« Je n’ai pas le choix que d’aller dans le logement social » s’alarme cette fonctionnaire 

Alors que plus de 60 % des Français placent le problème du logement en tête de leurs préoccupations, Dialogue citoyen donne la parole à une habitante des Côtes-d’Armor frappée de plein fouet par la crise du logement.
Sébastien Lambert

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À la suite d’une séparation, Frédérique Boquen, 58 ans, fonctionnaire territoriale, a dû trouver à se reloger. À Plérin, petite commune du littoral breton, le marché de l’immobilier est tendu. Comme dans beaucoup d’endroits prisés sur la côte, il n’est pas envisageable pour les classes moyennes de devenir propriétaires, depuis quelques années, les prix se sont envolés. Frédérique a donc écarté cette solution.

Le casse-tête des zones tendues

Amel Gacquerre, sénatrice Union Centriste du Pas-de-Calais, souligne le poids des résidences secondaires dans les zones touristiques, comme la Bretagne. « Mécaniquement, on a moins de logements disponibles et donc les prix augmentent sur le littoral et dans le sud », détaille la sénatrice.

Frédérique s’est alors rabattue sur la location et a saisi l’une des rares offres disponibles dans sa commune. Une maison individuelle pour un loyer de 765 euros auquel s’ajoutaient des charges locatives très lourdes.

Pour Viviane Artigalas, sénatrice socialiste des Hautes-Pyrénées, cette situation malheureusement n’est pas exceptionnelle : « Dans les zones touristiques tendues, on voit bien comment les loyers ont augmenté. Un salaire ne suffit plus quand le loyer pèse plus de 40 % des revenus, c’est devenu courant »

Un nouveau défi pour les classes moyennes

Dans le cas de Frédérique, le résultat était sans appel : seule avec un salaire de 1950 euros par mois, elle ne pouvait pas tenir longtemps. Après trois ans dans cette maison en location, l’ensemble de ses économies ont fondu. Elle s’est sentie coincée, d’autant plus qu’avec un salaire de fonctionnaire, Frédérique n’imaginait pas pouvoir obtenir un logement HLM. « J’ai un salaire correct, il y a des gens qui sont beaucoup plus dans la galère que moi », rappelle-t-elle sur le plateau de Quentin Calmet.

Il y a deux ans, Frédérique s’est finalement résolue à envisager cette hypothèse. Avec l’aide d’une assistante sociale, elle s’est lancée dans les démarches complexes et a déposé son dossier de candidature à l’organisme Côtes-d’Armor Habitat. Après trois échecs consécutifs, Frédérique espère que cette fois-ci sera la bonne, pour la quatrième fois son dossier est à nouveau présenté avec celui de plusieurs autres candidats pour une location dans le parc social.

Une bonne nouvelle si cette nouvelle proposition devait aboutir, mais qui ne serait pas sans conséquences sur sa vie personnelle. Obtenir cette maison située à une dizaine de kilomètres, l’obligerait à quitter la commune où elle vit depuis 30 ans.

L’émission est à retrouver en intégralité ici

NDLR : Depuis l’enregistrement de l’émission, Frédérique a obtenu un logement social.

 

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