« Je pense qu’en se politisant l’écologie perd la vaste majorité de ses électeurs potentiels », considère le philosophe Gaspard Koenig

Invité de la matinale de Public Sénat, le philosophe et auteur du livre Aqua, Gaspard Koenig a expliqué sa vision de la gestion de l’eau. Le penseur libéral plaide pour un changement institutionnel profond dans la gestion de l’eau et un niveau d’action plus local.
Henri Clavier

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« Si le système hydrologique change, il va falloir migrer, y compris au sein d’un territoire comme la France. On ne se rend pas encore compte de ce que c’est que d’évacuer une ville, car il n’y a plus d’eau », prévient le philosophe Gaspard Koenig, ancien candidat à l’élection présidentielle et auteur de Aqua. A l’occasion de son livre, le philosophe explore le rapport à l’eau et à sa gestion. Le philosophe déplore une gestion de l’eau imparfaite et s’appuie sur un récent rapport de l’Onu sur « l’ère de faillite hydrique mondiale à venir ». 

« Il y a un sentiment d’urgence écologique qui est partagé parce que la réalité s’impose, hélas l’écologie politique ne représente pas cette aspiration » 

Pour l’auteur d’Aqua, malgré l’existence d’un consensus au sein de la population sur l’existence d’une urgence écologique, Gaspard Koenig déplore qu’il ne s’agisse pas d’une « question centrale du débat public ». « Je pense qu’en se politisant l’écologie perd la vaste majorité de ses électeurs potentiels. Il y a un sentiment d’urgence écologique qui est partagé parce que la réalité s’impose, hélas l’écologie politique ne représente pas cette aspiration », explique l’ancien candidat à la présidentielle. A travers ces propos, Gaspard Koenig avance l’idée d’un décalage entre les besoins écologiques des populations et les politiques publiques écologiques. 

Un sondage réalisé par l’Ifop pour le Réseau action climat et le Secours catholique et publié le 15 janvier, près de 80 % des sondés constatent leur exposition à la pollution, que cela soit celle de l’air, des aliments ou des sols. Par ailleurs, 63 % des sondés écarteraient l’idée de voter, aux municipales, pour un candidat remettant en cause des mesures écologiques.

 « Repenser la gestion de l’eau » 

Dans un contexte de « backlash » écologique et de remise en cause de certaines mesures comme les Zones à faible émission où le Zéro artificialisation nette, Gaspard Koenig plaide pour « repenser la gestion de l’eau » à travers une organisation moins politique. « Aujourd’hui, les communautés de communes ou les syndicats de l’eau sont sur des territoires qui ne sont pas liés aux logiques de l’eau », note Gaspard Koenig qui craint que l’Etat soit l’acteur « le plus lié aux intérêts particuliers ». Des éléments qui l’amènent à se positionner en faveur « d’institutions plus souples » en reprenant les travaux de la prix Nobel d’économie, Elinor Ostrom qui décrivait la possibilité de gérer l’eau à une échelle locale intégrant l’ensemble des parties prenantes. « Dans le cas de l’eau, l’action locale est possible », veut croire Gaspard Koenig.

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