s’est assignée Jamy, celle de donner l’envie d’apprendre.  Cette envie est par ailleurs sa principale source de motivation : « Quand je transmets quelque chose, j’y prends du plaisir, parce que j’ai pris du plaisir à apprendre ».

Le savoir à l’heure de la désinformation

Les réseaux sociaux ont incontestablement libéré l’information, mais aussi pavé la route à un relativisme ambiant. En science, toute vérité démontrée peut-être remise en question en l’espace d’un clic. Jamy l’a bien compris, il explique à ce propos que « tous les thèmes qui sont le terreau du complotisme sont des thèmes autour desquels on a des réactions. Dès qu’on parle de l’univers, de la terre, de la conquête de la lune et même d’énergie, on a tout de suite des réactions très épidermiques et qui remettent en cause des savoirs plutôt acquis ».

Les contestataires les plus virulents ont également la critique ad hominem très facile, ce qui ne semble pas atteindre le journaliste : « C’est dans ma nature de regarder le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, donc j’ai plus tendance à me focaliser sur ceux qui vont apprécier que sur ceux qui ne vont pas m’aimer, même si parfois c’est un peu pesant, ce n’est jamais du découragement ».

Meilleur ami des professeurs

Ils sont peu nombreux les professeurs de Physique-Chimie n’ayant jamais diffusé un épisode de C’est pas Sorcier devant leurs élèves. Il faut dire qu’elle est la matière préférée du vulgarisateur : « Une réaction chimique c’est une scène de théâtre. Vous avez des protagonistes au départ, un événement qui se produit, du chaud, du froid, et puis un dénouement, quelque chose qui est très différent de ce qu’il y avait », explique-t-il.

Ce n’est donc peut-être pas un hasard si son fils enseigne aujourd’hui cette discipline. Il affirme avoir échangé à maintes reprises avec ce dernier sur la façon de transmettre les savoirs, sans pour autant prétendre appartenir à la profession. « Je n’ai jamais comparé ce que je faisais avec l’école, moi je suis un saltimbanque. Le métier d’enseignant est très différent […]. Moi je reste un passeur, un trait d’union entre ceux qui savent et ceux qui ont envie de savoir ».

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Jamy Gourmaud, « Je me considère comme un passeur, un trait d’union entre ceux qui savent et ceux qui ont envie de savoir »
4min

Politique

Sida : 45 ans après la découverte du virus retour sur l’Histoire d’une pandémie aux 44 millions de morts 

Aujourd’hui c’est une maladie « presque » comme les autres, et pourtant les années Sida ont, au début des années 1980, été une déflagration sanitaire et sociétale. Maladie sexuelle transmissible, sans traitement connu, elle touche d’abord les milieux homosexuels avant de se propager à toute la société et devient vite un sujet de santé publique mondial préoccupant. C’est cette histoire du SIDA, de ses origines à la découverte des antirétroviraux, que nous raconte Marion Aballéa dans son Histoire mondiale du SIDA (éditions du CNRS), un travail de recherche récompensé par le prix du Sénat du livre d’histoire 2026.

Le

Current affairs question session with the government – Politics
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : le Parti socialiste lance ses troupes dans la bataille pour conserver sa place de second groupe au Sénat

À un peu plus de trois mois du renouvellement de la moitié du Sénat, le Parti socialiste a dévoilé une première vague de 73 candidats et chefs de file dans les départements concernés par le scrutin du 27 septembre 2026. Fort de son implantation locale consolidée lors des dernières municipales, le PS entend défendre ses positions et préserver sa place de deuxième groupe de la Haute Assemblée.

Le