« Je prendrai ma part dans la campagne présidentielle », annonce Bernard Cazeneuve

« Je prendrai ma part dans la campagne présidentielle », annonce Bernard Cazeneuve

Lors de ses vœux à la presse, le Premier ministre a annoncé qu'il fera « campagne pour que la gauche gagne ». Excluant toute « suspicion » ou « hostilité » à l’égard d’un candidat, le Premier ministre a également déclaré que « la politique et la fidélité » étaient des choses qui allaient « ensemble ».
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Par Guillaume Jacquot et François Vignal

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Il l’affirme et le répète : il ne faut pas chercher à interpréter ses propos. Mais les parallèles sont tentants. « Vous me prêtez des sentiments pour les uns, ou des préventions à l’encontre des autres que je n’ai pas », répond le Premier ministre devant les journalistes auxquels il adresse ses vœux.

Comme à son habitude, les traits d’esprit et les plaisanteries sont amenés avec habilité. Mais sur le thème du débat électoral, le ton se veut plus grave, quoique toujours complice.

Se défendant de viser des responsables ou des candidats par ses paroles, Bernard Cazeneuve assure présenter seulement son « éthique personnelle » et son « tempérament » :

« J’ai, bien entendu, des fidélités. Pour moi, la politique et la fidélité sont des choses qui vont ensemble. Et en disant cela, je ne dis rien contre personne. Je dis simplement ce que je crois. »

« Lorsque l’on s’est engagé auprès d’une personnalité qui vous a fait confiance… »

À plusieurs reprises, le nouvel hôte de Matignon au cours de cette intervention très politique se sentira obligé de mettre en garde les journalistes :

« C’est quand même terrible, à chaque fois que l’on dit ce que l’on croit sincèrement, que cela soit toujours interprété comme un propos a l’encontre d’un autre. »

« Je crois à la fidélité parce que je pense que dans la vie politique, lorsque l’on s’est engagé auprès d’une personnalité qui vous a fait confiance en vous nommant, vous devez dans l’exercice de votre responsabilité assumer avec le plus de rigueur possible et avec le plus de dignité possible la responsabilité qui vous a été confiée », explique-t-il, en s’excusant d’une d’un tempérament qui pourrait « apparaître comme étant considérablement démodé ». Une pique à peine déguisée à Emmanuel Macron.

« La modernité, ce n’est pas la rupture avec les liens de l’Histoire »

Pourtant, récusant toute « manifestation d’hostilité à l’égard de quiconque » et tout message caché, Bernard Cazeneuve livre sa définition de la modernité :

« La modernité, c’est la volonté de transformer les organisations politiques de manière à faire en sorte, que par leur dépassement, que les problèmes du moment soient mieux appréciés qu’ils ne l’étaient hier. »

« Je n’ai absolument aucune animosité, aucune suspicion, à l’égard de ceux qui, en politique, prétendent incarner la modernité, jamais ».

« Les Français n’attendent pas que le Premier ministre ajoute du bruit au vacarme »

Interrogé par les journalistes après son discours sur ses intentions pour la campagne, le Premier ministre se montre prudent. Mais il ne restera pas spectateur. « Je prendrai ma part dans la campagne présidentielle. Je le ferai à ma manière » et « sans me distraire de l’exercice de l’Etat », lâche Bernard Cazeneuve.

Il répète en revanche qu’il ne « soutiendra pas de candidat dans cette primaire » de la gauche. « Les Français n’attendent pas que le Premier ministre ajoute du bruit au vacarme ». Une chose est sûre : il ira voter. Mais il ne dit pas clairement qu’il s’engagera derrière le vainqueur de la primaire, quel qu’il soit. « Je ferai campagne pour que la gauche gagne l’élection présidentielle » répond-il. Nuance. Pour Bernard Cazeneuve, qui venait de faire une ode à la « précision » quelques minutes plus tôt, chaque mot compte.

Au point de donner l’impression de ne fermer aucune porte… « Je n’ouvre aucune porte » corrige-t-il. Il ajoute : « Si on se met à ouvrir des portes n’importe comment, comme dirait l’autre, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! » Chez Cazeneuve, l’humour n’est jamais loin. À sa manière.

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