« Je ne crois pas que mettre un agriculteur en garde à vue car il a coupé de manière maladroite une haie soit une bonne réponse », affirme Agnès Pannier-Runacher

« Il faut être pragmatique. Nous ne changeons rien à notre ambition climatique et environnementale […]. En revanche, nous allégeons la dimension procédurière de notre droit », explique la ministre Agnès Pannier-Runacher, interrogée sur le projet de loi d’orientation agricole.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Alors que le projet de loi d’orientation agricole a été présenté ce mercredi en Conseil des ministres, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Agnès Pannier-Runacher, en a présenté les grandes lignes au micro de Public Sénat.

« Ce texte a pour objet d’abord de reconnaître la dimension de souveraineté alimentaire […] et de faire en sorte que l’agriculture soit reconnue comme d’intérêt général. Deuxième chose, faciliter l’installation des agriculteurs, alors qu’on sait que la moitié des agriculteurs vont passer à la retraite dans les 10 ans qui viennent et qu’aujourd’hui nous ne savons remplacer que les deux tiers. […] Il faut attirer plus de jeunes et de personnes en reconversion dans ce secteur. Troisième objet : la simplification, sur le régime des haies, du contentieux, pour permettre d’aller plus vite sur la construction de bâtiments d’élevage ou d’ouvrages en matière d’eau », a expliqué Agnès Pannier-Runacher. Concernant la question de la compétitivité, « nous avons travaillé aussi sur la base de la proposition de loi (du sénateur) Duplomb, mais ce projet de loi va apporter un volet compétitivité ».

Alors que certaines peines, en cas d’atteinte à l’environnement, seront transformées en sanctions administratives au lieu de sanctions pénales, elle récuse tout recul pour l’environnement. « Je ne crois pas que mettre un agriculteur devant un procureur et en garde à vue, car il a coupé de manière maladroite une haie soit une bonne réponse. Ce qu’on observe sur le terrain, c’est que beaucoup d’agriculteurs se refusent à planter de nouvelles haies, car ils refusent à avoir à faire à un procureur, s’ils commettent une maladresse, s’ils méconnaissent le droit qui est parfois complexe, et qu’ils ne veulent pas non plus perdre leur aide PAC. Ce sont des dizaines de milliers d’euros qu’ils peuvent perdre », répond la ministre.

« Il faut être pragmatique. Nous ne changeons rien à notre ambition climatique et environnementale, d’ailleurs le texte ne revient sur aucun de ces sujets. En revanche, nous allégeons la dimension procédurière de notre droit », ajoute encore Agnès Pannier-Runacher.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
5min

Politique

Nouvelle dissolution avant la présidentielle 2027 ? Une « instrumentalisation » de la Constitution que rien n’interdit

Plusieurs conseillers du camp présidentiel évoquent dans la presse la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale avant la tenue de la présidentielle 2027 pour compliquer la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Un scénario inédit sous la Vème République, que rien n’interdit formellement, mais qui dévoierait l’esprit de la Constitution, de l’avis de plusieurs juristes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le